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L'Usine Aéro

Une décision diplomatique derrière la méga-commande de 300 Airbus par la Chine

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Le 25 mars, via son entreprise étatique CASC, la Chine a commandé 300 avions pour 30 milliards d'euros à Airbus. Le méga-contrat ne marque pas seulement la victoire de l'avionneur européen sur Boeing en Chine. Il traduit aussi une stratégie diplomatique élaborée. Jean-François Dufour, directeur du cabinet d'analyse DCA Chine-Analyse, décrypte l'annonce.

Une décision diplomatique derrière la méga-commande de 300 Airbus par la Chine
L'A320neo construit par Airbus.
© Airbus / A. Pecchi

Airbus frappe fort grâce à la Chine. Lundi 25 mars, à l’occasion de la visite du président chinois en France, le constructeur aéronautique a reçu une commande de 300 avions par l’entreprise étatique chinoise CASC (China Aviation Supplies Holding Company). Estimé à 30 milliards d’euros, le contrat domine largement la salve d’accords annoncée par les industriels français. Il s’agit aussi de l’une des plus grosses commandes jamais reçue par l’avionneur européen. Dans un contexte de tensions commerciales entre les États-Unis, l’Union Européenne et la Chine, le contrat envoie aussi un message diplomatique fort.

“Le chiffre ne doit rien au hasard”

Lors de la définition du pré-accord, “seulement” 184 appareils étaient évoqués par les pouvoirs français. Pourquoi la Chine a-t-elle relevé sa demande à 300 avions Airbus ? “Le chiffre ne doit rien au hasard, selon Jean-François Dufour, directeur du cabinet d’analyse DCA Chine-Analyse. Il renvoie à un précédent record offert en 2017 à Donald Trump, pour un nombre équivalent de Boeing.”

Il s’agissait à l’époque de 260 moyen-courrier B737 et 40 long-courrier B777/787. Des appareils négociés avant la ‘guerre commerciale’ entre les deux pays, dont Pékin essayait alors d’éviter le déclenchement”, rappelle Jean-François Dufour. Mais au-delà d’égaler Boeing, Airbus accumule suffisamment de bons points en Chine pour battre l’avionneur américain par KO.

Un double message aux États-Unis et à l’Europe

Pour Jean-François Dufour, la commande chinoise permet à Pékin de faire d’une pierre deux coups en envoyant un message à la fois aux États-Unis et à l’Union Européenne. “Deux semaines après que la Chine ait initié un processus global en étant la première à interdire de vol le B737MAX, au cœur du méga-contrat de 2017, et alors que les négociations commerciales avec Washington se poursuivent, le message sur la capacité à substituer Airbus à Boeing sera clairement compris à Washington”, estime le directeur de DCA Chine-Analyse.

Mardi 26 mars, le président chinois doit aussi rencontrer ses homologues français et allemand. Xi Jinping va pouvoir aborder cette réunion plus sereinement après mis sur un pied d’égalité l’Europe et les États-Unis. “Xi Jinping, qui a réussi à éviter que l’unité européenne soit complète avec la première étape italienne de son voyage, peut se permettre des concessions à un couple franco-allemand qui est essentiel pour les projets économiques chinois”, commente Jean-François Dufour. Face à cet interlocuteur puissant, les pays européens doivent encore trouver une stratégie coordonnée pour faire bloc.

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