Une bourse des PME, pourquoi faire ?

Mis sous pression par le gouvernement, Nyse Euronext prépare une nouvelle entité dédiée aux valeurs petites et moyennes. Un projet très attendu par les entrepreneurs.

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Une bourse des PME, pourquoi faire ?

Une Bourse dédiée aux PME et aux ETI devrait bientôt voir le jour. Nyse Euronext a en effet lancé début juillet une concertation sur la création d’une entité spécifique, appelée la Bourse de l’entreprise, qui répondrait aux besoins des petites et moyennes sociétés. C’est le rapport de Gérard Rameix (médiateur du crédit) et Thierry Giami (président de l’Observatoire du financement des entreprises par le marché) sur le financement des PME-ETI par le marché financier, qui a suscité ce projet. Ce document, remis en novembre 2011 à François Baroin, à l’époque ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, soulignait le peu d’attrait des PME pour la cotation et le manque d’entrain de Nyse Euronext. Après en avoir pris connaissance, l’opérateur parisien a revu sa position.

Un groupe de travail, présidé par Fabrice Demarigny, un avocat associé au cabinet Marccus Partners, a été mis en place par Nyse Euronext pour préparer l’élaboration de cette Bourse des PME. L’opérateur devrait s’inspirer de plusieurs de ses préconisations. À commencer par la filialisation de son activité PME. Cette recommandation, sur laquelle le gouvernement avait particulièrement insisté, doit permettre lamise en place d’un suivi spécifique des midcaps pour qu’elles ne soient plus noyées parmi les très grandes capitalisations. Cette Bourse serait ouverte sur les quatre marchés de Nyse Euronext (Belgique, France, Pays-Bas et Portugal) et réunirait les sociétés cotées sur Alternext et sur les segments B et C de la Bourse. Ce marché rassemblerait près de 950 entreprises d’une capitalisation inférieure à 1 milliard d’euros.

Cette taille critique doit aussi permettre à Nyse Euronext d’adapter ses tarifs pour les rendre plus incitatifs et lever l’un des principaux freins aux introductions en Bourse. Par exemple, en exonérant de cotisation annuelle les entreprises qui s’introduisent avec une capitalisation inférieure à 100 000 euros, ou en réduisant les tarifs pour celles qui font souvent des transactions. "Nous voudrions que l’opérateur demarché donne l’exemple, explique Fabrice Demarigny. Cela permettrait d’exercer un effet d’entraînement vers les banques, les avocats, les sociétés de communication…"

Contraintes allégées

Le projet prévoit par ailleurs la création d’unmarché d’acclimatation, sorte de sas d’entrée en Bourse aux contraintes plus allégées, ainsi que desmesures pour favoriser la liquidité des titres des valeurs moyennes, tout en dissuadant le trading à haute fréquence. Des initiatives qui ne peuvent que réjouir les PME. Ce projet dissipe en effet la plupart de leurs craintes face aux marchés financiers.

Reste à voir commentNyse Euronext concrétisera l’initiative. Et les dirigeants de PME l’attendent au tournant. "Le débat prouve qu’ils ont fait un pas, commente ainsi un représentant d’une organisation patronale.Mais il ne faut pas que cela soit un effet d’annonce. En 2009, Nyse Euronext avait pris des engagements pour favoriser les PME en Bourse. Ces engagements ont été plus ou moins tenus…" Middlenext, l’association des valeurs moyennes, pointe du doigt la réduction progressive des équipes d’Euronext dédiées aux PME et ETI.

"Nous serons d’ailleurs extrêmement vigilants sur la gouvernance et l’actionnariat de la nouvelle entité", prévient CarolineWeber, la directrice générale de l’association, qui veut s’assurer que les promesses ne resteront pas lettre morte. La Caisse des dépôts et consignations et quelques banques sont prêtes à entrer au capital de la nouvelle Bourse. Si Nyse Euronext les laisse faire…

DES "PLACES" INDÉPENDANTES ? ÇA EXISTE…

Une trentaine de PME ont levé des fonds sur les marchés financiers… sans passer par la Bourse. Elles sont cotées sur Alternativa, une plate-forme indépendante de Nyse Euronext dédiée aux small caps. Elles ont récolté entre 200 000 et 1,5 million d’euros en moyenne, avec des formalités allégées et un coût réduit. Les investisseurs ? Beaucoup de particuliers souhaitant réduire leurs impôts en investissant en direct dans une entreprise. Créé en 2007, ce système multilatéral de négociation agréé par l’Autorité des marchés financiers n’a pas atteint l’équilibre. "Il nous manque un peu de volumes,mais notre business model est maîtrisé", explique Pierre Lasserre, son président.

 

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