"Une année compliquée pour l’ingénierie française", selon Syntec-Ingénierie

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Marquée par les élections en région et des commandes publiques timides, "l’année 2015 a encore été difficile", souligne Nicolas Jachiet, président de Syntec-Ingénierie.

Les ingénieristes interpellent à nouveaux les décideurs publics "pour que l’investissement ne soit pas la seule variable d’ajustement des finances publiques", par la voix du président de leur fédération. La situation financière des collectivités territoriales étant tendue, le report des investissements est trop souvent la solution utilisée pour maitriser les budgets, selon son président Nicolas Jachiet. "Notamment dans les infrastructures où l’activité se stabilise à un niveau bas", ajoute le président d'Egis. Le secteur du bâtiment va un peu mieux, avec une légère reprise des investissements des clients privés. Mais des disparités apparaissent entre la région Ile de France, plus dynamique, et les autres régions.

Pour les PME, difficile de se projeter vers les opportunités à l'international
Autre sujet d’inquiétude, "des niveaux de prix en baisse pour la commande publique : la profession doit parfois lutter contre des prix anormalement bas", affirme Nicolas Jachiet. Elle doit également rester vigilante sur la concurrence dans les appels d’offres, notamment avec l’ingénierie publique, qui pourrait empiéter sur le champ de la maîtrise d’œuvre. Les opportunités sont plus fortes à l’international, mais les PME ont souvent des difficultés pour s’y engager. "Les pays émergents ont pourtant des besoins considérables en infrastructures. Alors que dans l’Hexagone et dans de nombreux pays européens c’est plutôt une évolution durable vers le renouvellement qui prédomine", particulièrement dans les infrastructures de transport.

L'auto plus dynamique que l'aéro
Dans le domaine des ICT (ingénierie et conseil en technologie) "l’année est marquée par des investissements en baisse de la part des industriels privés", relève Syntec-Ingénierie. La situation est néanmoins très diverse suivant les secteurs d’activité. "L’automobile enregistre une bonne progression, alors que l’aéronautique est moins dynamique, avec peu de grosses nouveautés en développement", précise le patron d’Egis. Le secteur le plus à la peine est celui des énergies conventionnelles et notamment des hydrocarbures. "Les grands travaux dans le nucléaire ne décollent toujours pas" et un baril de brut extrêmement bas a mis en stand by la plupart des projets dans le secteur pétrolier. Là encore, les grands groupes fortement implantés à l’international, ou qui ont réalisé des opérations de croissance externe, s’en sortent mieux. Pour les PME qui ne travaillent pas sur des activités porteuses, les défaillances ne sont pas exclues et "un certain nombre de petites entreprises sont à vendre".

Innover pour résister
"Face à cette conjoncture défavorable, l’innovation doit rester un des grands axes de développement. Continuer à innover demeure primordial pour ajuster les coûts de production", selon Nicolas Jachiet. Les efforts sur la formation, tant au niveau des pouvoirs publics qu’en interne, doivent être poursuivis. Et les ingénieristes sont très mobilisés sur le développement de la maquette numérique.

"Pour autant, quelques grands projets - canal Seine-Nord, liaison Lyon-Turin, plan de relance autoroutier, Grand Paris - commencent à produire des effets", poursuit le président de Syntec-ingénierie, et laissent augurer une certaine embellie. "Après la COP 21, le marché de la rénovation va continuer à occuper une part croissante de l’activité" et la transition énergétique devrait également susciter des investissements importants dans le développement des énergies nouvelles. Si tant est que les discussions et les décisions sur les financements ne s’éternisent pas.

Didier Ragu

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1 commentaire

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22/03/2016 - 14h09 -

Syntec... Bcp de bruit pour pas grand chose. Ils signent des accords pourris pour les mutuelles, et n'en informe pas leurs obligés (obligés car on a pas le choix d'appartenir à Syntec si on fait du conseil).
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