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Une alternative française à Palantir pour le contre-terrorisme prendrait deux ans, selon le PDG de Thales

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Publié le , mis à jour le 26/10/2020 À 10H07

Une alternative française à la technologie de Palantir prendrait environ deux ans de travail, a déclaré le 23 octobre le PDG de Thales. Les services de renseignement français ont recours au géant américain pour lutter contre le terrorisme.

Une alternative française à Palantir pour le contre-terrorisme prendrait deux ans, selon le PDG de Thales
Le PDG du groupe de défense Thales, Patrice Caine. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer
© PHILIPPE WOJAZER

Une alternative française à Palantir ? Cela nécessiterait environ deux ans de développement, a déclaré vendredi 23 octobre Patrice Caine, PDG du groupe Thales. Les services de renseignement français ont recours à l'entreprise américaine, spécialisée dans le traitement et l'analyse de grandes quantités de données, pour aider la France à prévenir d'éventuelles attaques terroristes à la suite des attentats de novembre 2015 à Paris et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) qui ont fait 130 morts.

Le contrat, d'une durée initiale de trois ans, a été renouvelé en 2019. Selon la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ce renouvellement a été effectué faute d'alternative française, alors même que le président Emmanuel Macron a plaidé pour une souveraineté numérique européenne face à la domination des États-Unis et de la Chine.

Un enjeu économique faible

Une version française de l'outil développé par Palantir est possible mais nécessiterait le soutien de l'État français, a rétorqué Patrice Caine, lors d'un déjeuner avec l'Association de la presse anglo-américaine. "L'enjeu économique est très faible", a-t-il nuancé, précisant que le contrat signé par la DGSI avec Palantir valait quelques millions d'euros.

"Ensuite, il y a l'enjeu de souveraineté, d'autonomie, d'indépendance et ça, c'est une question pour laquelle seul l'État a la réponse", a-t-il ajouté. Selon Patrice Caine, la mise en oeuvre d'une alternative française à Palantir pourrait être rapide. "C'est une question d'années [...] On va dire deux ans. Ça va vite", a-t-il dit.

Contacté, Palantir n'a pas souhaité faire de commentaires.

Aucun appel d'offres lancé

En 2019, le directeur général de la DGSI, Nicolas Lerner, avait déclaré à Reuters qu'il préférait utiliser une technologie française, citant les groupes Thales, Dassault Systemes et Sopra Steria comme possibles fournisseurs. Aucun appel d'offres n'a été lancé et Thales n'a reçu jusqu'à présent qu'une "demande d'informations", tout comme d'autres entreprises, a indiqué Patrice Caine.

Palantir a été cofondé en 2004 par le milliardaire américain Peter Thiel à la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. La société, qui emploie 2 500 personnes, a été introduite en Bourse en septembre et est valorisée à près de 16 milliards de dollars.

Avec Reuters (Mathieu Rosemain, Blandine Hénault pour la version française)

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