"Une alliance, pas de vente à la découpe pour Alstom", assure Arnaud Montebourg

Le ministre de l’Economie et du Redressement productif justifie l’opposition du gouvernement à l’offre de reprise de General Electric en disant s’inspirer de la politique de… Barack Obama.

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L’arbitrage a été rendu vendredi 2 mai, à l’Elysée. Le gouvernement s’oppose "en l’état" à l’offre de reprise de la branche énergie d’Alstom par General Electric. Lundi 5 mai, quelques heures avant que le président de la République ne réponde aux questions de Jean-Jacques Bourdin, sur RMC et BFM TV, Matignon officialisait cette position de fermeté.

Celle-ci a pris la forme d’une lettre adressée, l’après-midi même, par Arnaud Montebourg à Jeffrey Immelt, le PDG du conglomérat américain. Mardi 6 mai, l’entourage du ministre de l’Economie et du redressement productif assure que le rejet de l’offre de GE était déjà la position exprimée à Jeffrey Immelt, lundi 28 avril, quand celui-ci, accompagné de Clara Gaymard, présidente de GE France, avait rencontré le chef de l’Etat, François Hollande.

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Assurer un avenir mondial à Alstom Transport

Pour le gouvernement, l’avenir d’Alstom Transport n’est pas assuré, quand bien même le groupe Bouygues s’engagerait à être, pour un temps, son actionnaire de référence. D’où la proposition faite par Arnaud Montebourg au patron de GE d’assurer un "avenir mondial certain à Alstom transport par la cession des activités transport de General Electric", ce qui inclut "les trains de fret et la signalisation représentant un chiffre d’affaires de 3,9 milliards de dollars".

Deuxième blocage pour le gouvernement, la question des centres de décision des activités énergie d’Alstom en cas de vente. Dans sa lettre, le ministre précise que le gouvernement souhaite examiner "les voies et les moyens d’un partenariat équilibré, rejetant une acquisition pure et simple qui, en l’état, conduirait à la disparition d’Alstom".

Défense d’activités stratégiques

"Il faut construire une alliance, il n’y aura pas de vente à la découpe", traduit l’entourage du ministre. Cette position, Arnaud Montebourg l’a défendue, mardi matin, devant un journaliste du New York Times, en lui disant s’inspirer de la politique de Barack Obama, de sa défense des activités stratégiques pour l’économie américaine et de sa politique de "reshoring".

Le ministre a échangé sur le sujet, en février, avec le vice-président américain Joe Biden, tout au long du diner d’Etat donné par Barack Obama en l’honneur de François Hollande, à Washington. Qu’on se le dise, Arnaud Montebourg "ne fait pas barrage de son corps aux investisseurs étrangers". Il a d’ailleurs pris soin de l’expliquer à un journaliste du Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le gouvernement n’a pas cherché "à gagner un mois pour rien, il se bat pour une amélioration substantielle des offres de GE et de Siemens".

Le gouvernement prêt au bras de fer

Quelles que soient les déclarations du PDG d’Alstom, Patrick Kron, et les positions du conseil d’administration de son groupe, qui a d’ores et déjà avalisé l’offre de GE, le gouvernement est prêt au bras de fer. Il envisage de faire évoluer le décret Breton de 2004 qui permet à l’Etat de s’opposer à la vente d’activités à des groupes étrangers dans un certain nombre de secteurs. Pour l’instant, l’énergie ne fait partie de ces activités qualifiées de stratégiques.

Pascal Gateaud

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