"Une alliance entre GM et PSA pourrait ressembler à celle entre Renault et Nissan"

Le groupe PSA pourrait s’allier au géant américain General Motors. L’occasion pour L’Usine Nouvelle de revenir avec Bertrand Rakoto, analyste chez R.L.Polk, sur les synergies possibles entre les deux groupes et les conséquences d’une telle alliance.

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L'Usine Nouvelle - Que pensez-vous d’une possible alliance PSA / GM si elle est confirmée ?
Bertrand Rakoto - Je suis surpris, sans l’être vraiment, plusieurs constructeurs sont actuellement ouverts à une alliance. J’aurais plus facilement soupçonné une alliance avec BMW qui est une entreprise familiale plutôt qu’un groupe avec lequel PSA n’a pas d’accord de partenariat. General Motors est un groupe beaucoup plus gros, et c’est aussi un critère important pour le développement de PSA. Il y a un grand déséquilibre sur le plan capitalistique entre les deux groupes notamment. Mais il est certain que tant Opel que PSA ont besoin de trouver un allié pour améliorer leur situation à court et long terme, car chacun de leur côté ils rencontrent des difficultés pour retrouver une croissance durable. Des erreurs stratégiques ont été commises de part et d’autre. PSA paie aujourd’hui le prix de sa grande frilosité.

N’y a-t-il pas un risque de casse pour les deux groupes, notamment sur le plan de fermetures d’usines ou sur le plan social ?
Les fermetures d’usines ne seraient pas nécessaires. Celles qui sont en difficulté au sein des deux groupes devront trouver une issue à leur situation. Mais il n’y a pas de conséquence directe venant de l’alliance. Il y aura certainement de la casse, avec un risque social, mais qui est lié aussi à la conjoncture économique actuelle et aux stratégies passées. Il faut bien avoir conscience aussi que dans ce type de partenariat, il faut que chacun des deux acteurs tire quand même son épingle du jeu. L’essentiel pour les deux groupes, si rapprochement il y a, est de voir quelles synergies ils peuvent mettre en place sans se marcher sur les pieds.

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Quel type de synergies ? Comme celles déjà existantes entre PSA et BMW ou Toyota par exemple ?
Opel a besoin d’une vraie restructuration, face à la baisse des volumes de ventes qui a naturellement un impact direct sur les usines. Et la situation chez PSA est, pour des raisons différentes, assez compliquée. Les groupe français a aussi besoin de remplacer Fiat pour garantir la bonne rentabilité et donc les volumes de production des usines d’utilitaires (SevelNord par exemple). L’idée serait je pense de développer des plateformes communes qui pourraient être produites dans les usines de l’un ou de l’autre, de développer des moteurs et d’autres technologies sur le long terme. Ce serait à mon avis un rapprochement plus du type Renault-Nissan que de celui de Fiat-Chrysler, mais d’après les informations révélée, nous devrions en savoir plus au moment du salon de Genève sur la structure du rapprochement. L’objectif serait avant tout de baisser les coûts de production, de mutualiser certains domaines de recherche et de profiter du réseau de l’un et de l’autre.

Une solution pour que PSA se développe à l’international ?
PSA et General Motors sont présents tous les deux en Amérique latine. En Chine, PSA a pris beaucoup de retard sur ses concurrents, dont GM, et est carrément absent du marché nord-américain. Il aurait donc intérêt à s’allier à GM pour assurer sa présence sur ces marchés.

Quel est l’avantage pour General Motors de s’allier avec un groupe français plus petit ?
La marque Opel a une bonne empreinte en Europe du Nord, alors que PSA est plus influent sur les marchés d’Europe du Sud. Sans compter que le constructeur américain dispose d’un savoir faire et de plateformes pour des véhicules de segments supérieurs. Il a besoin d’un partenaire qui soit fort sur le marché des petits véhicules, comme PSA. Le constructeur américain doit aussi trouver un allié pour l’aider à tirer le meilleur de la restructuration d’Opel et organiser une stratégie sur le long terme. D’autant plus que le Trésor américain souhaite se désengager du capital de General Motors pour que le constructeur redevienne une entreprise privée avant les élections présidentielles américaines. En France, cela permettrait également à PSA d’être plus indépendant par rapport au gouvernement dans cette période d’élection, à l’instar de l’indépendance de Renault vis-à-vis de l’Etat, pourtant actionnaire du groupe. Des deux côtés des négociations, il est certain que l’implication des Etats est forte. En France, l’automobile est le premier employeur.

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