Un véritable casse-dette

Les secousses financières des trois dernières semaines appellent des réponses. Taxer les plus riches ? Créer des euro-obligations ? Un plan plus ambitieux s'impose pour relancer nos économies.

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Un véritable casse-dette

Comment faire pour que la tourmente financière n'assomme pas, comme il y a deux ans, l'activité économique ? C'est le casse-tête de la rentrée. Les gouvernements des pays riches et endettés, comme la France, sont soumis à une double contrainte - un "double bind", comme dirait un psy.

D'un côté, il faut arrêter des mesures fortes et génératrices d'économies rapides pour calmer les agences de notation. De l'autre, il faut une prudence de sioux pour éviter d'étouffer, à coups de charges nouvelles et de restrictions budgétaires, les producteurs et les consommateurs. Ce sont eux, ménages et entreprises, qui remboursent la dette publique, et personne d'autre ! Pour résoudre ce casse-tête, qui s'apparente à un casse-dette, les chefs de gouvernement et les chefs d'Etat réussiront-ils à jouer collectif ?

Le temps presse. Le coup de froid sur la croissance au deuxième trimestre, en particulier en France et en Allemagne (36% du PIB de la zone euro à eux deux), risque d'aiguiser les appétits des fonds spéculatifs qui jouent l'euro, et l'Europe, à la baisse. La conjoncture appelle au sursaut et à la solidarité, cela crève les yeux. Mais tous les sommets qui se sont succédé depuis 2008, qu'ils soient bilatéraux (comme celui qui réunit ce mardi 16 août le président Sarkozy et la chancelière Merkel), européens, ou mondiaux, comme les réunions du G8 et autres G20, n'ont servi qu'à repousser les échéances et à mettre en scène la mobilisation des gouvernants. Il est plus facile, étrangement, de conclure un accord, même à l'arraché, sur une intervention armée en Lybie, que de déclarer la guerre ensemble à un ennemi invisible, le "marché".

Quelles sont les solutions ? Aux Etats-Unis, les appels à la hausse des impôts sur les plus riches se multiplient. L'idée fait son chemin, y compris de notre côté de l'Atlantique. En Europe, la solution la plus souvent citée consisterait à mutualiser les "ardoises" en créant des euro-obligations. Là encore, l'idée progresse, y compris de l'autre côté du Rhin.

Mais ces mesures ne suffiront pas à redynamiser nos économies. Ce qui manque, c'est un peu de solidarité (valeur encore peu développée) et quelques idées neuves (ressources encore rares). Faudra-t-il un krach encore plus spectaculaire, ou une montée du chômage encore plus violente, pour que les nations développées définissent conjointement un plan de relance original et vertueux ?

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