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Un "très bon accord emploi" selon Jean-Pierre Clamadieu

Olivier James , ,

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A l’occasion de l’annonce d’une réorganisation du management à la tête du groupe, le PDG de Solvay a passé en revue les grands points de l’actualité, de l’accord emploi au gaz de schiste en passant par la conjoncture économique.

Un très bon accord emploi selon Jean-Pierre Clamadieu © D.R.

Nouveau logo, intégration finalisée et réorganisation du management, anniversaire des 150 ans du groupe… Seize mois après l’annonce de l’OPA amicale de Solvay sur Rhodia, ce début d’année 2013 ressemble pour le nouvel ensemble et son PDG, Jean-Pierre Clamadieu, à l’ouverture d’un nouveau chapitre. L’occasion pour le dirigeant, à la tête du groupe depuis mai 2012 et toujours président de la Commission du développement durable du Medef, de faire le point, de manière assez inhabituelle, sur la situation de son groupe et des grands enjeux du moment.

"Je pense que l’accord emploi est un très bon accord, il va dans le bon sens, a déclaré le patron de Solvay. Le système est plus flexible dans la mesure où l’on est capable de négocier avec les partenaires sociaux." En revanche, concernant la loi "Florange", sur la cession des sites rentables, Jean-Pierre Clamadieu se veut plus prudent. La vente forcée d’une installation à un concurrent le laisse dubitatif. Il évoque "une remise en question du droit à la propriété".

La révolution gaz de schiste

Sur le volet énergétique, Jean-Pierre Clamadieu a une fois de plus rappelé l’intérêt économique de l’exploitation du gaz de schiste. "Son exploitation aux Etats-Unis entraîne une véritable révolution. Le prix du gaz y est le quart du prix pratiqué en Europe. Grâce également aux huiles et pétroles de schiste, le pays se dirige vers l’autosuffisance énergétique. Pour ma part, c’est un sujet d’inquiétude fort qui menace de dégrader la compétitivité de l’industrie européenne."

Le patron de Solvay insiste sur le manque à gagner européen, chiffres à l’appui : "Le choc de compétitivité aux Etats-Unis est tel qu’il a déjà permis à l’industrie d’économiser 130 milliards de dollars, ce qui représente l’équivalent en France d’environ 15 milliards d’euros". Et d’évoquer un montant d’investissement de 16 milliards de dollars pour le seul secteur de la chimie aux Etats-Unis, essentiellement dans des crackers et la production de plastiques.

PVC et Polyamide en difficulté

En matière de conjoncture économique, Jean-Pierre Clamadieu souligne avant tout le rebond de la Chine. "C’est une bonne nouvelle. Et l’Asie sera bien le moteur de la croissance cette année. C’est pour cette raison que cette zone concentrera presque 100% de nos futurs investissements." A contrario, la situation européenne est bien plus préoccupante. "L’année 2013 commence bien plus difficilement que l’année 2012. Nous allons souffrir."

Côté portefeuille industriel, le groupe compte miser avant tout sur les produits qui ciblent la grande consommation (cosmétiques, vanilline, solvants divers…) et les matériaux avancés (polymères de spécialités, terres rares, silice…). Deux activités connaissent des difficultés : la production de PVC et celle de polyamide, lesquelles connaissent une situation de surcapacités en Europe.

Au final, Solvay maintient ses objectifs : faire passer l’excédent brut d’exploitation de 2 à 3 milliards d’euros entre 2011 et 2012. Ce qui passera par l’innovation, la croissance organique (dans les marchés émergents) et l’amélioration opérationnelle des sites.

Olivier James

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