Un tremblement de terre dans une éprouvette

Comprimer un petit échantillon de céramique pour simuler un séisme, est-ce bien sérieux ? Des chercheurs de l’université de Barcelone ont pourtant montré qu’en auscultant cette éprouvette de quelques millimètres pendant son processus de fracturation, ils retrouvaient les lois statistiques fondamentales de la sismologie. Une piste pour progresser dans la connaissance des séismes ?

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Un tremblement de terre dans une éprouvette

Prévoir le lieu et l’heure d’un tremblement de terre restera peut-être un objectif scientifique hors de portée. Ni l’analyse des séismes enregistrés, ni les expériences réalisées en laboratoire n’ont jusqu’à présent permis de sauver des vies en évacuant les populations à temps.

Les résultats publiés par des physiciens de l’université de Barcelone, en coopération avec des collègues mathématiciens et spécialistes des sciences de la terre, ne résolvent pas d’un coup une question éminemment complexe. Mais ils montrent, pour la première fois, qu’une simple expérience de laboratoire sur un petit échantillon de matériau poreux permet de retrouver les lois statistiques aujourd’hui admises sur les phénomènes sismiques.

Des réactions similaires au catalogues des séismes observés

Les chercheurs ont placé leur éprouvette de silice poreuse (le "modèle" de la croute terrestre) entre deux plaques, avec lesquelles ils l’ont comprimé progressivement, jusqu’au moment où elle tombe en morceau. Pendant tout le processus, des capteurs fixés sur les plateaux enregistrent les ondes acoustiques créées par la formation et la propagation des fissures dans l’échantillon. Et ces données sont analysées comme s’il s’agissait de données sismologiques.

Les résultats sont surprenants : les mesures réalisées ont permis de dégager des similarités statistiques avec les lois fondamentales de la sismologie, lois tirées du "catalogue" des séismes qui ont été observés. C'est à dire ? Plus les secousses sont fortes, moins elles sont fréquentes dans une région donnée ; la probabilité des répliques diminue avec le temps ; plus un séisme est fort, plus il produit de répliques. Enfin, des analogies ont aussi été trouvées sur les intervalles de temps entre les secousses. Des analogies suffisamment frappantes pour que les chercheurs estiment qu’il s’agit là d’une piste intéressante pour tenter d’améliorer les modèles statistiques de la sismologie.

Thierry Lucas

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS