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L'Usine Agro

Un sacré embouteillage à Vittel !

Publié le

La Tour de France s’arrêtait la semaine dernière dans la cité vosgienne. Nestlé Waters, un des principaux sponsors de la Grande Boucle, y embouteille Contrex, Vittel et Hépar, dans la plus grande usine d’embouteillage d’eau en Europe.

Un sacré embouteillage à Vittel ! © Nestlé

Nestlé est un groupe sacrément puissant. Le leader mondial de l’agroalimentaire l’a montré la semaine dernière en réussissant la prouesse d’arrêter la caravane du Tour de France quasiment aux portes de l’une de ses usines ! La 12e étape du Tour s’est en effet adjugée presque sous les fenêtres de l’usine Nestlé Waters de Vittel, dans les Vosges, le plus grand site d’embouteillage d’eau en Europe.

Nestlé Waters, est partenaire du Tour depuis 2001. D’abord avec sa marque Aquarel, remplacée par Vittel il y a deux ans. Une marque plus familiale et plus en adéquation avec le sport, estime Denis Cans, PDG de Nestlé Waters France (lire l’interview ci-dessous). C’est désormais Vittel qui signalise les 20, 10, 5 derniers kilomètres de la course aux coureurs … Un million de bouteilles seront distribuées sur les routes de France pendant l’évènement.

Si l’on en juge par les remerciements appuyés des représentant de la mairie, du département, de la préfecture et de la région, on comprend que le groupe suisse, un des tous premiers employeurs du département, n’est pas pour rien dans le passage du Tour à Vittel (où il ne s’était plus arrêté depuis plusieurs décennies).

Dans un marché français des eaux embouteillées sinistré depuis plus de deux ans, Nestlé Waters tente de relancer Vittel et Contrex. L’occasion du Tour, troisième manifestation sportive au monde en terme d’audience télévisée, était trop belle… Jeudi dernier, le grand barnum vélocipédique avait donc planté la tente à quelques encablures de l’usine. Mais pendant que la caravane passe, pas question d’arrêter la production !

Avec 17 lignes d’embouteillage (dont une dédiée au marché japonais, et une et demi dédiée au hard-discounter Lidl…), Nestlé Waters Vosges est un véritable mastodonte. Il s’agit en fait de trois usines réunies sur un seul complexe industriel. L’une sur la commune de Contrexéville (l’unité Ouest) et les deux autres sur la commune de Vittel (les unités Nord et Sud). En 2005, un chantier titanesque (70 millions d’euros dépensés sur trois ans) a relié les deux usines principales avec cinq pipelines souterrains en inox de quatre kilomètres chacun qui permettent d’embouteiller l’eau de trois sources (Vittel, Contrex et Hépar) sur les deux sites. « Cela nous permet de nous adapter aux fluctuations du marché », justifie Hervé Lévis, responsable du site Ouest.

Le pic d’activité de l’usine est passé : les mois de mai et de juin sont les plus importants. « Les clients font des stocks pour la saison estivale qui démarre, poursuit le directeur d’usine. Il y a deux semaines, nous travaillions encore en trois huit sept jours sur sept ».




Outre le pipeline, la spécificité de l’usine Nestlé Waters Vosges, c’est l’atelier qui produit les préformes, les petites éprouvettes en PET qui deviendront les bouteilles. Dans l’atelier, huit machines moulent chacune 96 préformes toutes les seize secondes. A l’extérieur, huit silos de 150 tonnes alimentent l’atelier en PET. « Nous en consommons 100 tonnes chaque jour, soit 30 000 tonnes par an », explique Richard Orler, responsable de l’atelier, qui emploie 350 personnes et produit 1,1 milliard de préformes par an, soit 95 % des besoins de l’usine : « Cela nous permet de maîtriser la qualité et la traçabilité de nos produits, et c’est économiquement rentable », poursuit le responsable de la production.

Nestlé Waters en chiffres

- 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires
- N°1 mondial de l’eau embouteillé
- 64 marques
- Sept sites d’embouteillages en France
- Environ 3 milliards de litres vendus en France
- Environ 33 % du marché français des eaux en valeur
A côté de l’atelier des préformes, le stockage des produits finis. Le groupe dispose d’une capacité de 12 000 palettes, soit deux à quatre jours de production… Cent wagons et 150 camions quittent chaque jour l’usine. Le groupe a investi 34 millions d'euros en 2008 dans l'aménagement d'une plate-forme logistique, et devrait investir à nouveau 18 millions cette année pour moderniser les installations logistiques et de production.

Sur la ligne d’embouteillage W6, une multitude de bouteilles de Contrex coiffées de leur bouchon rose bonbon s’amassent sur un convoyeur en attendant d’être rassemblées en paquets de six dans l’atelier de conditionnement. Cinq à sept personnes surveillent la ligne.

Au départ, les préformes passent dans des souffleuses où elles sont chauffées à haute température, puis soufflées et étirées afin de former les bouteilles. Celles-ci sont ensuite désinfectées au moyen d’un rinçage par de l’air stérile, puis transportées vers le remplissage au moyen de convoyeurs protégés. La tireuse est maintenue dans un environnement clos, en surpression pour éviter toute contamination : elle remplit 32 000 bouteilles de 1,5 litres à l’heure, principalement de la Contrex, soit environ 600 000 bouteilles par jour. « Environ 1 000 contrôles sont réalisés chaque jour sur la ligne de production », précise Hervé Levis.

La crise des ventes qui touche le marché des eaux embouteillées depuis deux ans a fait tanguer sérieusement le paquebot vosgien : ses volumes sont passés de quelque 1,8 milliard de cols il y a trois ans à 1,345 milliard cette année. Le groupe a engagé courant 2008 un programme de départs volontaires visant à porter les effectifs de 1 600 à environ 1 350 personnes. Une nouvelle présidente pour le site vosgien, Véronique Fontaine-Heim, est chargée de mener la bataille de la compétitivité, qui reste le talon d’Achille du site, expliquait le groupe lors de l’annonce de son plan de départs volontaires.

Patrick Déniel


« Des signaux positifs sur les derniers mois » Denis Cans, PDG de Nestlé Waters France

Comment évolue le marché français de l’eau embouteillée depuis le début de l’année 2009 ?
Nous sommes dans la continuité de ces deux dernières années où le marché a reculé d’environ 6 % par an. C’est une rupture après quinze années de croissance régulière… Mais je ne crois pas que le marché soit définitivement orienté à la baisse, nous restons convaincus que l’eau embouteillée est une boisson d’avenir.
Le recul est surtout flagrant sur le segment des eaux plates. Le marché des eaux gazeuses, beaucoup plus « protégé », est stable depuis deux ans. Notre portefeuille de marques est « surpondéré » en eaux gazeuses, qui représentent 30 % de nos volumes. Avec Perrier, San Pellegrino, l’Eau de Perrier ou Quézac, nous sommes largement leader sur ce segment.

Comment réagissez-vous ?
Sur certaines marques d’eaux plates, nous avons enregistré des baisses supérieures à celles du marché. C’est pour cela que nous avons décidé de ré-investir fortement, notamment sur Contrex et Vittel. Notre stratégie est de remettre en avant ce qui fait leur différence, notamment les bénéfices nutritionnels et santé. Sur Vittel, nous jouons la carte de la vitalité : sa composition est particulièrement adaptée aux sportifs. D’où le partenariat avec le Tour de France, que nous avons décidé de reconduire pour quatre ans. Concernant Contrex, nous avons retravaillé la plateforme de communication et nous retournons sur le terrain de la santé alors que nous étions allés sur celui de la beauté. Sa forte composition en calcium en fait une eau de régime, et qui a des bénéfices concernant l’ostéoporose. Enfin Hépar a une teneur en magnésium importante qui nous permet de nous situer sur le terrain du stress et du transit.
Nous avons effectué relancé fortement Vittel et Contrex avec de gros efforts en matière de communication et de sponsoring. Nous n’avons pas augmenté nos investissements marketing mais nous avons choisi de concentrer nos efforts sur les marques prioritaires d’eau minérales et en arrêtant de communiquer sur nos eaux aromatisées. L’activité promotionnelle a également beaucoup progressé dans notre secteur ces derniers mois : elle représente 20 à 30 % de nos ventes contre 15 à 20 % il y a deux ans. Sur les quatre derniers mois, les parts de marché remontent. La tendance à la baisse des volumes n’est pas inéluctable.

Anticipez-vous de nouvelles adaptations de l’outil industriel ?
Nous sommes engagés de longue date dans un processus de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) dans lequel nous avons négocié des baisses d’effectifs avec les partenaires sociaux. Dans la période, cela nous aide. Sur le site de Nestlé Vosges, nous avions programmé 330 départs en retraite anticipée. A date, nous sommes à 190 départs, ce qui porte les effectifs du site à 1 300 personnes.
Nous avons réduit nos investissements industriels et nous cherchons à gagner en productivité. Nous pensons avoir encore un gros potentiel d’amélioration. Nous attendons de voir ce que donne la relance de nos marques. Si les volumes continuent de baisser, nous n’excluons pas de nouvelles adaptations. Mais encore une fois, pour l’instant, les tendances récentes sont plutôt encourageantes.

Propos recueillis par Patrick Déniel

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