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L'Usine Energie

Un rapport sur les alternatives à la fracturation hydraulique à l’automne

Astrid Gouzik , , ,

Publié le

La première audience publique du comité parlementaire sur les alternatives possibles à la fracturation hydraulique s’est tenue, ce jeudi 18 avril, à l’Assemblée nationale.

Un rapport sur les alternatives à la fracturation hydraulique à l’automne © D.R.

Au lendemain de la sortie française du film "Promised land" avec Matt Damon, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) a jeté les bases de son rapport sur les alternatives à la fracturation hydraulique. "Il n’est pas question d’alimenter la polémique pour ou contre les gaz de schiste", prévient Jean-Yves Le Déaut, premier vice-président de l’Opecst, en ouverture de l’audition publique.

Il s’agit en fait de dresser un état des lieux des technologies qui permettraient d'explorer et exploiter les hydrocarbures non conventionnels, particulièrement les gaz de schiste. En effet, depuis la loi du 13 juillet 2011, la technique de la fracturation hydraulique - qui consiste à créer des fissures souterraines en injectant un mélange d'eau, de sable et de produits chimiques à haute pression, afin de libérer le gaz de schiste prisonnier de la roche - est interdite.

Un problème de maturité

Les technologies alternatives, évoquées ce jeudi 18 avril par les intervenants industriels, géologues et chercheurs, ne semblent toutefois pas arrivées au même niveau de  maturité que la fracturation hydraulique. "Il existe bien des brevets et des pilotes mais rien d’aussi avancé", a insisté Gilles Pijaudier-Cabot, directeur du laboratoire des fluides complexes et de leur réservoir et de l’Institut Carnot ISIFoR.

Hydrocarbures non-conventionnels… jusqu’à quand ?

Gaz de schiste, huile de schiste, gaz de houille, sables bitumineux… Sous ces termes complexes se cachent les hydrocarbures non conventionnels, des ressources fossiles complexes à exploiter. Mais jusqu’à quand seront-ils considérés comme non conventionnels, se sont interrogés les intervenants de l’audition publique de l’Opecst. "Il y a 50 ans, les gaz de Lacq étaient considérés comme non conventionnels, tout comme le pétrole offshore il n’y a pas si longtemps", rappelle Bruno Courme, directeur de la filiale Total Gas Shale Europe. Des détails sémantiques qui peuvent avoir leur importance !
"Aujourd'hui, il y a des avantages et des inconvénients pour les autres techniques mais il n'y en a pas une qui permette de reproduire les avantages de la fracturation hydraulique elle-même", a ajouté un représentant de Total, Bruno Courme.

Affiner des chiffres incertains

Aujourd’hui seule la fracturation hydraulique est suffisamment éprouvée pour permettre l’exploration des sous-sols français. Etant interdite, il est donc impossible d’avoir une idée plus précise des ressources françaises en matière d’hydrocarbures non-conventionnels. "Il faudrait avant tout réduire les incertitudes en lançant un inventaire des ressources. Cela permettrait d’affiner des chiffres qui sont très incertains", a plaidé Olivier Appert de l’Ifpen.

Selon Christian Besson, un analyste de l’Agence internationale de l’énergie, il faudrait entre "plusieurs dizaines" et "une centaine" de forages en France pour "avoir une bonne idée de ce qui est en place", avant une production commerciale.

La quadrature du cercle

Les expérimentations à des fins scientifiques sont pourtant garanties par l’article 4 de la loi du 13 juillet 2011, a rappelé François Kalaydjian, directeur adjoint "Ressources" à l’Ifpen. "Le Gouvernement remet annuellement un rapport au Parlement sur l'évolution des techniques d'exploration et d'exploitation et la connaissance du sous-sol français, européen et international en matière d'hydrocarbures liquides ou gazeux, sur les conditions de mise en œuvre d'expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public", stipule la loi .

En résumé, sans fracturation pas d’exploration, sans exploration pas de chiffres précis sur les ressources françaises, et sans chiffres tangibles pas de budget R&D pour permettre d’améliorer les technologies d’exploration et d’exploitation. L’Opecst réussira-t-il à résoudre la quadrature du cercle des gaz de schiste ?

Astrid Gouzik

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