Transports

Pour Elisabeth Borne, les défauts du réseau SNCF viennent de “décennies de sous-investissement"

Simon Chodorge , ,

Publié le , mis à jour le 21/08/2019 À 14H56

Vu sur le web [ACTUALISÉ] Anomalies sur les signalisations électriques, fils rongés, boulons desserrés... Un rapport confidentiel du gendarme ferroviaire français et révélé le 21 août alerte sur les problèmes de maintenance à la SNCF. Le gouvernement a réagi le jour même.

Pour Elisabeth Borne, les défauts du réseau SNCF viennent de “décennies de sous-investissement
La ministre des Transports a réagi au rapport alarmant du gendarme ferroviaire sur les défauts de maintenance du réseau de la SNCF.
© RTL / Dailymotion

Actualisation du mercredi 21 août, 14h25 : La ministre des Transports a réagi au rapport alarmant du gendarme ferroviaire sur les défauts de maintenance du réseau de la SNCF. "On va tous être vigilants à ce que des correctifs soient apportés à court et moyen terme", a déclaré Elisabeth Borne au micro de RTL. Comme la direction de la SNCF, la ministre s’est montrée rassurante : "S'il y avait un problème de sécurité immédiat, l'EPSF pourrait arrêter un équipement ou une circulation et il ne l'a pas fait." La ministre a également décrit ces défaillances comme le résultat de “décennies de sous-investissement dans le réseau”. Elle a finalement rappelé l’engagement financier du gouvernement pour la modernisation des voies ferrées, décidé en 2018 et à hauteur de 3,6 milliards d’euros par an.

Les travaux d’été sur le réseau ferré n’ont pas suffi. Le gendarme français du ferroviaire, l’EPSF (Établissement public de sécurité ferroviaire), alerte sur les problèmes de maintenance à la SNCF dans un nouveau rapport. Le document confidentiel et révélé par Le Parisien mercredi 21 août épingle des centaines d’anomalies constatées sur les chemins de fer.

Dans ce rapport de 96 pages, l’EPSF dénoncerait “un écart majeur sur le niveau de maîtrise du processus de maintenance de l'infrastructure”. Lors d’une enquête réalisée entre le 29 avril et le 23 mai, les enquêteurs de l’établissement public ont réalisé neuf opérations de contrôle et auraient constaté des centaines d’anomalies dans les régions Bretagne, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire et Occitanie. Ces vérifications concernent 14 000 kilomètres de voies ferrées commerciales, presque la moitié des lignes de SNCF Réseau qui revendique un maillage de 30 000 kilomètres.

413 anomalies sur les signalisations électriques

Le nombre le plus stupéfiant concerne les signalisations électriques : 413 anomalies auraient été repérées et 80 auraient été traitées hors des délais réglementaires. Ce ne sont pas les seuls défauts constatés : l’EPSF avertit sur des fils électriques rongés, des câbles défectueux, des boulons desserrés et parfois absents au niveau des éclisses (les pièces métalliques qui servent à raccorder deux rails).

Certains de ces défauts peuvent avoir un impact sur la sécurité, constate l’EPSF. Surtout, ils rappellent des accidents tragiques sur les rails français. En juillet 2014, un problème de signalisation électrique avait provoqué la collision de deux trains à Denguin (Pyrénées-Atlantiques) et 40 blessés. Dans son rapport définitif, le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) avait insisté sur le risque que présentaient les rongeurs pour les installations électriques.

Les problèmes relevés sur les éclisses font également écho à l’accident de Brétigny-sur-Orge (Essonne) qui avait fait sept morts en juillet 2013. La défaillance d’une éclisse avait alors été mise en avant pour expliquer le déraillement du train. Des rapports internes ont aussi évoqué un déficit de maintenance.

"Une grande partie des écarts ne concernent pas la sécurité", répond la SNCF

La SNCF était-elle au courant ? Selon Le Parisien, des dizaines de défaillances constatées sur le réseau ferré ne figuraient pas dans les rapports de la SNCF. La direction de l’entreprise se défend en rappelant les investissements mis en oeuvre… Mais elle admet aussi que des progrès restent à faire. “Depuis l'accident de Denguin, il y a un traitement exhaustif et quasi systématique des postes électriques. Nous mettons de la mousse pour boucher les trous, du raticide. Mais on parle de 45 000 sites à traiter. C'est énorme”, déclare au quotidien Olivier Bancel, directeur général adjoint à la direction opération et production de SNCF Réseau.

Sur la sécurité du réseau ferré, le directeur général adjoint se veut rassurant : “Ce rapport fait partie de la cinquantaine qu'on reçoit chaque année de l'EPSF. Il sera lu à tous les étages. On va compiler les données pour déterminer si les problèmes sont locaux ou globaux. Je ne dis pas que tout est parfait. Mais encore une fois, une grande partie des écarts ne concernent pas la sécurité.”

La révélation de ce rapport intervient quelques semaines après une autre polémique sur les wagons de fret de la SNCF. Les inspections du travail et les syndicats dénonçaient en juillet la présence de pièces contaminées à l’amiante dans ces rames.

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1 commentaire

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21/08/2019 - 18h15 -

Quand trop de gens commandent sans être responsable de rien,et qu'il suffit d'aller voir un autre chef pour ne pas faire le travail qui s'impose, il ne faut pas s'étonner que ça devienne le bordel !
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