Un quart des stations à sec : système D

Toutes les raffineries ont reconduit la grève mardi et des dépôts de carburant étaient bloqués, provoquant une pénurie dans de nombreuses stations-services. Selon Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie et du développement durable, près de 4000 stations-essence sur 12 500 sont ce mardi «en attente d'approvisionnement».

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Un quart des stations à sec : système D

La pénurie de carburant est bel est bien au rendez-vous ce mardi. Des vidéos postées aujourd’hui sur la toile montrent des files d’une centaine de voitures devant les pompes à essence. La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) a estimé qu’« une situation de pénurie de carburant est en train de s'installer. La fin de semaine va être très difficile ». Jean-Louis Borloo vient de préciser à l’Assemblée nationale que « quelques 5 000 camions citerne étaient en cours de livraisons de carburant » dans les stations-services dont les 3 000 en rupture, sur les 13 200 stations-service que compte la France. La pénurie est variable selon les régions. L'Ile-de-France, le Nord, le Grand-Ouest seraient les régions les plus affectées.

Une réunion doit ce tenir ce mardi après-midi à 16 heures à Matignon pour évoquer ce sujet autour du Premier ministre, François Fillon et en présence des principaux acteurs du secteur. Selon le Premier ministre, près d'«un tiers des départements sont touchés par cette pénurie. » Il indique que le gouvernement a prévu un «plan d'acheminement des carburants» pour ravitailler les stations services mais que la situation devrait redevenir normale sous seulement 4 à 5 jours.

Les routiers commencent à recourir au chômage technique


Les transporteurs routiers sont en première ligne et se démènent pour que le gouvernement sorte de sa torpeur. « Des camions chargés, arrêtés en pleine nature, sans carburant pour livrer… Des commandes de carburant en vrac payées d’avance mais non livrées… Des entreprises réduites à un chiffre d’affaires néant… Telle est la situation des TPE du transport routier de marchandises et de voyageurs », déplore l’Unostra. « Aujourd’hui c’est 28 000 chefs d’entreprise du transport routier qui somment le gouvernement de rétablir, enfin, le libre accès à la distribution du carburant utilitaire. Les prises de position d’une infime partie du secteur salarié, issue en majorité du secteur public ou d’entreprises nationales, ne peuvent enrayer toute l’économie d’un pays », s’insurge l’organisation professionnelle, qui enfonce le clou : « notre pays, champion Européen des jours de grève, perd un peu plus chaque jour sa compétitivité et ses chances de retrouver de la croissance donc de l’emploi. »

Sur 250 pompes à essence réservées aux routiers, 90 sont d'ores et déjà à sec. La FNTR (Fédération nationale des transports routiers) a donc demandé au gouvernement «de débloquer les dépôts de carburant, de fixer des priorités dans la livraison du carburant pour les véhicules utilitaires sinon, sans camions, il y a un risque de paralysie de l'économie.» Jean-Paul Deneuville, délégué général de la Fédération nationale des transports routiers déclare que « la fin de semaine (allait) être difficile.»

Certaines entreprises, qui n'ont pas de cuve de gazole, «ne peuvent déjà plus transporter» des marchandises, faute de carburant et ce sera pareil pour celles disposant de cuves d'ici demain ou après-demain, a déclaré un porte-parole d'OTRE, organisation patronale représentant les TPE et PME du secteur.

Une situation que la la Fédération des Entreprises de transport et logistique de France (TLF) confirme mardi. «Plusieurs de nos entreprises sont en rupture d'approvisionnement et ne peuvent plus assurer les services», a regretté son président Philippe Grillot, qui déplore le décalage entre le discours du gouvernement et la réalité sur le terrain. En conséquence, plusieurs entreprises ont du mettre leurs employés au chômage technique.

Les patrons sont inquiets


La pénurie de carburant empêche non seulement les automobilistes de se déplacer mais freine la distribution en France, les camions ne pouvant plus rouler. Les blocages dans les zones industrielles affectent les réapprovisionnements des grandes enseignes comme Carrefour, Auchan, Casino et Leclerc. Au Mans, la plate-forme de Carrefour est totalement bloquée en raison du blocage de dépôt de carburant situé non loin et dans le Nord, ses deux plates-formes restent perturbées surtout dans l’acheminement de produits secs.

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) estime que les entreprises commencent à avoir « une difficulté d’approvisionnement », car « de plus en plus de sociétés travaillent avec des stocks limités et ne se réapprovisionnent qu’au fur et à mesure ». « Si ça devait continuer, on risque assez vite, d’ici la semaine prochaine, d’avoir un ralentissement ou des arrêts de production à droite et à gauche », prévient la CGPME.

« Nous sommes inquiets, inquiets y compris pour nos entreprises », a dit la présidente du Medef, la première organisation patronale, lors d'une conférence de presse. « Certains membres du conseil exécutif (du Medef) ont signalé des perturbations déjà sensibles dans leur secteur d'activité: bâtiment, travaux publics, chimie », a ajouté Laurence Parisot. Le président de la CGPME, organisation représentant des petites et moyennes entreprises, a été encore plus pressant. « Je lance un cri d'alarme parce qu'on n'a pas les moyens aujourd'hui, après la crise économique que nous venons de vivre pendant trois ans, de pouvoir supporter des grèves qui durent longtemps », a dit Jean-François Roubaud sur Europe 1. « Il faut vraiment que ça s'arrête très vite », a-t-il ajouté. « Je suis inquiet parce que je me demande où on va. »

Quant au comité directeur de l’Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie (ACFCI), il « souhaite attirer l’attention de chacun sur le fait que la prolongation de ces mouvements fragilise des entreprises déjà touchées de plein fouet par la crise ». La courroie de transmission des industriels « rappelle que ces perturbations nous conduisent chaque jour à l’affaiblissement de la compétitivité économique et à des pertes de marchés à l’international », et « appelle solennellement à ne pas confondre le droit de grève et de manifester avec le fait d’empêcher les autres de travailler ».

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