Quotidien des Usines

Un procès à défaut de stratégie Internet

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Dossier Le téléchargement de titres musicaux constitue l'une des activités préférées des internautes. Les grands " majors " n'en proposent toujours pas, mais attaquent les spécialistes du domaine les uns après les autres.

Un procès à défaut de stratégie Internet

Sommaire du dossier

Peut-on arrêter un véhicule lancé à vive allure avec un procès-verbal de dépassement de la vitesse autorisée ? C'est ce que semblent croire les grandes sociétés de production et d'édition musicales aux Etats-Unis. Alors qu'EMI, Universal et Sony Music ont annoncé le lancement pour la fin de l'année de services de téléchargement de fichiers musicaux sur abonnement, l'industrie intensifie sa lutte contre Napster, le logiciel d'échanges de fichiers. Après MP3.com (voir encadré ci-dessous), la très puissante RIAA (Recording Industry Association of America), qui rassemble 90 % des producteurs, fabricants et distributeurs de musique aux Etats-Unis, attend que la justice américaine prononce la fermeture du site Napster.com. Le logiciel, créé par Shawn Fanning (19 ans) et repris par Hank Barry, dirigeant du fonds de capital-risque qui a investi 15 millions de dollars dans la société, permet aux internautes d'échanger plus facilement des fichiers numériques musicaux d'un PC à un autre. Mais, contrairement à ses concurrents, dont le célèbre Gnutella, Napster constitue une cible plus facile, car les échanges de fichiers sont enregistrés sur un serveur central. Le manque à gagner serait de 37 milliards de francs Et, avec 32 millions d'utilisateurs revendiqués, Napster représente une sérieuse menace aux yeux des professionnels, qui chiffrent à 37,5 milliards de francs le manque à gagner lié au piratage. " Les utilisateurs de Napster sont les meilleurs clients des maisons de disques ; d'ailleurs, les ventes de CD le prouvent, et un nombre croissant d'artistes nous soutiennent ", rétorque Hank Barry, le président de la start-up américaine. Bousculées par le phénomène Internet, les maisons de disques affirment vouloir investir dans de nouveaux modes de diffusion de la musique. Le vice-président de Vivendi-Universal, Edgar Bronfman, vient ainsi d'annoncer son intention de concurrencer Napster. " L'objectif est de fournir simplement aux consommateurs des fichiers MP3, c'est-à-dire des fichiers audio de qualité moyenne par abonnement ", a-t-il expliqué. BMG, filiale de Bertelsmann, promet également de se lancer cette année. Mais ces déclarations déboucheront-t-elles sur des résultats concrets ? En janvier 1999, Sony avait déjà affirmé vouloir fournir des services de téléchargement aux internautes. Las ! Ceux-ci n'ont rien vu venir jusqu'à présent... Entre-temps, les industriels de la musique ont multiplié les attaques en justice et refusé en bloc toutes les propositions de transactions de Naptser. Mais, même s'ils obtiennent la fermeture du site, d'autres start-up sont déjà bien installées sur le marché. A défaut de lancer rapidement leurs propres services de téléchargement de fichiers musicaux, les majors risquent fort de continuer de mener leurs interminables batailles judiciaires... Universal Music s'acharne sur MP3.com Si la plupart des majors ont mis fin à leurs poursuites après le versement à chacun de 20 millions de dollars au titre du copyright, Universal Music a décidé de poursuivre son action en justice contre MP3.com. Condamné début août par un juge new-yorkais, MP3.com, site de téléchargement de fichiers musicaux numériques au format de compression MP3, pourrait avoir à payer jusqu'à 250 millions de dollars pour les quelque 5 000 à 10 000 CD d'Universal " copiés " dans sa banque de musique. Celle-ci permet aux internautes d'enregistrer leurs CD sur le Web afin de pouvoir les écouter n'importe où. Seule circonstance atténuante pour MP3.com, Universal n'a pas pu prouver combien d'argent il avait perdu à cause du site.

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