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L'Usine Agro

"Un prélèvement sur les prix de vente du porc permettrait de moderniser la filière", selon Guillaume Roué d'Inaporc

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Publié le

Entretien Toujours plongés dans une crise historique, les éleveurs et industriels de la filière porcine attendent des solutions pour assurer leur avenir. Guillaume Roué, le président de l’interprofession porcine, Inaporc, compte sur le conseil des ministres agricoles prévu le 7 septembre à Bruxelles pour obtenir des avancées sur les distorsions de concurrence. Il milite parallèlement pour la mise en place d’un fonds de modernisation, qui serait financé par un prélèvement de 20 centimes d’euro sur chaque achat de viande de porc française effectué par les consommateurs.

L'Usine Nouvelle - La filière porcine traverse une crise historique depuis plusieurs semaines. Mais aucune solution ne semble se dessiner. Pourquoi ?

Guillaume Roué : Le problème de la compétitivité se pose à tous les maillons de la filière Le prix de 1,40 euro par kilogramme, négocié avant l’été, a permis d’aider les éleveurs. Mais le problème s’est transféré sur les industriels qui ne peuvent pas répercuter ces prix, ni sur l’export, ni vers les salaisonniers, par rapport à leurs concurrents.

Quelles solutions pour permettre à la filière de regagner en compétitivité peuvent-elles encore venir de Paris ou de Bruxelles ?

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, s’est engagé à discuter des problèmes de la filière à Bruxelles le 7 septembre, lors de la réunion du conseil des ministres agricoles. Nous attendons des réponses. Nous demandons que des solutions soient mises en place pour compenser les distorsions sociales et fiscales que subissent les industriels français. Parallèlement, nous discutons avec les distributeurs français pour mieux valoriser le porc français à travers un fonds de modernisation des exploitations.

Comment serait-il financé ?

Il serait financé par un prélèvement de 20 centimes d’euro par kilo, sur chaque achat de viande porcine française payé par le consommateur en magasin. Cela représenterait à peine 6,4 euros par Français et par an, mais cela permettrait de générer un fonds de 250 millions d’euros. Il pourrait être mis en place quand le prix du porc (Ndlr : 1,38 euro le kilo actuellement) sera redescendu au niveau des prix du marché allemand (soit 1,2 euro le kilo actuellement). Nous sommes en train de discuter avec les distributeurs pour mettre en place une charte prochainement.

Est-ce que des mécanismes européens, comme des restitutions ou du stockage, seraient une bonne solution pour aider la filière ?

Le stockage, comme celui engagé en février, est une solution qui reste transitoire. Cela ne fait que reporter le problème. Ca fonctionnait bien quand il n’y avait pas d’embargo sur la Russie. Bruxelles doit reprendre langue avec le pays, pour lever l’embargo. Ce n’est pas normal qu’un différend politique se transforme en différend agricole, sans aides au secteur agricole. Quant aux restitutions, elles n’ont pas été activées depuis très longtemps. Il y a peu de chances qu’elles soient relancées. Mais cet hiver, la crise risque de s’aggraver, avec une surproduction venue d’Espagne.

Propos recueillis par Adrien Cahuzac

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