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Un pôle automobile toujours plus prometteur

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Les sept sites de production des constructeurs confortent leur développement par de nombreux projets d'investissements et de créations d'emplois.

Ce mois-ci marque l'arrivée des premiers équipements de production dans la nouvelle unité de PSA Peugeot Citroën, à Valenciennes (Nord). D'ici à un an, ce site de 52 000 mètres carrés fabriquera en série, les boîtes de vitesses MCP (Mécanique Compacte Pilotée). Le constructeur a investi 290 millions d'euros dans cet atelier, qui abritera une centaine de postes d'assemblage et plus de 200 machines d'usinage. Il disposera d'une capacité de production hebdomadaire de 17 500 boîtes de vitesse, d'un modèle destiné à équiper les véhicules Peugeot et Citroën de milieu de gamme.

De son côté, le bâtiment de la Française de Mécanique, à Douvrin (Pas-de-Calais), récemment construit pour la fabrication des moteurs issus du partenariat entre PSA Peugeot Citroën et BMW, commence aussi à recevoir ses équipements. Le démarrage de la production en série se fera en décembre, pour une montée en cadence courant 2006. Un calendrier prévu initialement lors de l'annonce de ce projet, pour lequel l'investissement s'élève à 430 millions d'euros.

720 millions d'euros seront investis à Sevelnord

Non loin de là, à Onnaing, chez Toyota Motor Manufacturing France (TMMF), se font sentir les prémices d'une nouvelle organisation des équipes, en vue d'adapter les lignes de production à la remplaçante de la Yaris qui devrait être commercialisée en 2006. A la mi-avril 2005, la troisième équipe sera suspendue pour libérer les équipements, le temps de cycle passant de 76 à 60 secondes afin de limiter la baisse du niveau de production, le modèle actuel étant encore très demandé. A Hordain, Sevelnord, filiale de PSA Peugeot Citroën et de Fiat, n'est pas encore touchée par le futur programme de renouvellement de ses utilitaires légers (de marques Fiat, Peugeot et Citroën). Mais, il est déjà établi que ce projet sera lancé courant 2006 et portera sur un montant d'investissements industriels de 720 millions d'euros. Enfin, Renault à Douai ne s'est jamais aussi bien porté. L'usine d'assemblage de la Megane pulvérise les records. En 2004, elle a produit 470 000 véhicules : jamais aucun site du groupe au losange n'en avait fait autant. Forte de cette réussite, la direction a décidé d'augmenter le nombre de ses embauches. Fixé en octobre 2004 à 411 personnes, le recrutement porte finalement sur 250 personnes de plus.

Décidément, dans le Nord-Pas-de-Calais, 2005 démarre sous de bons auspices pour les sept usines que les constructeurs comptent dans la région, toutes concentrées dans le Valenciennois et le Douaisis. Tant au niveau des unités de montage des véhicules (Renault Douai et Maubeuge, Sevelnord et Toyota) qu'au niveau des ateliers de production des pièces mécaniques de haute technicité, tels que les moteurs et les boîtes de vitesse (Française de Mécanique, PSA Peugeot Citroën Valenciennes, STA). La décision des maisons mères de poursuivre le développement des outils de production conforte les usines de la région quant à leur pérennité, du moins pour la décennie à venir.

De nombreux équipementiers, dont cinq leaders mondiaux

Ces sites sont d'ailleurs cités « comme les plus performants » au sein de leur groupe, à plus d'un titre.Renault Douai affiche l'une des meilleures productivités grâce, entre autres, à une optimisation de l'aménagement du temps de travail. Ce qui lui permet d'adapter très rapidement ses niveaux de production à la demande. L'usine de Toyota a été, en mai 2004, la première unité du constructeur nippon dans le monde à passer en trois équipes. « TMMF ambitionne de devenir la meilleure usine Toyota d'Europe », avançait dernièrement Denis Leroy, le nouveau président français de TMMF.

L'arrivée prochaine à Onnaing de partenaires de Toyota, tels que Toyotomi Kiko et Toyota Boshoku, confirme encore cet état de fait. Ces deux sociétés japonaises ont en effet décidé d'investir respectivement 60 et 7 millions d'euros pour implanter leur unité européenne dans la région. Le premier y fabriquera des pièces de carrosserie de rechange pour alimenter tout le réseau des concessionnaires européens de Toyota. Le second produira des pare-chocs pour les modèles anciens du constructeur japonais fabriqués sur le Vieux Continent. La mise en service de ces deux ateliers est prévue pour l'automne 2006.

Ces arrivées confortent aussi la place qu'occupe l'industrie automobile dans le Nord-Pas-de-Calais. Rien que dans le Valenciennois, ce secteur mobilise 35 entreprises et 12 000 salariés, avec des effectifs en progression de 20 % depuis trois ans. Sur toute la région, la filière emploie plus de 55 000 salariés (outre les intérimaires), soit 20 % de l'emploi industriel régional.

La présence d'un grand nombre d'équipementiers (environ 150 établissements) joue aussi un rôle très positif sur l'attractivité du territoire auprès des industriels de l'automobile. Ce sont des spécialistes de la plasturgie, du travail du métal, de la verrerie, des pneumatiques ou du textile. « La région compte cinq équipementiers faisant partie des leaders mondiaux », souligne Serge Merlier, directeur de PSA Peugeot Citroën à Valenciennes et président de l'Aria, l'Association régionale de l'industrie automobile, qui vient de transférer ses bureaux en plein coeur de Valenciennes. Et de citer Bridgestone France, Faurecia, Tanis (joint-venture entre le français Trèves et l'italien Antolin), Valeo et Visteon.

Opérationnelle depuis mi-2002 près de Cambrai, l'usine de Tanis, spécialisée dans les pièces plastiques d'habillage intérieur, a réalisé 14 900 000 pièces injectées en 2004, essentiellement des panneaux de portes et faux planchers destinés aux Scenic et Megane assemblés à Renault Douai et au modèle 1 007, le petit monospace de Peugeot. Elle a également été retenue pour fabriquer les rangements du plafonnier pour le prochain utilitaire qui sera produit par Sevelnord.

Des lacunes à combler dans la recherche

Ce projet devrait d'ailleurs donner des opportunités de développement à d'autres équipementiers. C'est sans doute l'une des raisons qui a poussé la Communauté d'agglomération de la Porte-du-Hainaut à lancer l'aménagement d'un parc d'activités de 43 hectares aux portes de l'usine Sevelnord. D'un montant de 14 millions d'euros, il vise à créer, d'ici à la fin de 2005, une zone « fournisseurs » pour l'accueil d'équipementiers et sous-traitants de l'automobile. Près de Renault Maubeuge, où est assemblée la Kangoo, la construction des premiers bâtiments de la ZIF (zone industrielle fournisseurs) est en phase d'achèvement. Ainsi, à la fin du mois prochain, 6 000 mètres carrés de bureaux et d'ateliers seront livrés à deux industriels, dont les noms ne sont pas encore divulgués. Financée par la CCI de l'arrondissement d'Avesnes, la Communauté d'agglomération de Maubeuge Val de Sambre, l'Etat et l'Union européenne, la construction de ce parc nécessitera à terme un investissement de 10 millions d'euros, dès lors que la troisième phase sera achevée courant 2007.

Un document publié en novembre 2004 par le Conseil économique et social régional souligne toutefois que « l'activité automobile est l'un des moteurs de l'industrie régionale et représente une puissance industrielle indéniable », mais aussi qu'elle souffre « de lacunes en recherche et de l'absence de centres de décision ». Deux handicaps à relever au risque de voir, à moyen terme, se délocaliser certaines productions, en particulier des unités de montage.

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