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L'Usine Agro

"Un plan national pour l’agroalimentaire au printemps"

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Entretien A quelques jours de l’ouverture du Salon international des industries agroalimentaires (Sial - 21-25 octobre) à Paris, le ministre délégué Guillaume Garot détaille les grandes lignes de son action pour redonner de la compétitivité à l’agroalimentaire français.

Un plan national pour l’agroalimentaire au printemps © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

L'Usine Nouvelle - L’industrie agroalimentaire française est-elle en danger comme celles de la pharmacie ou de l’automobile ?
Guillaume Garot - L’agroalimentaire est le premier secteur industriel rapporté au PIB, avec 500 000 emplois et une contribution positive à la balance commerciale de plus de 8 milliards d’euros voire 11 milliards si l’on ajoute les céréales. Nous avons des atouts comme les vins et spiritueux ou le lait, mais aussi des secteurs fragilisés comme la volaille.

Nous importons 40 % des poulets que nous consommons aujourd’hui. Notre filière s’est fait tailler des croupières depuis dix ans par nos amis allemands notamment. La situation dans le porc est aussi inquiétante. Je me bats pour qu’il n’y ait pas de Doux dans le porc, pour que le secteur génère davantage de valeur ajoutée tout au long de la filière. Cela suppose de nouveaux outils.

Lesquels ?
Il faut porter massivement les efforts sur la recherche et développement. Quand l’industrie consacre en moyenne 1,3 % de son chiffre d’affaires à la R&D, l’agroalimentaire est à 0,7 %. Doux est un exemple frappant du retard d’investissements industriels. Nous avons décidé cet été d’élargir le crédit impôt recherche aux petites PME qui ne pouvaient pas en bénéficier jusqu’à présent

Pour permettre aux entreprises d’accéder aux financements, nous lançons la Banque publique d’investissements (BPI). Il y aura une entrée pour la filière agroalimentaire afin de permettre aux entreprises de bénéficier de fonds spécifiques, dont le montant est aujourd’hui à l’arbitrage.

Et à l’export ?
L’agroalimentaire doit savoir se vendre et développer une stratégie de conquête. Nous avons deux agences, Ubifrance et la Sopexa, qui font un très bon travail mais qui doivent mieux se coordonner. Il faut de la clarté et un seul drapeau France à l’international. Il faut partir aussi des territoires pour construire des parcours d’accompagnement à la carte pour chaque entreprise. Je suis en train de nommer des référents en agroalimentaire dans chaque région dans le cadre des Rencontres régionales de l’agroalimentaire que nous avons lancées fin septembre.


"Nous allons définir une première zone de conquête
à l'export en 2013, vraisemblablement l'Asie"

 

Nous allons définir une première zone de conquête en 2013, vraisemblablement l’Asie. On va déterminer une stratégie par zone, par filière et même par produit. Le foie gras est un bon exemple. Au Japon, les entreprises françaises l’ont d’abord travaillé à la mode japonaise avec un agrume, le yuzu. Aujourd’hui, les Japonais commencent à l’apprécier aussi à la mode française. Dès janvier, je partirai en mission commerciale avec plusieurs fleurons industriels de la gastronomie française.

Quand allez-vous annoncer des mesures pour restaurer la compétitivité du secteur ?
Je souhaite que l’on débouche au début du printemps sur un plan d’actions national, assorti de mesures sur l’emploi, l’export, la recherche et l’investissement. Il y aura une traduction législative dans la loi d'avenir sur l'agriculture, l'agroalimentaire et la forêt prévue pour 2013, une traduction réglementaire par décrets et circulaires et une traduction pour les territoires.

Certaines filières pointent les différences de coût du travail, notamment avec l’Allemagne. Que comptez-vous faire ?
Nous attendons les propositions de Louis Gallois. Le Gouvernement prendra ensuite ses responsabilités. Il y a aussi une conférence sociale en ce moment. La question du financement de la protection sociale est liée à celle de la compétitivité. La question se pose dans le pays mais aussi à l’intérieur des frontières de l’Union et en particulier avec l’Allemagne. Stéphane Le Foll porte d’ailleurs le sujet des contrats de prestation à Bruxelles.

Faut-il réviser la Loi de Modernisation de l’Economie (LME), comme de nombreux industriels le réclament ?
Il faut retrouver un équilibre pour mieux répartir la valeur ajoutée dans la filière. Avec la LME, le partage s’est fait au détriment des producteurs et des transformateurs. Les méthodes de négociations de la grande distribution sont parfois rudes. Il faut donner des marges de manœuvre aux PME pour investir et créer de l’emploi.

Une révision de la LME est nécessaire pour éviter la fragilisation de notre industrie. Mais il faut protéger le pouvoir d’achat des consommateurs et ne pas revenir à une spirale inflationniste. Toutes les hypothèses sont ouvertes.


"Une révision de la LME est nécessaire pour éviter la fragilisation de notre industrie"

 

Nous allons aussi remettre sur la table l’accord du 3 mai 2011 qui déclenche de nouvelles négociations entre industriels et distributeurs en cas de flambée des matières premières. Il n’est pas satisfaisant, car incomplet. Il ne fixe aucun terme à la négociation. Une réunion aura lieu le 21 novembre avec les acteurs de la filière. Nous souhaitons déboucher au printemps 2013.

Que vous inspire la gestion du dossier Doux ?
C’est un dossier que je suis quotidiennement depuis mon arrivée. Nous n’avons hélas pas pu anticiper les choses. Le dépôt de bilan est intervenu juste après notre arrivée au pouvoir. Nous n’avons pu que traiter l’urgence sociale et trouver des solutions au cas par cas. Je crois qu’il faut réarmer l’Etat pour être dans une médiation active.

L’Etat a la responsabilité d’être à l’initiative d’une stratégie de filière, autour de questions comme la façon de traiter l’entrée de gamme, les filières de qualité, la valeur ajoutée, la stratégie à l’export. Il faut orienter l’offre en fonction de la demande des consommateurs et non l’inverse. Dans le porc, je réunis avec Stéphane Le Foll les acteurs de la filière le 30 octobre, précisément pour ne pas connaître ce que nous connaissons sur la volaille.

Le dossier Fralib est au point mort. Faut-il qu’une loi interdise la fermeture d’usines rentables ?
Les Français ne comprennent plus qu’un groupe qui fait des profits ferme un site rentable, et n’ait aucune obligation vis-à-vis des salariés et du territoire. Il y a quelque chose de scandaleux. Il faut redonner des règles. Dans les hypothèses sur lesquelles nous travaillons, il y a l’obligation qui pourrait être donnée à une entreprise de trouver un repreneur. Rien n’est décidé pour l’instant.

Propos recueillis par Thibaut de Jaegher, Adrien Cahuzac et Patrick Déniel

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