Un plan automobile peu efficace pour les équipementiers

Arnaud Montebourg veut "muscler la filière automobile française". C’est du moins les termes qu’il a employés mercredi 25 juillet, à l’occasion de la présentation de son plan de soutien à la filière automobile. Mais les mesures annoncées ne semblent pas faire l’unanimité chez les équipementiers et les sous-traitants.

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Un plan automobile peu efficace pour les équipementiers

Bien sûr, on ne peut que saluer les efforts financiers consentis par le gouvernement auprès des équipementiers. Outre les 350 millions d’euros mis à disposition par Oséo, le ministre du redressement productif a annoncé qu’une nouvelle enveloppe serait créée au titre de l’aide à la réindustrialisation.

120 millions d’euros seront ainsi distribués aux PME dont les projets visent à maintenir ou créer de l’emploi en France. Mais pour nombre d’industriels, ce ne sont que des mesures de financement comme il en existe déjà beaucoup…

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Des mesures qui alourdissent le système

Aujourd’hui, si les patrons de PME hésitent à faire appel à ce type d’aides publiques, c’est principalement en raison de la complexité des démarches. Pourtant, au-delà des discours du ministre, aucune mesure annoncée ne va concrètement dans le sens d’une simplification.

"Si des mesures trop complexes, trop lourdes, trop franco-françaises sont prises, elles risquent de décourager les entreprises étrangères, qui représentent pourtant 60 % de l’activité des équipementiers en France", avertit Arnaud de David-Beauregard, vice-président de la Fédération des industries des équipements pour véhicules (FIEV) en charge des opérations.

Le second frein au recours au financement public par les patrons de PME, c’est la peur de perdre le contrôle de leur entreprise. Or Arnaud Montebourg a insisté sur le fait qu’il demanderait davantage de contreparties aux entreprises aidées.

Pour Luc Schwab, directeur général de l’équipementier alsacien Sogefi, ce n’est pas une preuve de confiance envers les industriels qu’envoie le ministre. "En France tout est compliqué et il faut sans cesse se justifier, alors que chez nos voisins anglais ou allemands ce sont les collectivités qui viennent demander aux industriels de quoi ils ont besoin pour travailler dans de bonnes conditions".

Le made in France, un modèle difficile à tenir

Avec cette nouvelle aide à la réindustrialisation, le gouvernement veut inciter les sous-traitants à maintenir et à créer de l’emploi en France. Mais si cette mesure peut plaire aux plus petites PME, elle n’est pas vraiment du goût des équipementiers.

Pour eux, la pérennité de l’activité passe impérativement par un développement à l’international. "Le gouvernement fait le choix de la localisation alors qu’il faut surtout aider les PME à s’étendre", explique Olivier Martel, responsable grands comptes chez le plasturgiste Simoldes. "Dans notre métier d’équipementier, l’internationalisation est nécessaire si on veut pouvoir maintenir en France les productions à forte valeur ajoutée."

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