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Un oeil sur le monde : Quand Ganesh débranche

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L'électricité est unprérequis au dynamisme de l'économie indienne,avec une demande quibondit de 6 à 8 % par an.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Bien que le dieu Ganesh soit parfois bleu, la fée électricité ne figure pas au panthéon hindou. De toute façon, lors du black-out qui a frappé l'Inde fin juillet, chacun de Delhi à Kolkata savait que cette panne n'avait rien à voir avec la cosmogonie, mais tout avec l'impéritie des hommes et de leur gouvernement. Dans un pays que John Galbraith qualifia « d'anarchie qui fonctionne », le secteur électrique ne suit pas ce théorème. La panne qui a touché 650 millions de personnes symbolise même les dysfonctionnements du pays en matière d'infrastructures. En Inde, un quart de la population n'a pas accès à l'électricité. Pour les autres, ménages ou entreprises, les délestages font partie du quotidien, faisant la fortune des vendeurs d'onduleurs et autres générateurs. Ainsi, si le blackout a désorganisé la circulation ou le réseau ferroviaire, les géants de l'outsourcing tels Wipro ou Infosys se sont gaussés d'avoir assuré une totale continuité de service. Et pour cause. Leurs centres disposent tous de moyens de génération. Dans certaines villes, il y a même un jour sans électricité garantie ! Pourtant, le gouvernement Singh le sait : l'électricité est un prérequis au dynamisme de l'économie avec une demande qui bondit de 6 à 8% par an. Las ! De multiples rapports décrivent l'accumulation de problèmes : capacités insuffisantes, réseau sous-dimensionné, défauts de raccordement, sans compter une qualité de courant exécrable et une gestion calamiteuse. Ainsi, la panne de l'été a été amplifiée quand certains dispatcheurs n'ont pas pris au sérieux les alertes ! Côté génération, pour une base installée de 205 GW, McKinsey estime les besoins additionnels à 20 à 40 GW par an. Mais depuis dix ans la moyenne n'a été que de 4 GW. En cause, les vieux maux indiens : droit foncier flou, bureaucratie, rivalités politiques, corruption... Résultat ? En Chine, bâtir une centrale prend deux ans contre six en Inde. Le secteur a été en partie privatisé en 2003, provoquant la ruée des Maharadjah du business tels Tata, Reliance ou Birla. Mais la situation n'a guère changé. Les tarifs, administrés, sont trop bas et nombre d'électriciens produisent à perte. Le comble ? Dans un pays gorgé de charbon, ces opérateurs n'en trouvent pas à bon prix. L'attribution douteuse de licences charbonnières fait même l'objet en ce moment du plus gros scandale qu'ait connu l'Inde (le « Coalgate »), faisant vaciller le Parti du Congrès au pouvoir. Un black-out peut en dire beaucoup sur la gouvernance d'un pays.

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