Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Un océan de détermination au service de l'éco-innovation : le portrait de Catherine Chabaud

,

Publié le

Port droit, poignée ferme, regard clair, sous le discours pointe la passion. Mais qu'est-ce qui peut bien animer cette journaliste-navigatrice à se frotter au monde de l'industrie avec l'innovation pour pavillon ? Gabriel Artero, président de la CFE-CGC Métallurgie, dresse aujourd'hui le portrait de Catherine Chabaud, qui développe un "voilier du futur" écologique.

Un océan de détermination au service de l'éco-innovation : le portrait de Catherine Chabaud © Philippe Schaff

Les entreprises citées

Quand un jour, Anne Lauvergeon, présidente de la Commission Innovation 2030, présenta les sept projets d'avenir au Conseil économique, social et environnemental, Catherine Chabaud, conseillère comme moi au sein de cette instance, lui témoigna des difficultés à coordonner et mobiliser les moyens de financement au service d'un projet de développement de voilier du futur par une "grappe" de PME-PMI, pôles de compétitivité et autres labos de recherche, elle attisa ma curiosité et je me décidai... Ma curiosité fut satisfaite ! Autour d'un café, elle se livra ...un peu. Car à ses yeux ce qui compte avant tout, ce sont les causes qu'elle défend, avec conviction. 

Si elle grandit en région parisienne, c’est son père, marseillais, féru de plongée, qui l'emmena toute gamine à la découverte des trésors de la vie sous-marine. Des poissons, il n'y en avait déjà plus beaucoup en Méditerranée. Alors, pour assouvir cette passion, la famille choisit la Bretagne pour ses vacances. Contrairement à ce que chanta Renaud, la mer prend la femme ...aussi, et elle prit Catherine, peut-être même un vendredi.  Naturellement elle y fit ses gammes de "voileuse", mais il fallait être sacrément gonflée, dans ce milieu essentiellement masculin, pour arpenter les pontons à 17 ans et chercher l'embarquement pour le grand large. 

Aventurière

De 1991 à 2002 dans la course au large, des horizons elle en a vu, avalé des milles, gouté aux alizés, surfé les dépressions, vécu des émotions. Des pleurs de joie ou de douleur, de cette vie de navigatrice au long cours, elle en a eues. Excusez du peu : première femme à avoir bouclé le Vendée Globe (1996 et 2000), quatorze transats au compteur, bref la mer c'est son deuxième élément, au point d'avoir le mal de terre à chaque retour.  

Comme son père, elle aurait pû être ingénieur. Mais, au-delà des bateaux et de la grande bleue, Catherine aime raconter, témoigner. Alors elle sera journaliste, un métier "navigateur-compatible". Consultante sur Europe 2 (aujourd'hui Virgin Radio), chroniqueuse à Europe 1, rédactrice en chef de la Revue Thalassa, sans parler de plusieurs ouvrages sur ses aventures, sur les femmes de mer et sur la préservation des océans, bref une carrière de journaliste bien remplie. Et déjà un autre versant de sa vie, poser le sac pour donner la vie.

Aujourd'hui c'est navigation plaisir en famille, avec les amis. Aventurière plus que compétitrice, "Moitessier" plus que "Gabart", Catherine vit de défis, avec pour devise : "à force de persévérer, on finit par y arriver". 

Quand on aime la mer on ne peut pas rester indifférent aux "continents flottants" de détritus qui la jonchent, à sa surexploitation, à son acidification. Elle est un éco-système fragile, indispensable à notre vie à tous. La mer ne peut pas tout absorber, tout digérer, impunément, à l'infini. Pour contribuer à sa manière, sensibiliser, démontrer que l'on peut faire autrement, naviguer utile, Catherine se lance un nouveau défi : l'éco-innovation par le co-pilotage du "Voilier du Futur".

Visionnaire

Des rêves et des projets, il y en a plein les cartons, les tiroirs. Qui veut recycler l'eau, les déchets, les matériaux, et même les bateaux. En innovant par l'utilisation de fibres naturelles comme le lin, le chanvre, ou encore la pomme de terre. Oui oui ! de la patate comme possible polymère. Quant à l'énergie, elle est là avec le vent et le soleil à disposition, à condition pour être autonome, de savoir la transformer et la stocker. Des batteries entièrement recyclables ? Le challenge reste à relever.

Dans la filière nautique qu'elle connaît bien - elle en a déjà construit des bateaux - le remue-méninges est en marche. Chacun possède sa brique, mais les faire se rencontrer pour les assembler, les lier et construire ainsi un bateau de plaisance laboratoire qui réduirait son impact sur l'environnement, constitue le défi. C'est celui qu'elle s'est lancé avec son partenaire dans ce projet, Julian Stone. Et de la ténacité, il en faut pour que tous ceux qui possèdent un "bout de bateau" comme elle dit, veuillent monter à bord. De la constitution du dossier de l'appel à manifestation d'intérêt jusqu'à l'élaboration des partenariats avec les pôles de compétitivité, les Régions littorales ou bien encore l'État, Catherine ne ménage pas sa peine pour faire valoir ce "voilier démonstrateur". C'est sa marque de fabrique : ne pas se laisser abattre, persévérer, tirer les bords inlassablement pour convaincre chercheurs, designers, ingénieurs, industriels, partenaires financiers, sponsors et mécènes.

"Quand sous une déferlante ton voilier se couche et que même avec le harnais tu te cramponnes au mât en te demandant si tu seras toujours en vie quand celui-ci se redressera forge le caractère et la persévérance". Et du caractère, elle en a Catherine. Si les finances ne suffisent pas, qu'à cela ne tienne ! Elle met son image au service de la cause sur son blog pour une démarche "levée de fonds" type crowdfunding. Catherine dit les choses. Des choses, il en reste encore à faire et financer, comme la voile qui sera probablement rigide, une aile. Et la voilà en train de lorgner du côté de l'industrie aéronautique, car du savoir-faire sur les ailes il y en a dans cette industrie.

Du côté aussi des énergéticiens, ceux qui vont produire de l’énergie en mer ou développent les batteries du futur ! Les innovations auront des retombées dans d’autres filières industrielles, pas uniquement dans le nautisme et Catherine ambitionne que ce Voilier du Futur porte plus largement l’ambition d’une industrie résolument engagée dans le développement durable.

Vous êtes industriel, passionné de technologie, amoureux de la mer ou simple curieux. Vous voulez contribuer à l'élaboration et la mise au point d'une nouvelle génération de voiliers 100% éco-innovants. Vous vous sentez l'âme d'un ambassadeur en développement durable maritime. N'hésitez plus ! Allez à sa rencontre, cliquez sur : www.kisskissbankbank.com/voilier-du-futur ou sur www.innovations-bleues.org.

"Parce que c'est toujours par le rêve que les histoires commencent"  vous dira Catherine Chabaud.

Gabriel Artero, président de la CFE-CGC Métallurgie

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle