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L'Usine de l'Energie

"Un nucléaire que l'on saura financer", pour Stéphane Aubarbier d'Assystem

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Pour Stéphane Aubarbier, le vice-président exécutif d’Assystem, un important ingénieriste nucléaire, plus les coûts seront bas et les délais rapides, plus le financement sera facile.

Un nucléaire que l'on saura financer, pour Stéphane Aubarbier d'Assystem
Stephane Aubarbier, president Syntec-Ingenierie de Assystem
© DR

Quel est le bon modèle de réacteur nucléaire pour répondre à la demande mondiale ?

Le critère fondamental est la sûreté. C’est une réalité dans tous les pays du monde. Je ne suis pas sûr qu’il y ait un bon modèle. Le nucléaire de demain, c’est d’abord un nucléaire que l’on saura financer. Plus les coûts seront bas et les délais rapides, plus les capitaux seront faciles à trouver. Le marché n’est pas favorable à l’émergence de nouvelles technologies de réacteurs. Il est plutôt favorable à la construction de réacteurs dont le design est déjà réalisé, ce qui est bon pour l’EPR. Par ailleurs, la maîtrise des coûts passe par la qualité et le bon pilotage de la chaîne de sous-traitants. Ensuite, il faut prendre en compte la question de l’offre. Le nucléaire de demain proposera une gamme plus large qu’aujourd’hui. Il est beaucoup plus facile d’acheter un SMR [small modular reactor, réacteur dont la puissance est inférieure 400?MW, ndlr] qu’un réacteur de 1 400 ou 1 700?MW. Le ticket d’entrée est moins élevé.

Où en est le développement de ces small modular reactors ?

La Chine, la Corée et la Russie travaillent sur ce sujet à des niveaux assez avancés. La France s’y attelle. Il y a un projet en cours auquel participent le CEA, EDF, Areva et DCNS, ainsi que des collaborations franco-britanniques. Il sera nécessaire d’être présent sur les SMR pour demeurer un acteur majeur du nucléaire. Pour l’heure, il n’y a pas de technologies éprouvées. Les seuls modèles sont des réacteurs de recherche ou des réacteurs de propulsion. La compétition est donc ouverte, et la France doit y jouer un rôle.

Les difficultés des chantiers EPR ne ternissent-elles pas l’image de la filière nucléaire française dans le monde ?

Tout d’abord, un changement est en train de s’opérer au niveau mondial. Hier, les filières étaient très nationales, très verticales. Aujourd’hui, elles se croisent, tandis que les grands acteurs travaillent de plus en plus hors de leur marché domestique. Assystem travaille à présent avec les Coréens, les Russes… Nous avons conclu des contrats avec des filières étrangères que nous n’aurions jamais imaginés il y a dix ans. Cela ne veut pas dire pour autant que les filières nationales disparaissent. La vision à l’international de l’industrie nucléaire française reste bonne. Celle-ci est considérée, avec la filière américaine, comme ayant les standards de sûreté les plus élevés. Cependant, deux questions restent posées. D’une part, la capacité de la filière nucléaire à exister, compte tenu d’un soutien de l’État qui n’est pas clair. Dans un contrat nucléaire, on n’achète pas seulement une technologie, on mise également sur un profil d’État capable d’accompagner un projet sur une longue période. D’autre part, EDF, chef de file de la filière tricolore, n’a ni la vocation ni la capacité financière à se positionner sur tous les programmes nucléaires dans le monde. Il est donc fondamental que les acteurs de la supply chain collaborent avec les autres grandes filières nationales pour pouvoir rester compétitifs. Il est aussi important de montrer que les problèmes rencontrés sur les chantiers passés sont désormais réglés. En ce sens, le chantier des deux EPR prévus à Hinkley Point, en Grande-Bretagne, est beaucoup mieux préparé que ne l’a été celui de Flamanville (Manche). ??

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