Un rapport parlementaire s'attaque à la malbouffe et contrarie les industriels

Des parlementaires ont présenté mercredi 26 septembre un nouveau rapport sur l'alimentation industrielle. Au menu de leurs préconisations : réduction du sel et des additifs dans les produits transformés, éducation au "bien manger" et meilleur accès pour tous à une nourriture saine. Et obligation du logo Nutri-Score pour tous les industriels. Les industriels font la tête.

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Un rapport parlementaire s'attaque à la malbouffe et contrarie les industriels
Un rapport parlementaire propose une réglementation plus stricte pour les aliments industriels

Les députés s’attaquent à la malbouffe. Fruit de six mois d’enquêtes, un rapport parlementaire sur l’alimentation industrielle a été présenté mercredi 26 septembre à l’Assemblée Nationale. Ce document se divise en plusieurs axes, comme la fabrication des produits, l’éducation au "bien manger", et l’accès à une nourriture saine.

Le rapport suggère une réduction drastique du nombre d’additifs utilisés dans la conception des aliments transformés. Actuellement, on en compte 338 autorisés. D’ici 2025, il ne devra plus y en avoir que 48, dont seulement quatre d’origine chimique. La réglementation deviendrait la même que pour les aliments bios, pour lesquels un seul additif par catégorie (colorant, conservateur…) est autorisé. Le taux de résidus et de contaminants dans les aliments et les emballages serait réduit, et le "cracking" (fragmenter les aliments pour pouvoir les recombiner) interdit.

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Réduction également du sel (5 grammes par jour), du sucre (25 grammes par jour) et des acides gras (2,2 grammes par jour) dans les produits afin d'atteindre les seuils recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Actuellement, les Français consomment en moyenne entre 10 et 12 grammes de sel par jour. Il est par exemple nécessaire de fixer la teneur maximale en sel pour les produits de panification à 18 grammes par kilo de farine. D’ici trois ans, ce plafond descendra à 16 grammes. Le non-respect de ces règles entraînera des sanctions financières.

Lancé fin 2017 par le gouvernement, le logo Nutri-Score serait rendu obligatoire. Actuellement facultatif et seulement utilisé par les industriels volontaires, cet étiquetage classe les produits transformés en France selon leur qualité nutritionnelle. Une partie des acteurs de l’agroalimentaire s’étaient déjà opposés à sa mise en place.

La qualité des repas servis dans la restauration collective à améliorer

L’éducation à l’alimentation devrait être rendue obligatoire dès l’âge de trois ans, préconise le rapport, et au plus tard dans l’année scolaire 2019-2020. La qualité des repas servis dans les cantines scolaires serait améliorée, avec l’instauration de commissions des menus faisant participer les parents et les élèves. Toute publicité alimentaire à destination des enfants serait également interdite.

Pour permettre aux familles défavorisées de consommer plus facilement des fruits et légumes frais, une allocation sous forme de coupons pourrait être délivrée par les caisses d’allocations familiales (CAF). Le milieu de la recherche publique serait également sollicité pour évaluer les effets sanitaires de l’alimentation industrielle.

Afin de garantir l’encadrement et le suivi de toutes ces mesures, plus de moyens devraient être alloués à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et à la Direction générale de l’alimentation (DGAL), réclament les Parlementaires. Un secrétariat général à l’alimentation pourrait également être crée.

"Un procès en règle de l’alimentation industrielle"

Dans un communiqué, l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) a salué les propositions pour une meilleure éducation à l’alimentation, et pour l'amélioration de la qualité des repas servis en restauration collective. Cependant, elle "s’étonne de la tonalité globale de ces propositions qui font le procès des industries alimentaires" et rappelle que depuis 10 ans, "d’importants efforts ont été menés pour réduire les teneurs en sel (-20% au global), en sucres (-30%), en matières grasses, quand cela est pertinent".

Richard Girardot, son président, dénonce "un procès en règle de l’alimentation industrielle" et des "attaques caricaturales".

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