Un nouveau prétendant pour Norilsk

Alisher Usmanov, le patron de Metalloinvest, s'invite à la bataille pour le nickel russe.

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Un nouveau prétendant pour Norilsk
Norilsk Nickel, le géant russe du métal du diable, a confirmé le 20 février avoir reçu la veille une demande préliminaire d'une banque d'investissement concernant une transaction avec un tiers. Son conseil d'administration a ensuite demandé à la direction du groupe de l'étudier. Selon la presse russe, Dresdner Kleinwort aurait demandé à Norilsk d'étudier un accord avec le groupe sidérurgique russe Gazmetall contrôlé par Alicher Usmanov. Une proposition qui devrait être étudiée lors du prochain conseil d'administration du groupe prévu pour le 29 février et qui a été confirmé par Andrei Klishas, son président.

Les responsables de l'aluminier UC Rusal, qui doit finaliser avant la fin du trimestre le rachat de 25% des actions de Norilsk plus une, ont refusé de commenter cette annonce. La vente des parts détenues par Mikhaïl Prokhorov à l'entreprise contrôlée par un autre oligarque, Oleg Deripaska, était considérée comme la première étape d'une fusion entre l'aluminier et la société nickélifère. L'irruption d'Usmanov constitue une alternative pour Vladimir Potanin, l'autre grand actionnaire de Norilsk.

Gazmetall, dont les actifs sont gérés par Metalloinvest, possède les plus importantes mines de fer russes ainsi que les aciéristes Oskol et Ural. En 2007, leur production globale était de 5,5 millions (Mt) de tonnes d'acier et de 41 Mt de minerai de fer. Société non cotée, Metalloinvest a une valeur comprise entre 15 et 20 milliards de dollars, estime la société financière russe Uralsib. La fusion des deux groupes créerait donc un ensemble de 70 milliards de dollars, équivalent à une fusion Norilsk-Rusal. Toutefois, note Uralsib, il ne s'agirait pas d'un mariage entre égaux. Pour 2008, il prévoit un Ebitda de 10 milliards de dollars pour Norilsk alors que ceux de Rusal et de Metalloinvest se situeraient respectivement entre 5,5 et 6 milliards pour le premier et 2,5 et 3 milliards pour le second.

L'intervention d'Usmanov devrait cependant provoquer une appréciation de l'action Norilsk, ce qui placerait Potanin en position plus favorable face à l'offensive de Deripaska. « Potanin veut rendre plus difficile la fusion avec Rusal », souligne Olga Okuneva de Deutsche Bank. « En invitant Gazmetall à la table, il modifie le rapport de force... Il met Rusal sur la défensive », précise l'analyste.

Selon John Helmer de Mineweb, l'opération d'Usmanov ne peut qu'avoir reçu l'aval du Kremlin. Avec une fortune évaluée désormais à 40 milliards de dollars, le double de l'an dernier, Oleg Deripaska ne peut poursuivre son ascension et ses projets sur Norilsk ne pouvaient qu'attirer l'opposition des autorités. Après des échecs d'acquisitions en Ukraine et au Kazakhstan, Usmanov va donc tenter d'adapter le modèle Vale - minerai de fer plus nickel - à la Russie.


Daniel Krajka


A lire aussi dans l'Usine Nouvelle N°3078
du 22 au 28 Novembre 2007
Norilsk p.34 à 38
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