Un nouveau gouvernement est en marche en Inde

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Inde : le nouveau gouvernement est en marche. Le Premier ministre Manmohan Singh, investi vendredi pour un deuxième mandat de cinq ans, son Parti du Congrès (centre-gauche, laïc) donné victorieux aux législatives le 16 mai, a nommé ses principaux ministres. Deux ministères clefs, l'Agriculture et les Chemins de fer, reviennent à des formations régionales alliées au Congrès. Grâce au soutien post-électoral de partis indépendants en effet, l’alliance devrait même avoir 322 députés des 543 de l'Assemblée, contre 159 à la droite hindoue. Une très large majorité absolue. La tâche semble donc plus facile cette fois-ci : le Congrès a réussi à former une coalition stable aux manettes du pays. De quoi éviter les difficultés des 5 années passées, où le parti progressiste a dispersé son énergie pour dompter ses alliés communistes, qui ont claqué la porte l’été dernier.

Mais cela ne lui plus le droit à l’erreur, note The Economist : le déficit budgétaire pourrait dépasser 11% du PIB cette année. Pour le combler, le gouvernement devra tenter de réduire les subventions au carburant et aux agriculteurs, plutôt que de passer par la solution facile mais coûteuse à long terme de retarder les investissements d’infrastructures. En effet, si l’Inde veut croître de 9% par an, il lui faudra se doter 25GW de puissance électrique supplémentaire chaque année.

Peut-on être ferme face à la Chine ? Après annulation du sommet sino-européen pour cause de visite française au Dalaï lama, le sommet UE-Chine de Prague le 20 mai dernier est venu remettre la relation Chine-Europe sur les rails. Problème : ce sommet semble avoir été rapidement monté, et son agenda est peu clair : changement climatique, crise financière relations économiques... Les européens n’auraient-ils pas intérêt à marquer le coup, face à une Chine aux politiques protectionnistes agressives et peu respectueuses des droits de l’Homme ? Reste qu’il est difficile pour l’UE d’être très ferme avec la Chine. Le déficit commercial de l’UE avec le pays du levant est de 169 milliards d’euros. L’UE semble même poursuivre une politique qui date de 1985, note le chercheur François Godement au micro de BFM : elle aide un pays en développement. Or, contrairement aux Etat-Unis, ce déficit n’est même pas compensé par une arrivée de capitaux. Et la Chine aux frontières commerciales bien fermées se fait même fort d’obtenir le statut d’économie de marché… pour éviter que l’Europe ne lui rétorque des mesures unilatérales anti dumping.

Un plan de relance monétaire… boursier. Le président de Bank of China (BoC), l'une des quatre grandes banques chinoises, a insinué dans le magazine financier Caijing que les nouveaux prêts émis depuis le début de l'année n'étaient pas tous injectés dans l'économie réelle, mais partaient dans la Bourse. Selon lui, la Banque centrale chinoise, qui a bien abreuvé l’économie chinoise de liquidités au plus fort de la crise, restreint désormais le crédit. Et ce en dépit de déclarations toujours en faveur d'une politique monétaire « souple ». C’est que la Chine et l’Inde semblent réaliser une sortie de crise plus rapide que prévu. La croissance cette année pourrait être proche de 8% en Chine. De quoi booster les exportations brésiliennes, alors que les plus grosses économies émergentes dépendent moins de la demande américaine que ce que l’on croit, note the Economist. Reste pour la Chine et l’Inde à relever le pari des infrastructures et de la demande interne, à moyen terme.




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