Un nouveau fonds de capital-risque français dans les maladies rares

La société de gestion française KLS Partners a convaincu la Caisse des Dépôts et le groupe pharmaceutique anglais GSK d’investir dans un fonds dédié à 50% aux maladies rares. Avec un premier tour de table à 44 millions d’euros.

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Un nouveau fonds de capital-risque français dans les maladies rares

Dans les maladies rares, les lancements de fonds se suivent… mais ne se ressemblent pas. Il y a un mois, l’association de patients AFM-Téléthon lançait un fonds d’amorçage de 50 millions d’euros dédié aux biothérapies innovantes. Ce jeudi 20 juin, c’est au tour d’une société de capital-risque spécialisée dans les sciences de la vie, KLS Partners, de créer son véhicule d’investissement dédié à ces maladies qui touchent 7 à 9% de la population mondiale, mais dont 1,5% seulement des patients disposent d’un traitement dédié. Dans les deux cas, un investisseur de poids : CDC Entreprises, filiale de la Caisse des Dépôts et future entité de Bpifrance.

Chercher l’innovation dans les centres académiques européens

Pour le premier closing de 44 millions de "Kurma Biofund II" (qui espère lever 75 millions d’euros d’ici à la fin de l’année), KLS Partners a aussi su s’entourer d’un acteur industriel de premier plan : le laboratoire pharmaceutique anglais GSK, qui apporte 17,5 millions d’euros. Les fonds d’investissement français Idinvest Partners et américain NEA participent aussi au tour de table.

L’objectif du fonds est d’investir dans douze à quinze sociétés, créées idéalement à partir de découvertes réalisées dans de grands centres académiques européens. Un changement de modèle indispensable pour mettre la main sur des "actifs de qualité extraordinaire, et créer les médicaments de demain pour les grandes pathologies difficiles à soigner", estime Thierry Laugel, associé de KLS Partners. Or "lorsque nous avons levé notre premier fonds, cela faisait dix ans que le capital-risque n’allait plus dans les universités !"

Seulement trois à cinq ans avant une cession

Reste que ces investissements seront limités à une durée de trois à cinq ans. Pas toujours compatible, de prime abord, avec le développement de traitements pour des maladies complexes… Pour les gérants de Kurma Biofund II, ce n’est pas un problème. Les maladies rares ne représenteront finalement que 50% de leurs investissements, 20% étant dédiés à de nouvelles solutions diagnostiques (bio-marqueur ou instrumentation) et le solde à du matériel médical.

Et KLS compte aussi sur l’appétit récent de l’industrie pharmaceutique pour les maladies rares pour parvenir à céder rapidement ses sociétés. Car il s’agit d’un des rares domaines thérapeutiques à bénéficier encore d’un environnement réglementaire favorable (avec des autorisations de mise sur le marché accélérées notamment) et de prix de remboursement très élevés, dans la lignée de la médecine personnalisée. Ce qui explique la création par GSK en 2010 d’une unité dédiée aux maladies rares, suivie par l’américain Pfizer, tandis que Sanofi rachetait pour plus de 15 milliards d’euros en 2011 la société de biotechnologie Genzyme, disposant de plusieurs médicaments orphelins.

Sanofi, le grand absent

Durant ces trois dernières années, KLS avait donc gardé le contact avec GSK, qui s’est montré intéressé par sa capacité à aller chercher des projets académiques et les faire mûrir pour les rendre industrialisables, raconte Rémi Droller, associé de KLS : "notre fonds est le premier fonds thématique dans lequel GSK investit !". Et Sanofi, le leader français, dans tout cela ? "Nous avons un dialogue avec Sanofi, mais je peux vous dire que GSK a été beaucoup plus réactif", répond Thierry Laugel. Peu de chance alors que notre Français participe aux prochains tours de table du fonds : ils devraient se faire avec des partenaires institutionnels "plus traditionnels", et pourquoi pas, quelques industriels non issus du médicament…

Gaëlle Fleitour

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