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L'Usine Auto

Un moteur MCE-5 dans la tête

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Autodidacte, pourvoyeur de solutions technologiques non conventionnelles, Vianney Rabhi se situe dans la ligne des inventeurs qui ont fait de Lyon l'un des trois berceaux de l'automobile en Europe avec Paris et Stuttgart. Son moteur à compression variable

Un moteur MCE-5 dans la tête

« Quand on s'intéresse aux moteurs, la première chose qui saute aux yeux, c'est la médiocrité des rendements, encore aujourd'hui. Très tôt je me suis mis à rêver. Peut-on faire un moteur différent, plus simple, avec des rendements extraordinaires, plus léger, plus petit, plus tout ! Et puis une fois qu'on a fait le tour, on révise ses ambitions à la baisse. Si on arrive à gagner un peu de rendement, c'est déjà pas mal » concède Vianney Rabhi.  Avec seulement un BTS agricole en poche, c'est un authentique autodidacte.

Il passe une partie de son adolescence a compulser les ouvrages techniques sur les moteurs du centre de documentation de son lycée, et à réfléchir aux solutions nouvelles. A vingt-et-un ans, il dépose son premier brevet : un moteur rotatif. Le premier d'une longue série. « J'ai breveté beaucoup de cochonneries » avoue-t-il. En parallèle il crée plusieurs entreprises dans le pré- presse, la vidéo, l'imagerie informatique. « La communication m'intéresse. Elle m'a permis de m'imprégner de problématiques très variées. Cela a été décisif dans le parcours du MCE-5 ». En 1991, il dépose un nouveau brevet, un moteur à compression variable cette fois-ci. « Les contacts que j'avais avec les constructeurs et les motoristes me conseillaient de laisser tomber. Mais par-ci, par-là, quelques-uns trouvaient mes idées intéressantes et m'encourageaient à persévérer ».

Ecole d'humilité. Une très large majorité des solutions avait déjà été étudiée par d'autres. PSA a dénombré en 2000 près de 450 brevets de moteurs à compression variable et plus de 2 500 publications. Mais le MCE-5 est une synthèse de tout les écueils à éviter (Voir encadré). « Entre 91 et 97, j'ai acquis l'idée précise de ce qu'on avait le droit de faire et de ne pas faire. J'ai tellement exclu de solutions, qu'il n'en restait qu'une. Et je me suis dit que s'il fallait breveter un moteur, c'était bien celui-là. Personne n'avait imaginé cette solution avec une crémaillère et une bielle, dotée d'un vérin suiveur. C'était complètement nouveau ».

Il ne suffit pas d'inventer. Encore faut-il le faire savoir, de la bonne manière, avec les bons outils. Vianney Rabhi avait l'avantage de s'être frotté aux problématiques de communication pour d'autres entreprises et a su s'occuper de ses affaires. Il y a les constructeurs, les partenaires technologiques, financiers et institutionnels. Pour monter en notoriété, gagner une image, force est de savoir leur passer des messages clairs. « L'essentiel du travail ce n'est pas l'invention mais son déploiement. L'invention en elle-même correspond à 10% du travail. Dans le cas du moteur MCE-5, c'est beaucoup moins ».

L'entreprise. En 1997, il dépose le brevet du MCE-5 et crée la société éponyme. PSA accepte de tester son moteur. « Ce n'est pas la technologie du MCE-5 qui a convaincu PSA, mais la stratégie de réduction de la charge du cycle de Miller-Atkinson qui accompagnait cette technologie à engrenage et crémaillère, car elle émule véritablement une cylindrée variable avec un taux de compression variable ». La prudence industrielle a voulu que cette nouvelle technologie soit expérimentée avec une stratégie de combustion traditionnelle. Le principe de la cylindrée variable promet encore plus de gain à la combustion et devrait être mise au point à partir de 2009.

Aujourd'hui, le MCE-5 a fait ses preuves au banc d'essai. Il a mis en évidence son potentiel et a démontré qu'il pouvait passer le cap de l'industrialisation. Tous les composants ne sont pas aboutis, mais le cap de la recherche est franchi, celui de son développement a commencé. Le travail de l'inventeur n'est pour autant par terminé. Pour l'écrasante majorité des problèmes qui se présentent, Vianney Rabhi continue d'apporter des solutions bien souvent simplificatrices. « J'ai une tournure d'esprit singulière. Quand il y a quelque chose à imaginer, on vient me voir, et j'arrive à trouver la meilleure solution. Elle n'est pas forcément académique, mais c'est là qu'est ma valeur ajoutée ».

Fin 2008, un constructeur et une quinzaine de partenaires devraient s'engager pour mener un travail collaboratif qui conduira d'ici 2012 le MCE-5 aux premiers véhicules fabriqués en petites séries. Son comportement sera étudié, testé, amélioré pendant trois ans à l'épreuve de la route. En 2015, le MCE-5 devrait définitivement échapper à son inventeur pour devenir un produit industriel, fabriqué en grandes séries.

Bruno Crozat


MCE-5, le moteur qui réduit vos consommations de carburant

Le MCE-5 est un moteur à taux de compression variable. Une roue dentée à hauteur du piston permet d'abaisser la pression et la température de combustion, et de contrôler le taux de compression. La réduction de la consommation de carburant varie de 20% à 35% selon la puissance du véhicule. En fin de premier semestre 2008, 25 M€ ont déjà été investis pour son développement, 15 M€ supplémentaires seront engagés d'ici fin 2009. La société MCE-5 à Lyon (pdg : Jean-François Roche ; directeur Vianney Rabhi), emploie 20 personnes dont 15 ingénieurs. Elle n'a pas encore gagné le moindre euro. Elle devrait commencer à s'autofinancer en 2010.

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