UN MINI PLAN MACHINE-OUTILHaute-savoiePour sauver Bechet et Wirth et Gruffat, deux leaders français de la machine-outil de décolletage, le Syndicat national du décolletage et le patronat local se mobilisent et tentent de constituer un pôle machine-outil.

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UN MINI PLAN MACHINE-OUTIL

Haute-savoie

Pour sauver Bechet et Wirth et Gruffat, deux leaders français de la machine-outil de décolletage, le Syndicat national du décolletage et le patronat local se mobilisent et tentent de constituer un pôle machine-outil.

Wirth et Gruffat, Bechet, deux des principaux fabricants français de machines-outils de décolletage, seront-ils sauvés par leurs clients? La réponse n'est pas encore claire. Mais ces deux dossiers chauds mobilisent toute la vallée de l'Arve, grand fief du décolletage avec 70% de la production nationale. Entré en 1991 dans le giron du groupe suisse Tornos Bechler, le fabricant de tours de décolletage Wirth et Gruffat avait été placé en redressement judiciaire en janvier 1993. En même temps que l'autre filiale française de Tornos, la société mulhousienne FLD-Manurhin. Ce passage difficile, justifié par la désastreuse conjoncture de la machine-outil, fait perdre à Wirth et Gruffat une centaine de salariés, sur un total de cent soixante-cinqpersonnes. Tornos dépose une offre de reprise, mais le tribunal de commerce d'Annecy rechigne. Le 22 février, coup de théâtre: le tribunal décide un plan de continuation, mais il impose l'entrée dans le capital de Wirth et Gruffat, à hauteur de 33,4%, d'une société baptisée MO74. Principaux actionnaires de MO74: le Syndicat national du décolletage (SNDEC, avec 70% des parts), le patronat indépendant Ain-Savoie-Dauphiné-Jura et des personnes physiques, parmi lesquelles Patrick Franck, P-DG du groupe de décolletage CIFG et membre de la CCI de Haute-Savoie. Autrement dit, une partie de la clientèle du fabricant de machines-outils. "La profession ne pouvait rester simple spectatrice devant les difficultés de deux des derniers fleurons de la machine-outil", plaide Michel Bourguet, secrétaire général du SNDEC. Depuis juillet dernier, en effet, un autre fournisseur local de tours de décolletage, Bechet, est lui aussi en redressement judiciaire, victime d'une division par deux en trois ans de son chiffre d'affaires (30millions de francs en 1990). Pour le Syndicat national du décolletage, comme pour Daniel Mazzuco, P-DG de Bechet, "les deux dossiers Wirth et Bechet sont indissociables".

De vrais "rounds" de négociations se préparent

L'objectif, non dissimulé, serait de créer un pôle machine-outil associant, autour de MO74, le conseil général de Haute-Savoie et la région Rhône-Alpes! Si le conseil général rejette l'idée d'une "participation financière", une société de capital-risque de la région, Rhône-Alpes Création, qui détient 25% de Bechet, étudie le dossier. Car, avec un capital limité à 1million de francs, MO74 n'a pas encore les moyens de ses ambitions. Reste à clarifier les relations avec Tornos, qui, affirme son P-DG, Michel Suchet, n'est "pas intéressé par Bechet, si ce n'est pour des raisons d'image". Il reste encore près de 5000machines Bechet en service chez les décolleteurs, ce qui représente un fort potentiel de vente de pièces détachées. "Mais comment les membres de MO74 peuvent-ils se présenter aujourd'hui comme les sauveurs de Wirth et Gruffat, alors qu'ils n'ont pas, ou si peu, passé de commandes en 1993? ", s'interroge le P-DG suisse, qui ajoute même: "Je n'attends rien d'eux, et il est hors de question que je cède la majorité." Ce qui est pourtant, selon Michel Bourguet, le but de MO74. La coopération entre actionnaires n'est donc pas des plus fructueuse. De vrais "rounds" de négociations se préparent pour les prochaines semaines. Réconciliation ou rupture? Tout reste possible entre ces actionnaires décidément bien curieux...





le poids des dÉcolleteurs haut-savoyards

Avec 12000 emplois, environ 600entreprises et 6milliards de francs de chiffre d'affaires, le décolletage haut-savoyard représente 70% du potentiel national du secteur. Il fournit en premier lieu l'automobile (30% des débouchés) et l'électronique (11%). Outre la diversification vers d'autres secteurs, comme la plasturgie et le médical, les entreprises du décolletage ont entamé depuis ces deux dernières années un processus de concentration, comme l'atteste la constitution, en 1993, du groupe Eurodec, né du rapprochement des groupes Ballofet et IFI, qui contrôle Dapta. La conjoncture? " Actuellement, on parle beaucoup de frémissement. C'est vrai que l'on voit le bout du tunnel, répond Bernard Strapazzan, le président du SNDEC. Même si cette vision est à très court terme et si nous avons un gros problème de prix face aux concurrents ouest-européens, mais surtout asiatiques et est-européens."

USINE NOUVELLE - N°2449 -

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