Un milliard de plus fléché vers l'innovation, est-ce suffisant ?

Fleur Pellerin a choisi la cérémonie de remise des trophées de l'innovation de l'iNPI pour présenter sa stratégie en matière d'innovation. Le cumul des investissements annoncés porte à environ 1 milliard d'euros l'effort du gouvernement.

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Un milliard de plus fléché vers l'innovation, est-ce suffisant ?

Résumons. 100 millions d'euros issus du programme d'investissements d'avenir (grand emprunt) affectés à un programme d'industrialisation des projets développés dans les pôles de compétitivité ; 150 millions d'euros pour un programme de soutien aux innovations de ruptures (dans l'énergie - notamment les énergies renouvelables -, le numérique, la santé, etc) dont la Banque Publique d'Investissement sera l'opérateur ; 300 millions d'euros de prêts bonifiés (les prêts numériques) accordés aux PME qui investissent dans les technologies numériques de production ; 2% de la commande publique consacrée à l'innovation, soit entre 500 millions et un milliards d'euros de chiffre d'affaires... C'est donc un fléchage de plus d'un milliard d'euros que Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, à l'innovation et à l'économie numérique, a annoncé mardi 22 janvier à l'association de la remise des Trophées de l'innovation de l'INPI. Elle reprenait ainsi une partie des annonces faites quelques jours plus tôt par Jean-Marc Ayrault, qui avait détaillé la réorientation de 2,2 milliards d'euros du programme d'investissements d'avenir.

Ces moyens sont-ils à la mesure des ambitions affichées ? Certes, ces annonces viennent s'ajouter à d'autres, comme la garantie de stabilité sur 5 ans du crédit impôt recherche (environ 5 milliards par an), la création d'un crédit d'impôt innovation pour les PME, le maintien du statut jeune entreprise innovation, la relance pour six ans des pôles de compétitivité ou encore la création de plates-formes territoriales de diffusion technologique à Bordeaux, Toulouse et Nantes, dans lesquelles les grands organismes de recherche français ouvriront leur portefeuille de brevets aux PME. Fleur Pellerin annonce aussi un renforcement de France Brevet, qui devrait créer une place des marchés, le soutien renouvelé aux Instituts Carnot et au design (sans plus de précision). Ces annonces correspondent-elles vraiment à la politique affichée ?

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Dans l'ambition pour l'innovation, que Fleur Pellerin a présenté et qu'elle a déclaré partager avec Arnaud Montebourg, pointe trois idées. La première c'est que le rôle de l'Etat ne doit pas se limiter au seul soutien à la recherche et développement, mais aller jusqu'à la mise sur le marché. C'est donc l'entreprise qu'il faut aider.

La deuxième idée, c'est qu'il faut rompre avec une vision séquentielle de l'innovation, « dans laquelle on donne beaucoup d'argent à un acteur pour développer une technologie puis on tente de la "pousser" vers un marché. » Cela ne marche pas plus, selon la ministre. Pas plus que les politiques purement transverses, ne prenant pas en compte les spécificités des filières. En résumé, il faut miser massivement sur quelques grandes familles d'innovation de rupture pour faire émerger de nouveaux champions internationaux.

La troisième idée, c'est qu'il faut faire rimer innovation et solidarité. C'est valable pour l'Etat, mais surtout pour les grands groupes vis à vis des PME.

Les dernières annonces sont clairement en phase avec la première idée et un peu avec la troisième. En revanche, pour la deuxième - rompre avec une vision séquentielle de l'innovation-, 150 millions d'euros cela risque d'être un peu court, surtout lorsque l'on se réfère au politiques américaine, chinoise, voire coréenne (même si la ministre n'a pas cité cette dernière). Pourtant, pour devenir champion de la robotique de service, la Corée injecte des milliards...

Et certes, le numérique, absent jusque là des discours, est désormais partout. 300 millions supplémentaire de prêts numériques pourraient soutenir la filière (enfin s'ils ne financent pas le développement des acteurs étrangers plus en pointe). Fleur Pellerin veut aussi faire de Paris la capitale européenne du numérique. Mais le numérique est désormais partout. C'est un passage obligé des économies. Les innovations de ruptures sont à l'intérieur. Mais le gouvernement est-il prêt à faire des choix, des vrais ?

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