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Un manga met le feu à Fukushima

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Dans le manga Oishinbo, le scénariste fait dire à l’un de ses personnages qu’il existe des problèmes de santé à Fukushima. Des affirmations qui émeuvent la population locale et font réagir le Premier ministre.

Un manga met le feu à Fukushima

Ce samedi 17 mai, le premier ministre Shinzo Abe a pris la parole pour dénoncer une histoire publiée dans un magazine de mangas. L’hebdomadaire Big Comic Spirits publie chaque semaine la bande-dessinée japonaise Oishinbo qui a pour thème central la cuisine. Dans des épisodes récents, les personnages passent par la province de Fukushima. L’histoire ne fait pas l’impasse sur l’accident nucléaire de la centrale du 11 mars 2011, ni sur les zones évacuées. En particulier, le personnage principal accuse "la compagnie Tepco et le gouvernement de traiter la situation de façon irresponsable". Il affirme aussi que les habitants de la province saignent du nez de manière inexplicable. Des bulles qui ont ému et provoqué la colère des habitants de Fukushima.

"Rumeurs sans fondements"

Shinzo Abe a répliqué : "Il est nécessaire que le pays combatte de toutes ses forces ces rumeurs sans fondement", lance-t-il. Il précise qu’"il n’a été confirmé aucun cas d'atteinte directe à la santé de qui que ce soit à cause des substances radioactives". De son côté, le scénariste du manga, Tetsu Kariya, réplique sur son blog : "J'imaginais bien qu'évoquer ces saignements de nez allait entraîner des protestations, mais je ne pensais pas que cela allait provoquer une tourmente pareille (…) Je ne comprends pas pourquoi lorsque l'on écrit la vérité telle qu'elle est, cela est critiqué". Le magazine japonais a aujourd’hui laissé dix pages à des scientifiques nippons pour réfuter les propos tenus par le personnage principal d’Oishinbo.

La France déjà visée

De manière générale, les habitants de la province n’apprécient pas que de l’humour soit fait autour de l’accident de la Fukushima, alors que les citoyens essaient d’y rétablir la confiance autour des productions locales, en particulier agricoles. La France en a fait les frais. En septembre 2013, le Canard enchaîné avait publié une caricature de sumos avec trois bras et trois jambes. Le gouvernement nippon s’en était ému, protestant auprès de l’ambassade de France. En décembre 2013, lors d’un voyage de presse mené par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), un journaliste d’un quotidien de Fukushima évoquait encore les dessins devant ses homologues français en lançant : "Ne faites pas ça, cela nous rend triste."

Ludovic Dupin

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