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Un management sans état d'âme

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Claire Pedini, la DRH d'Alcatel-Lucent, est depuis un an la directrice de la transformation du groupe. Elle pilote la restructuration visant à relancer l'équipementier télécoms.

Le sourire est chaleureux, le regard perçant, la poignée de main énergique. Sous ses airs avenants, Claire Pedini ne mélange pas travail et sentiments. « Au-delà de l'émotion immédiate qui est parfois forte, si on regarde la situation de l'entreprise de manière rationnelle nous n'avons pas le choix », tranche la DRH, qui dirige la transformation d'Alcatel-Lucent. Repositionnement d'activités, réduction d'effectifs, gel des salaires pour 2009... La restructuration visant à relancer l'équipementier télécoms sur des marchés devenus très compétitifs est profonde. Et dure à accepter pour les 770 000 salariés de l'entreprise. Depuis 2006 - date de la fusion entre Alcatel et l'américain Lucent -, 17 500 postes ont été supprimés dans le monde. En France, 850 suppressions ont été annoncées en juillet dernier.

Depuis son bureau de la rue La Boétie à Paris, le siège du groupe, Claire Pedini, 44 ans, travaille à la transformation de l'équipementier depuis l'arrivée du nouveau patron, Ben Verwaayen, nommé en septembre 2008. Une promotion qu'elle doit autant à son CV qu'à son aplomb. Un trait de caractère qui lui a permis de travailler, à 26 ans, sur l'introduction de Total à la Bourse de New York. « Ce job m'intéresse, est-ce qu'on peut en parler ? », aurait demandé la jeune diplômée d'HEC au trésorier du groupe pétrolier. Elle était alors au contrôle de gestion. Après un passage à la direction de la communication de Total, elle rejoint Alcatel en 1998. Pour y exercer le même type de fonctions avant de faire le grand saut : en 2005 - un an avant la fusion - , on lui propose le poste de DRH suite au départ de Thomas Edig. Elle se fait aider d'un coach extérieur, « parce qu'il y a des choses à apprendre », et prend la tête des DRH régionaux. En 2008, elle est nommée directrice de la transformation.

Une des premières actions du tandem Verwaayen-Pedini sera de faire le ménage dans l'équipe de direction afin de constituer un comité de 14 directeurs qui adhèrent à la nouvelle stratégie. Ses autres chantiers consistent notamment à réfléchir à l'évolution des métiers au sein du groupe. « Nous devons évoluer d'une société d'ingénieurs vers une société tournée vers les solutions et l'intégration. Nos clients opérateurs se transforment, nous devons le faire aussi. » Plus ardu, il s'agit aussi de changer les comportements. « L'organisation était très hiérarchisée, nous la simplifions », glisse-t-elle.

C'est donc en pro de la communication que Claire Pedini s'apprête, comme le reste de l'équipe dirigeante, à faire le tour des sites mondiaux de l'équipementier. « Cette année, nous expliquons pourquoi il faut changer. Nous avons commencé par les 180 cadres dirigeants puis nous allons descendre dans l'organisation. » Pour mener à bien sa mission, elle s'est dotée en juillet d'un bras droit opérationnel en la personne de l'Argentin Victor Agnellini, l'ancien responsable de la division Amérique latine. Ils se sont donnés trois ans pour réussir la mutation du fleuron français des télécoms, très affaibli aujourd'hui. Elle sera à coup sûr vécue douloureusement par les salariés.

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