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L'Usine de l'Energie

Un léger espoir pour Areva de se dégager du bourbier de l'EPR finlandais

Ludovic Dupin ,

Publié le

Alors qu'Areva va encore afficher une année de pertes, le groupe voit des avancées du côté de la Finlande. Sous l'impulsion du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, Français et Finlandais se sont remis autour de la table pour négocier une sortie de crise autour du réacteur nucléaire EPR, en construction à Olkiluoto.

Jeudi 25 février, Areva présentera ses résultats de l’année 2015. Bien sûr, ils ne seront pas bons, les pertes s’établiront entre 1 et 1,5 milliard d’euros. Mais il sera plus important de regarder les plans d’avenir du groupe, étant donné que l’Etat a d’ores et déjà acté la recapitalisation du groupe à hauteur de 5 milliards d'euros, ainsi que la vente à EDF de la branche Areva NP pour une valorisation de 2,5 milliards d’euros.

Mais il y a un nuage sombre au-dessus de la tête du groupe qui pourrait anéantir tous les efforts de redressement : l’EPR en construction en Finlande à Olkiluoto. Tous les  observateurs appellent à régler son cas urgemment… depuis 2010 ! Le chantier initié en 2004 a pris neuf ans de retard. Sa livraison est désormais prévu pour 2018 et Areva a du passer une provision de presque 5 milliards d’euros pour ce chantier. Chaque année, de nouvelles provisions grèvent un peu plus les comptes de l’entreprise. Il y en aura cette année encore.

Emmanuel Macron à la rescousse

La situation est d’autant plus complexe qu’Areva et son client Finlandais sont en contentieux. Fin 2015, Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, avait promis de se rendre en Finlande  pour faire avancer ce dossier. Voyage qu’il n’a pas encore effectué. Le 21 Janvier, le ministre français et son homologue finlandais donnait un mois "aux entreprises et aux actionnaires pour trouver les conditions d'un accord ou d'une voie de sortie".

Force est de constater qu’un mois plus tard, cette voie de sortie n’a pas été trouvée. Ni Areva, ni TVO ne souhaitent commenter l’avancée de ce dossier. Mais de source porche, on apprend que les négociations avancent. Le président d’Areva Philippe Varin, le directeur général Philippe Knoche et Martin Vial, président de l’agence des participations de l’Etat, étaient ce vendredi 19 février à Helsinki pour rencontrer les dirigeants de TVO. C’est la deuxième rencontre du genre.

A défaut d’avoir trouvé une solution, les deux volets à négocier sont désormais clairement identifiés. D’une part, dans le cadre de la grande restructuration du nucléaire français, EDF va reprendre Areva NP, la branche d’Areva en charge de la construction des nouveaux réacteurs. Mais l'électricien a catégoriquement refusé d’être exposé au risque financier du chantier finlandais. pour que l’EPR d’Olkiluoto sorte de l’entité Areva NP, l'entreprise française a demandé l’accord de TVO qui dans un premier temps a catégoriquement refusé. Désormais, les finlandais sont prêts à en discuter.

Trouver un accord à l'amiable

D’autre part, il faut régler le contentieux en cours entre Areva et TVO porté devant la Chambre de commerce internationale. Le consortium Areva-Siemens réclame 3,4 milliards d'euros à TVO. Ce dernier demande, quant à lui, 2,6 milliards d’euros. Cette procédure d’arbitrage court depuis de nombreuses années. A l’occasion ds négociation franco-finlandaise, les négociateurs vont essayer de trouver un arrangement à l’amiable.

Le contrat finlandais négocié en 2003 portait déjà en son sein les difficultés que rencontre Areva aujourd’hui. Outre la complexité de construire une tête de série à l’étranger, "ce contrat comportait au moins deux clauses constituant une bombe à retardement, sans compter, sans doute, une sous-évaluation du prix de vente. D’une part, le délai de réalisation était exagérément bref. D’autre part, les pénalités de retard n’étaient ni limitées dans le temps, ni plafonnées", jugeait en mai dernier Jean Syrota, ex-PDG de Cogema, interrogé par l’Usine Nouvelle.

Ludovic Dupin

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1 commentaire

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01/03/2016 - 14h48 -

En réponse au commentaire de AtomicBoy44 sur l'interview Usine Nouvelle de Jean Syrota, ex-PDG de Cogema, du 28/05/2015:
"Les Russes, les Chinois, les Japonnais (si, si, ça va revenir), les Sud Coréens, les Étasuniens nous ont mis la pattée selon l'expression consacrée."

"mettre la pâtée"... étymologie de l'expression:
"Ce terme s'écrit à l'origine mettre la Patay, en référence à la bataille de Patay, commune près d'Orléans où Jeanne d'Arc battit à plate couture les Anglais, bataille qui fut décisive et permit le couronnement à Reims de Charles VII"
[https://fr.wiktionary.org/wiki/mettre_la_p%C3%A2t%C3%A9e]
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