Quotidien des Usines

Un groupe industriel saoudien reprend Petitjean

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Un groupe industriel saoudien reprend Petitjean © Petitjean

Social. Après deux mois d’attente, les 508 salariés de la société Petitjean à Saint-André-les-Vergers (Aube), sont enfin fixés sur leur avenir.
Mardi, le tribunal de commerce de Troyes, devant lequel elle avait déposé son bilan fin novembre dernier, a retenu l’offre de reprise de cette entreprise, spécialisée dans les mâts pour l’éclairage public et la distribution d’énergie, présentée par le groupe familial saoudien Al-Babtain.
En concurrence avec le groupe allemand Europoles, associé au belge Fontaine Holding, les saoudiens, qui initialement ne prévoyaient la reprise que de 50 % des effectifs, ont, après avoir visité le site, revu leur offre.
« Il est certain que nous étions attentifs à ce que le choix se porte vers le mieux disant social, et souhaitions que le candidat ait une bonne stabilité financière », indique un proche du dossier, qui souligne l’intérêt à ce que les deux offres examinées émanaient d’industriels. « Les salariés craignaient l’arrivée de fonds d’investissement, et ne voulaient pas non plus d’industriels concurrents », précise encore cet interlocuteur qui souhaite conserver l’anonymat.

Le comité d’entreprise, après avoir examiné les deux dossiers en présence, ont donné un avis favorable à celui présenté par Al-Babtain, qui prévoit au final le maintien de 459 emplois. Même si Europoles prévoyait de conserver à peu près autant de salariés, le fait qu’il envisage d’abandonner l’activité de galvanisation à son partenaire belge, a penché en sa défaveur. La stratégie industrielle d’Al-Babtain, qui préserve l’ensemble des activités et projette d’investir 10 millions d’euros sur le site dans les trois ans, dont 7 millions immédiatement (5 dans la galvanisation et 2 dans des machines numériques), a fini d’emporter la décision du tribunal de commerce. D’autant qu’il a apporté 7,5 millions d’euros pour la reprise, soit 2,5 millions de plus que ce que proposaient les Allemands.
« Une différence importante car la trésorerie de Petitjean, très tendue, ne permettait plus d’honorer ses créances immédiates (la dette totale est de plus de 40 millions d’euros) », insiste un proche du dossier.

Créé en 1948, le groupe saoudien, contrôlé par la famille Al-Babtain est présent dans l’automobile, la transformation des métaux, la finance…
Créée en 1946 la société Petitjean, à l’origine familiale a été introduite sur le Second marché de la Bourse de Paris en 1989 et a depuis connu différents actionnaires de référence, notamment, en 1998, le groupe canadien IUSI, qui l’a cédé en 2003 au groupe italien Tecnopali.
Fin novembre, son placement sous administration judiciaire par le tribunal de commerce de Troyes devant lequel elle avait déposé son bilan avait provoqué la stupeur.
Elle n’était plus en mesure d’assurer le paiement des salaires par manque de trésorerie. Une situation difficile qui survenait alors qu’un accord avait été conclu l’été dernier entre l’actionnaire de référence et les banques pour rééchelonner les dettes et assurer le financement d’un investissement dans une nouvelle unité de galvanisation.

Le tribunal a accordé une période d’observation de six mois qui devrait permettre de trouver un nouveau repreneur pour cette entreprise, spécialisée dans la fabrication de candélabres et de mâts qui employait encore 530 salariés.
Mi-décembre, le préfet de l’Aube assurait que ce dossier était suivi au plus haut niveau de l’Etat, d’autant que l’usine est située dans le département d’élection de François Baroin, le ministre de l’Economie et des Finances.

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