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L'Usine Aéro

Un groupe de travail interministériel pour décloisonner la lutte contre la cybercriminalité

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Le ministre de l’Intérieur veut repenser la réponse au phénomène de délinquance sur Internet. Au programme : la coordination des actions des intervenants publics, le renforcement des moyens des cyber investigateurs, et la coopération avec le monde des entreprises. Un groupe de travail interministériel réfléchit sur le sujet.

Un groupe de travail interministériel pour décloisonner la lutte contre la cybercriminalité © FlickR/fondapol

La cybercriminalité devient l’un des terrains de combat de Manuel Valls. Dans son message de clôture du Forum international de la cybersécurité, mardi 29 janvier 2013, à Lille, le ministre de l’Intérieur a insisté sur la nécessité de repenser la lutte contre ce phénomène dont sont victimes à la fois les services publics, les entreprises et les citoyens. "Les menaces, liées à l’essor et au développement d’Internet, qui reste un formidable un espace de libertés, n’ont rien de virtuel. Elles sont bien réelles," assure t-il en citant pêle-mêle les attaques contre  les systèmes d’information, les atteintes aux mineurs, la traite d’êtres humains, l’usurpation d’identité, et la contrefaçon même de médicaments.

Face à une cybercriminalité industrielle...

Le premier flic de France s’inquiète de l’étendue du phénomène : "La criminalité sur Internet est devenue une criminalité industrialisée, bien organisée et mondialisée, avec des entreprises innovantes, des intermédiaires et des fournisseurs de fichiers de coordonnées bancaires. Des données recueillies par des pirates d’un nouveau genre font l’objet d’une économie souterraine avec des réseaux transfrontières. Une vraie e-division du travail se met en place avec des apprentis, des pirates informatiques, et des intermédiaires qui prêtent leur compte aux hyperdélinquents ou encore des individus qui transforment des gains virtuels en argent réels." Pour le ministre, la réponse doit être mieux structurée et coordonnée tant au niveau national qu’aux niveaux européen et international.

...Trop de lois 

Manuel Valls se félicite des progrès accomplis par la gendarmerie et la police. "Mais beaucoup reste à faire pour que la réponse soit à la mesure des menaces", tranche t-il. D’abord sur le plan législatif. Certes, la France dispose d’une législation fournie en la matière. C’est d’ailleurs un problème. "On compte pas moins de cinq textes législatifs différents traitant de la cybercriminalité, sans compter le code pénal. Un travail de simplification et d’harmonisation s’impose."

...Sept organismes publics concernés !

Le ministre veut aussi bousculer l’organisation et les méthodes de travail des services de sécurité. La lutte contre la cybercriminalité mobilise pas moins de sept intervenants différents qui agissement souvent en ordre dispersé: l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC), l’office central de répression des violences aux personnes (OCRVP), la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), la brigade d’enquête sur fraudes liées aux technologies de l’information (BEFTI), la brigade de protection des mineurs (BPM), l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), le service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD). Sans compter les services de douance et de répression des fraudes. "Il faut une action globale et plus cohérente en coordonnant le travail de ces différents intervenants", estime le ministre qui plaide aussi pour une réflexion sur les critères de recrutement et de formation des cyber investigateurs.

... Pas d'indicateur cybercriminalité dans les statistiques de la délinquance...

Face à un phénomène multiforme et en constante évolution, Manuel Valls demande à ses services d’être modernes et d’anticiper les risques, tout en promettant d’équiper les commissariats et gendarmeries de nouveaux logiciels d’enregistrement des plaintes, et de généraliser la plainte en ligne. Deux mesures censées contribuer à mieux quantifier et qualifier les infractions sur Internet. Car pour lutter efficacement contre ce problème, il faut le connaître et le mesurer. C’est pourquoi d’ailleurs le ministre a demandé à l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) la refonte de l’outil de suivi statistique de la délinquance afin d’y inclure un indicateur spécifique à la cybercriminalité.

Mais un groupe de travail interministériel !

Manuel Valls a annoncé aussi le coup d’envoi, en janvier 2013, du groupe de travail interministériel sur la cybercriminalité en coopération avec Fleur Pellerin, ministre déléguée en charge des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique, Christiane Taubira, ministre de la Justice et  Aurélie Filippeti, ministre de la Culture et de la communication. Au menu, quatre axes de réflexion : adaptation de l’arsenal juridique, adaptation de l’organisation en vue d’une mutualisation des actions publiques, adaptation de la stratégie d’enquête et des réponses pénales, et adaptation de de l’action de sensibilisation sur les risques liés à Internet. Les conclusions sont attendues au printemps 2013. Elles serviront de base à la politique de l’Etat en matière de sécurité.

Le ministre a enfin plaidé en faveur du décloisonnement du travail de tous les acteurs impliqués dans ce domaine et invité les services de l’Etat à coopérer davantage avec les collectivités locales mais aussi et surtout avec le monde de l’entreprise. "Il faut faire tomber les frontières absurdes entre le public et le privé sur le sujet", a lancé le ministre. A bon entendeur...

Ridha Loukil

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