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Un grand photographe débute dans les ateliers Renault

Guillaume Dessaix

Publié le

Un grand photographe débute dans les ateliers Renault
Le Déjeuner sur l’herbe,by Renault
© R. Doisneau

Robert embrasse Pierrette et file sur les chapeaux de roue. L’air est bien trop frais pour un mois de mai. Le jeune marié se rend sur l’île Seguin où Renault attend ses talents de photographe. Il chérit son métier et remercie Lucien Chauffard, le chef du service, de l’avoir embauché quatre ans plus tôt. Mais il commence à tourner en rond et s’essaie à d’autres projets. Il sait que ce matin, il essuiera un autre : « Robert, vous êtes encore en retard ! »

Louis Renault a toujours tenu à immortaliser la vie quotidienne de son usine : les machines, la salle des essais des moteurs et la nouvelle organisation fondée sur le travail à la chaîne, les derniers modèles, les événements importants… Une mission opérée par des photographes salariés à plein-temps, dont Robert fait partie. Les baladeurs, comme on les appelle, arpentent les allées. À chaque jour sa mission. Hier, une nouvelle presse, des hélices de ventilateurs, de la tôle. Aujourd’hui, un coupé Celtaquatre à sublimer dans le parc de Saint-Cloud. Demain, un Déjeuner sur l’herbe recomposé pour une réclame. Bientôt, le concours d’élégance annuel, où une belle en grande toilette posera sur un Viva Grand Sport. Robert met en scène ses copains. Serveuses du mess, dactylos, employés du service publicité jouent les modèles pour échapper quelques heures au labeur répété. Les ouvriers, « caïds, seigneurs de l’usine », l’impressionnent. L’apprenti reste à distance, avec pudeur et réserve, demande leur permission. Beaucoup prennent la pose, fiers de leur labeur. Il capture les épisodes de la journée, sur l’ouvrage, dans les vestiaires, à la cantine ou en pause. Ses clichés portent un travail sur la lumière et ses reflets, la composition, où la voiture devient parfois un prétexte dans le cadre, une excuse pour expérimenter, y ajouter sa poésie aussi. Robert apprend son métier et son art.

« Robert, vous êtes en retard ! Une fois de plus. Une fois de trop. Vous êtes licencié mon vieux ! » Le 10 mai 1939, Robert Doisneau quitte l’île Seguin. Avec sa prime de licenciement, il achète son premier Rolleiflex. Et commence à photographier les gens de la rue.

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