Un four supplémentaire pour Regeal Affimet à Compiègne

Le groupe Aurea investit quatre millions d’euros dans un cinquième four dans sa fonderie d’aluminium Regeal Affimet (ex Recovco, ex Alcan, ex Péchiney) de Compiègne (Oise). Cette usine de 84 salariés travaille essentiellement pour le marché automobile.

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Un four supplémentaire pour Regeal Affimet à Compiègne
La fonderie d’aluminium Regeal Affimet de Compiègne (Oise) va bénéficier d’un investissement de de 4 millions d’euros pour un four rotatif supplémentaire.

La fonderie d’aluminium Regeal Affimet installée à Compiègne dans l’Oise, filiale à 100 % du groupe français de recyclage Aurea, va bénéficier d’un investissement de 4 millions d’euros pour un four rotatif supplémentaire. Ce dernier devrait être opérationnel en mars 2016. Regeal Affimet réalise 67 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 50 % à l'export avec 84 salariés.

Ce four qui vient s’ajouter aux quatre autres fours existants - deux dits "rotatifs" et deux dits "à réverbère" - va permettre à Regeal Affimet d’augmenter de 1 500 tonnes par mois sa capacité de livraison de lingots d’aluminium pour une production de 4 000 tonnes par mois aujourd’hui. Cette capacité supplémentaire de production devrait entraîner le recrutement de 20 à 25 salariés. Les deux autres fours rotatifs avaient été installés par le précédent propriétaire RocovCo qui avait repris l’ex site Alcan, autrefois propriété de Péchiney.

Regeal Affimet travaille essentiellement pour l’automobile (96 % de son activité) et ce nouveau four va permettre le développement d’alliages spéciaux de seconde fusion pour la fabrication de culasses, carters et pistons. "Nous travaillons avec tous les constructeurs français et nous constatons que l’automobile reprend des couleurs, explique Philippe Marillaud, directeur général de Regeal Affimet et directeur du pôle métaux & alliages d'Aurea. L’accord d’Aurea pour ce nouveau four va nous permettre de répondre à la forte demande en lingots d’aluminium que nous avons du mal à satisfaire aujourd’hui."

Haute pureté des alliages historiques

Le savoir-faire industriel de Regeal Affimet repose sur le niveau élevé de pureté des alliages historiques fabriqués sur le site (alliages utilisés notamment pour les culasses et blocs moteurs) et sa capacité à élaborer des alliages à faible teneur en fer et en phosphore, ce qui influe sur la structure et la qualité finale des pièces.

Rappels de chimie. L'aluminium pur issu de l'électrolyse de l'alumine (alliages de première fusion) contient très peu de fer. Au fur et à mesure que l'on réutilise l'aluminium (alliages de seconde fusion), il se charge en fer un peu partout dans les moules, les louches de coulée, le mauvais tri, etc. Or plus l'aluminium contient du fer, plus il est dégradé. Le fer se solidifie sous forme d'aiguilles, ce qui provoque des trous dans la pièce de fonderie et fragilise la pièce. En ce qui concerne le phosphore - produit par réaction chimique lors de l’électrolyse de l’alumine - il présente l’inconvénient de modifier la structure des alliages. "D'où l'intérêt, par l'expérience des opérateurs et la maîtrise du process, de réduire la teneur de ces deux éléments - fer et phosphore - dans nos alliages", souligne Philippe Marillaud.

Ce dernier met aussi en avant la capacité du site à travailler avec une grande variété de déchets d’aluminium, la seconde fusion représentant 90 % de sa production.

La fonderie reçoit des crasses, des tournures ou copeaux, des jantes de voiture, des canettes, des profilés (chutes d'installation de vérandas), des déchets issus de démolition (fenêtres, bâtis de porte, portiques autoroute, panneaux de signalisation etc.), des déchets industriels... "Nous sommes les seuls à accepter une telle diversité de déchets à l'achat. Cela nous permet d'avoir une grande variété d'éléments pour élaborer nos alliages et respecter les spécifications de nos clients."

La fonderie travaille avec deux types de fours en fonction de la nature des matières à traiter. Les fours dits "rotatifs" traitent les déchets qui ne peuvent intégrer directement la coulée en lingots d’aluminium. Les fours dits "à réverbère", reliés en direct avec la chaîne de coulée en lingots, reçoivent quant à eux l'aluminium liquide issu des fours rotatifs, ou des matières enfournables directement.

Claire Garnier

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