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Les fablabs en Hauts-de-France, un écosystème en émergence

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Le réseau régional des fablabs s’étoffe, mais chacun s’adresse à des projets différents. Tour d’horizon.

Les fablabs en Hauts-de-France, un écosystème en émergence

Pour l’effet réseau, misez sur les partenariats noués par les fablabs avec leur environnement plutôt que sur leurs liens avec les autres fablabs, quasiment inexistants. C’est que dans les Hauts-de-France, la dynamique émerge tout juste. Pour tous, la question du financement, sinon de la rentabilité, est cruciale. Associations, entreprises, « peu ont trouvé le modèle économique idéal », glisse Laurent Zunquin, le fabmanager du Fablab Côte d’Opale à Calais (Pas-de-Calais). À noter : la Région, que son président Xavier Bertrand veut « pro-business », compte créer une cinquantaine de fablabs à partir du réseau des lycées professionnels. Ça bouge.

La Machinerie, le sens du partage

Au 1bis rue de la Vallée, à Amiens (Somme), les réalisations ornant les murs de La Machinerie donnent une idée des possibilités créatives au sein du fablab amiénois. Moyennant une adhésion d’une quinzaine d’euros, chacun peut venir s’essayer à l’impression 3D, à la robotique, à la découpe numérique… Le tout selon les principes de l’open source, c’est-à-dire de la mise à disposition des logiciels, des plans et des solutions utilisées. Si le lieu se veut un espace de création, sa philosophie est aussi d’assurer une médiation entre cet univers numérique et les publics qui en sont éloignés (seniors, personnes sans qualification…). Des ateliers de sensibilisation sont d’ailleurs proposés au sein du centre, qui héberge aussi un incubateur dédié aux projets relevant de l’économie sociale et solidaire. Créée en 2014, La Machinerie dispose d’un budget de près de 300 000?euros, dont près de 20 % issus de la location des espaces de coworking. Son fablab enregistre environ 1 500 visites par an.

Fablab Lille, le pionnier

Charles-Albert de Medeiros a toujours aimé bricoler, mais ne trouvait pas pertinent d’acheter du matériel pour quelques heures. Inspiré par des séjours en Belgique et aux Pays-Bas, diplômé de Polytech Lille dix ans plus tôt, cet ingénieur a créé le premier fablab du Nord en 2011. Alors implanté à Villeneuve-d’Ascq (Nord), à proximité du siège de Decathlon, le fablab a convaincu les bureaux d’études du groupe. « Ils font souvent appel à leurs fournisseurs, mais pour la réactivité ou la disponibilité d’une machine, il peut être plus simple de passer par nous », explique Charles-Albert de Medeiros. L’essentiel de l’activité du fablab, désormais installé dans un hôtel d’entreprises de Roubaix (Nord), est tourné vers les PME : production de petites séries, pour les objets connectés notamment… Parmi les réalisations en cours, une société de Villeneuve-d’Ascq planche sur un appareil de stimulation des sens pour personnes âgées dépendantes. « Nous travaillons ensemble sur la conception de la partie électronique et la conception de prototypes et de démonstrateurs », explique Charles-Albert de Medeiros. L’ingénieur, seul aux manettes du fablab, dispense aussi des cours d’initiation à Arduino, une plate-forme électronique en open source.

TechShop leroy Merlin, onze ateliers en un

C’est une véritable petite usine que Leroy Merlin a inaugurée en mai?2017 dans un ancien lycée de Lille (Nord), à deux pas du principal incubateur numérique, EuraTechnologies. Une vingtaine de créateurs ont été accompagnés. Parmi eux, Mona Cathelin, la conceptrice de Sublissime, un studio photo transportable destiné aux opérations de merchandising en magasin. L’apport du TechShop ? « Vérifier les hypothèses techniques. Mais notre idée n’était pas la bonne. Ce n’était pas rentable », explique la fondatrice de Sublissime, qui, avec son prototype fonctionnel, a réussi sa levée de fonds. Filiale de Leroy Merlin, le fablab a aussi noué un partenariat avec plusieurs écoles d’ingénieurs du groupe Yncréa à Lille (industrie, électronique, agriculture…). « Nous proposons en quelque sorte une prépa inversée : on part de la pratique, de cas concrets. C’est un nouveau mode d’apprentissage », explique Julien Ignaszewski, le directeur du TechShop lillois, auparavant chargé de la formation des collaborateurs de Leroy Merlin. Manifestement, le dispositif séduit. Sélectionnés sur dossier, les étudiants sont passés de 6 l’an passé à 37 cette année. Avec l’Institut catholique d’arts et métiers de Lille, qui a investi 800 000?euros dans de nouveaux matériels, le TechShop vient de créer une plate-forme créative, avec des équipements complémentaires aux siens. Son parc de machines, réparti dans onze ateliers, représente un investissement de plus de 1 million d’euros. Il dispose par exemple de machines d’impression métal.

Fablab de l’IMT Lille Douai, en appui de l’école d’ingénieurs

Héritière d’une longue tradition de recherche appliquée, l’École des mines de Douai (Nord) disposait depuis les années 1980 de machines de prototypage et de fabrication. Objectif : favoriser la création d’entreprises à partir des travaux des étudiants et enseignants-chercheurs. L’école – devenue IMT Lille Douai après sa fusion avec Télécom Lille – s’est lancée dans l’aventure des fablabs en 2015. « Nous accueillons des scolaires, des associations, des archéologues, du grand public… Ce sang neuf ouvre de nouveaux champs d’activité », témoigne Emmanuel Lemelin, l’adjoint au directeur de la recherche de l’école, aux manettes du fablab avec deux ingénieurs techniciens. Le fablab demeure cependant très lié aux industriels avec une moyenne de 15 à 20 projets par an, et une quarantaine par an avec les étudiants de licence. Ses machines profitent aussi à l’incubateur de l’école. « Notre cible, ce sont davantage les PME et les technologies avancées que les particuliers », souligne Emmanuel Lemelin.

Fablab Côte d’Opale, au centre de Calais

Et de deux ! Après le premier, dans une zone d’activité, le Fablab Côte d’Opale dispose d’un second site au centre de Calais, celui-là orienté grand public, pour convaincre ceux qui « se demandent encore qui peut aller dans un fablab », indique Laurent Zunquin, le fabmanager, attaché à l’esprit de partage. Le Fablab Côte d’Opale a séduit des acteurs locaux tels qu’Alcatel (câbles sous-marins) et la centrale nucléaire d’EDF à Gravelines (Nord), qui sont passés par lui pour concevoir des objets événementiels ou d’autres qui resteront secrets, clause de confidentialité oblige. Le fabricant de jouets Meccano, lui, y a conçu une reproduction d’un petit dinosaure très connu au Mexique, prototype d’un jouet usiné à Calais désormais vendu de l’autre côté de l’océan. Une autre réussite illustre l’esprit du fablab calaisien, celle d’Accante, une société fondée par deux passionnés d’impression 3D, qui se sont rencontrés sur place. Leur machine ne comportait pas de capot. Ils en ont créé un et commercialisent désormais leur solution, qui améliore le rendu et évite les projections de particules fines. ??

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