Un double défi pour le volailler Doux

[ACTUALISE] - Charles Doux, le patron du groupe placé vendredi 1 er juin en redressement judiciaire pour six mois, a préféré se mettre sous la protection du tribunal de commerce plutôt que de faire entrer Barclays dans son capital. Un choix jugé très hasardeux par les pouvoirs publics qui veulent éviter un plan social tout en essayant de maintenir la production.

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Un double défi pour le volailler Doux

Pari très risqué pour Charles Doux qui a préféré déposer le bilan de son groupe plutôt que d'accepter l'offre de la banque Barclays. Elle lui proposait de transformer en capital sa créance de 140 millions d'euros et d'apporter 35 millions en cash pour parer au plus pressé. "Non", a répondu vendredi 1er juin 2012, le président de l’entreprise familiale malgré la pression du gouvernement qui a aussi tenté d'éviter la procédure judiciaire.

L'industriel ne voulait pas céder une partie de son capital réclamée par le groupe anglais Barclays qui souhaitait aussi revoir le management de l'entreprise. "Il lui a pourtant été proposé de laisser son fils Jean-Charles Doux à la direction générale pendant six mois et Charles Doux pouvait conserver la présidence du conseil d'administration", explique un proche du dossier.

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L'industriel breton mise désormais sur la protection du tribunal de commerce de Quimper (Finistère), qui lui a accordé une période de redressement de six mois, pour tenter de sauver un groupe qui emploie 3 400 salariés répartis entre 24 usines et sites de logistique en France et réalise 1,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel. En y ajoutant ses activités brésiliennes (12 usines), l'ensemble emploie 9 700 salariés.

"C'est une situation un peu incompréhensible, indique-t-on du côté du gouvernement. On se demande comment il va pouvoir se tirer d'affaires, le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) travaille sur ce dossier depuis des années et est formel, même un plan social ne suffira pas à sauver Doux. La solution proposée par Barclays permettait de stopper la spirale des dettes."

L'objectif de l'Etat reste toujours d'éviter la casse sociale tout en espérant pouvoir ramener la famille Doux à la raison. Sans attendre, ses représentants reçoivent ce lundi après-midi, à Nantes et à Rennes, les représentants des 800 producteurs qui fournissent Doux en volailles vivantes. Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, a mis en place une cellule d'appui de la filière avicole pilotée par Georges-Pierre Malpel et André Nil. Ces deux membres du Conseil Général de l'Alimentation sont chargés de trouver les solutions susceptibles de permettre aux producteurs de poursuivre les approvisionnements auprès du groupe Doux tout en étant certains qu'ils seront payés.

C’est chose fait, ce lundi 1er juin, à l’issue d’une réunion qui a réuni une cinquantaine d'acteurs à la préfecture de région Bretagne. "Les paiements de tous les fournisseurs seront assurés à partir d'aujourd'hui par l'administrateur judiciaire", a déclaré Michel Morin, vice-président de la région Bretagne en charge de l'agriculture. "C'est une garantie qui n'est pas négligeable, parce qu'elle permet de poursuivre l'activité. Les outils de production doivent pouvoir continuer à fonctionner".

Car la plupart de ces producteurs sont aujourd'hui face à de nombreuses factures non règlées. D'après les informations qui circulent, Doux aurait besoin de 35 millions d'euros pour payer ses fournisseurs de volailles vivantes. Si les approvisionnements dans les usines d'abattage sont stoppés, le groupe s'arrêtera très rapidement mais les éleveurs semblent vouloir poursuivre l'aventure, "nous n'avons pas beaucoup d'autre choix, explique l'un d'eux. Que fera-t-on des milliers de volailles dans nos poulaillers si on refuse de les livrer ?"

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