Economie

Un débat dont se sont emparés les malades

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Difficile de résister aux promesses des cellules souches pour les malades et leurs proches. Selon la dernière enquête Eurobaromètre, publiée par la Commission européenne en juin dernier, 59 % des personnes interrogées se déclarent favorables à l'utilisation des cellules souches embryonnaires. L'Organisation européenne pour les maladies rares (Eurordis), qui représente plus de 200 associations de patients dans 24 pays, a ouvertement affirmé son soutien à la recherche en septembre dernier : des milliers d'embryons surnuméraires provenant de fécondations in vitro sont conservés en laboratoires et voués à être détruits.

Pourquoi alors ne pas les « réassocier » à un projet humain en en faisant un objet de recherche ? Mais pour Axel Kahn, le directeur de l'Institut Cochin, le débat est biaisé. « Si l'on me demande si je suis favorable à une technique ayant le potentiel de redonner la mémoire aux malades souffrant d'Alzheimer, de permettre aux paraplégiques de remarcher, je ne peux que répondre oui. Les industriels et les scientifiques savent que l'influence des gens malheureux est considérable auprès du législateur.

Ils ont mis dans le crâne des associations de patients, puis avec leur aide, dans celui des politiques, que le clonage thérapeutique était la méthode rêvée pour guérir tous les maux. » Le recours à cette nouvelle panacée divise pourtant les citoyens et les religions, selon le statut qu'elles accordent à l'embryon. Est-il une personne humaine ? Un être humain en devenir ? Rien de tout cela ? L'islam et le judaïsme, pour lesquels l'embryon âgé de cinq jours n'est pas encore une personne, autorisent les recherches sur les cellules souches. Mais les chrétiens s'interrogent encore.

Chez les catholiques, les théologiens du Vatican, pourtant opposés à toute recherche sur l'embryon, reconnaissent qu'il est très difficile de savoir quand la dignité humaine doit être conférée à l'embryon. Axel Kahn résume leur position « Il existe un doute mais ce doute doit profiter à l'embryon. » Chez les protestants, les points de vue sont variés entre fondamentalistes et libéraux. Une étude de 2005, réalisée par l'université Johns Hopkins, indique que 49,5 % des évangélistes américains approuvent les recherches sur les cellules souches

Camille Chandès

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