Un avenir morcelé pour FagorBrandt

L’absence d’offre globale de reprise sur FagorBrandt risque de condamner le groupe à se recroqueviller sur certaines activités phares, comme la cuisson. Le repreneur devra privilégier les alliances pour assurer l’avenir du fabricant.

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Un avenir morcelé pour FagorBrandt

Déception pour les 1 800 salariés de FagorBrandt. Aucun des quatre repreneurs potentiels ne propose d’offre globale sur le groupe d'électroménager. L’algérien Cevital, qui pourrait reprendre 1 200 salariés sur 1 800, ne s’intéresse qu’aux seules activités de cuissons encastrables autour de deux usines sur quatre, Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret) et Vendôme (Loir-et-Cher) et le service après-vente.

Les sites de La-Roche-sur-Yon et Aizenay (Vendée) seraient ainsi écartés de l’offre la mieux disante socialement. Un espoir pourrait cependant venir de la PME nivernaise Selni, spécialisée dans les moteurs de lave-linge et sèche-linge. Cette ancienne filiale du groupe Brandt, revendue en 2004 par le propriétaire de l’époque l’israélien Elco, reprendrait l'usine de La-Roche-sur-Yon pour fabriquer en sous-traitance des lave-linge et sèche-linge. Le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) pourrait logiquement opter pour la combinaison de ces deux offres, pour préserver le maximum d’emplois, d’autant que Selni s’est déjà porté acquéreur de l’usine de lave-linge d’Electrolux à Revin (Ardennes) à l’automne 2013. Le verdict devrait tomber fin février, après une audience des repreneurs fixée le 13 du même mois.

L'aNCIEN Numéro cinq en Europe

Mais l’avenir de l’ancien groupe Brandt apparait bien compliqué dans ce contexte. Le fabricant se retrouvera encore plus petit qu’à l’époque de sa reprise par Fagor en 2005. Privé de son usine italienne de réfrigérateurs, cédée en 2012 et de son usine lyonnaise de lave-linge à chargement par le haut, cédée en 2011 à SITL, FagorBrandt verra son offre commerciale sérieusement amputée. Tous les modèles d’entrée de gamme de lave-vaisselle, lave-linge et cuisinières étaient réalisés dans l’usine polonaise de Fagor à Wroclaw et les lave-linge à hublot haut de gamme étaient fabriqués en Espagne.

Recroquevillé sur la cuisson et peut-être les séche-linge et lavante-séchante, le groupe risque de devenir un nain dans l’électroménager, alors qu’il souffrait déjà d’être un des acteurs les plus petits (le numéro 5 en Europe) avant le dépôt de bilan en novembre. Un sérieux handicap pour son avenir, à l’heure où tous les fabricants occidentaux traditionnels (Whirlpool, Electrolux, Indesit, Bosch-Siemens), ont pris depuis dix ans des positions importantes en Europe de l’Est, en Asie et en Russie. De quoi leur assurer de la croissance, de la rentabilité et leur permettre surtout d’investir dans l’innovation, de nouvelles technologies et du marketing.

La petite taille du futur FagorBrandt, qui devrait logiquement perdre son préfixe "Fagor", lui imposera de revoir son portefeuille de marques, trop étendu compte-tenu de son périmètre. De Dietrich et Brandt devraient certainement perdurer, respectivement sur le haut et moyen de gamme. Mais des questions pourraient se poser sur les marques spécialistes Vedette (lavage) et Sauter (cuisson). Bien qu’emblématiques encore en France, elles font parfois doublon avec les autres et demeurent des sources de coûts pour de trop petits volumes.

Alliances technOLOGIQUES

Si le groupe veut espérer être encore présent dans l’électroménager dans dix ans, il devra privilégier les alliances technologiques avec d’autres fabricants, autour de plates-formes communes, à l’image de ce qui se fait dans l’automobile. C’était ce qu’avait essayé de faire Fagor avec le groupe Haier, dans les réfrigérateurs notamment, quelques mois avant son dépôt de bilan. Une alliance intervenue malheureusement trop tard. Le repreneur de FagorBrandt devra cette fois accélérer le pas, pour assurer son avenir.

Adrien Cahuzac

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