Un an après le décès de Christophe de Margerie, Total garde le cap

Il y a un an, l'ancien PDG de Total disparaissait brutalement dans un accident d'avion. La succession de Christophe de Margerie s'est faite sans accroc. Pas de révolution ou de période de flottement. La stratégie de Total reste sur la même ligne. 

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Christophe de Margerie - Crédits Pascal Guittet

Dans la nuit du 20 au 21 octobre 2014, le jet de Christophe de Margerie s'écrasait au décollage sur la piste de l'aéroport de Vnoukovo, près de Moscou. "Big Moustache", le patron emblématique de Total disparaissait brutalement. Un an plus tard, le groupe français a surmonté cet événement. Aucune vacance du pouvoir chez le cinquième pétrolier mondial. Dans les heures qui ont suivi le drame, la succession était assurée sans accroc.

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Le patron de la branche raffinage-chimie, Patrick Pouyanné, est nommé directeur général, tandis que l'ancien PDG Thierry Desmarets reprend le rôle de Président pour un an. En décembre prochain, il se mettra en retrait, laissant la place à Patrick Pouyanné. Ce dernier a rapidement endossé le costume du chef, même si son style direct, "parfois raide" dit-on en interne, contraste avec les manières plus rondes de son prédécesseur.

Le futur PDG a repris le groupe dans un contexte international difficile, en pleine crise pétrolière. Face à la baisse des cours du baril et aux mauvais résultats de l'exploration, des mesures d'économies avaient été lancées dès février 2014. En septembre 2015, Patrick Pouyanné a décidé de les augmenter pour atteindre 3 milliards d'euros par an. Dans le même temps, il diminuait les investissements : entre 17 et 19 milliards de dollars à partir de 2017, contre 23 à 24 milliards aujourd'hui. Dans le même temps, le patron a assuré le maintien des dividendes... pour le plus grand bonheur des marchés.

Restructurer le raffinage

Dans une de ses dernières sorties médiatiques, à la fin de l'été 2014, Christophe de Margerie envisageait la réorganisation du raffinage français. "Il y a encore des adaptations à faire sur les sites de Total en France. Nous devons continuer notre politique d’anticipation et de reconversion industrielle, même si cela suppose de vrais changements", déclarait-il. Patrick Pouyanné a mené à bien cette opération.

En avril 2015, il annonçait la conversion de la raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) en site de production de biocarburants. Dans le même temps, la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) devra être modernisée. Au final, ce plan d'investissements de 600 millions d’euros et la suppression de 178 emplois s'est passé sans trop de heurts sociaux, contrairement à la fermeture de la raffinerie de Dunkerque en 2010.

Responsabilité environnementale

Patrick Pouyanné a également repris le combat de Christophe de Margerie qui en 2014, à Davos, avait participé à la création de l'OGCI (Oil and Gas Climate Initiative) avec Eni et Saudi Aramco, qui appelait à la lutte contre le changement climatique. En octobre 2015, à la veille de la COP21, le mouvement s'est élargi à dix pétroliers qui appellent à maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C à la fin du siècle. Lors de cette cérémonie, le directeur général de BP, Bob Dudley rendra hommage à Christophe de Margerie qui "avait une vraie vision de l'avenir de l'industrie pétrolière". Patrick Pouyanné confirmera : "Nous sommes les méchants, mais nous sommes aussi une partie de la solution !". Une action qui permet de promouvoir l'intérêt du gaz naturel sur le charbon pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre... Le gaz naturel compte désormais pour la moitié de la production fossiles de Total.

Ludovic Dupin

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