Economie

Un an à la tête du Medef avec Pierre Gattaz : revivez les temps forts

Elodie Vallerey , , ,

Publié le

Le 3 juillet 2013, après des mois d'une lutte acharnée contre la médiatique présidente sortante Laurence Parisot, Pierre Gattaz accède à la tête du Medef. L'Usine Nouvelle a sélectionné les temps forts de cette première année de présidence de la principale organisation patronale de France.

Un an à la tête du Medef avec Pierre Gattaz : revivez les temps forts © Pascal Guittet

3 juillet 2013 : l'élection

PDG de l'entreprise Radiall et président du Groupement des fédérations industrielles (GFI), Pierre Gattaz est élu le 3 juillet 2013 président du Medef avec 95 % des voix. Un score écrasant obtenu grâce au ralliement de ses principaux concurrents et un nom qui "parle" dans le monde de l'entrepreneuriat : son père Yvon a dirigé l'ancêtre du Medef de 1981 à 1986. À peine élu, il entonne le discours préféré des patrons : la baisse des charges pesant sur les entreprises. Il chiffre déjà ses desiderata : 100 milliards d’euros de réductions des prélèvements en cinq ans, moitié sur les charges sociales, moitié sur les impôts. En échange, il promet alors un taux de chômage de 7 % en 2020.

 

28 août 2013 : le passage obligé

Pierre Gattaz inaugure sa première université d'été du Medef. Il y lance son projet "France 2020", qui met à contribution les chefs d’entreprise, les étudiants, les salariés, les "forces vives du pays" sur l’ensemble du territoire en recueillant leurs propositions pour "sortir la France de l’ornière d’ici 2020" sur un site internet participatif.

 

17 septembre 2013 : le style gattaz

Première conférence de presse mensuelle de Pierre Gattaz depuis son élection à la tête du Medef. Il y affiche déjà un style bien à lui. Ses leitmotiv : le franc-parler et la critique frontale de la politique du gouvernement, qu'il maniera à chaque nouveau rendez-vous de ce type.

 

8 octobre 2013 : le carton jaune

Lors d'un show orchestré à Lyon, la CGPME et le Medef parviennent à réunir près de 2 000 chefs d’entreprises pour adresser un "carton jaune" au gouvernement.

 

26 novembre 2013 : la marionnette

Première apparition de la marionnette de Pierre Gattaz aux Guignols de l'info, sur Canal+. Il y est caricaturé comme un patron ultra-libéral, dévoreur de fonctionnaires et faisant preuve de mépris envers les ouvriers. Parmi ses éléments de langage dans les sketchs : "Ça sent les 35 heures ici. Ça pue aussi la RTT, vous en prenez je le sens."

 

Dans une interview à l'agence Reuters, le président du Medef indique avoir demandé au Premier ministre une pause de la réglementation fiscale, sociale et environnementale pour rassurer les chefs d'entreprise. Dans ce cadre, une baisse des prélèvements et une remise à plat de la fiscalité sont exigées.

7 janvier 2014 : l'ambassadeur

Pierre Gattaz s'envole pour le Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas. Lors d'une soirée "French Tech", il met de côté ses critiques envers la politique fiscale du gouvernement et fait front commun avec la ministre déléguée au Numérique Fleur Pellerin pour promouvoir les entreprises françaises du numérique.

 

Au CES et dans la proche Silicon Valley, Pierre Gattaz se fait le porte-parole des entrepreneurs français du numérique. Il échange avec de grands patrons de la high-tech américaine comme John Chambers, CEO du géant Cisco, et salue les innovations portées par des start-up hexagonales.

 

13 janvier 2014 : le million

Pierre Gattaz réunit 1 500 chefs d’entreprise pour le lancement, à Lille, de la mobilisation "Un million d’emplois c’est possible". un objectif qu'il entend atteindre en poussant le gouvernement à des mesures rapides et d’envergure pour lever les obstacles à la croissance et donc à l’emploi : baisse du coût du travail après le premier pas du crédit impôt compétitivité emploi, baisse des dépenses publiques, allégement de la fiscalité des entreprises et des contraintes liées au droit du travail et simplification de l’environnement réglementaire.

 

27 janvier 2014 : les exigences

Quelques jours après les précisions apportées par le président Hollande sur le nouveau pacte de responsabilité des entreprises, Pierre Gattaz pose ses exigences : 25 milliards d'euros de baisse d'impôts.

15 avril 2014 : le tollé

Lors de son point presse mensuel, Pierre Gattaz jette un pavé dans la mare : il plaide pour un salaire transitoire inférieur au Smic, y voyant un moyen pour des personnes sans emploi de "mettre le pied à l'étrier" et pour une entreprise de pallier son manque d'effectifs sans trop peser sur la masse salariale. Les syndicats et de nombreux politiques dénoncent la proposition, qui fait l'effet d'une bombe.

L'ex-présidente du Medef Laurence Parisot conteste publiquement la proposition de son ancien rival, n'hésitant pas à évoquer "une logique esclavagiste" :

 

29 avril 2014 : la modération

Face au tollé suscité, Pierre Gattaz revient sur sa proposition d’un salaire transitoire inférieur au Smic et prône une modération salariale de deux ou trois ans pour préserver le bénéfice des allégements de charges.

 

5 mai 2014 : le recadrage

Après les oppositions sur le Smic transitoire et sur la lutte des intermittents, entre Laurence Parisot et Pierre Gattaz, le torchon brûle. Le 5 mai, le "patron des patrons" rend publique une lettre adressée à la vice-présidente de l'Ifop : "Votre statut d’ancienne présidente du Medef et de présidente d’honneur vous impose, plus qu’à quiconque et comme à vos prédecesseurs, une obligation de réserve dans votre commentaire de l’action de notre institution", exige-t-il.

 

6 mai 2014 : le tollé bis

En contradiction avec son appel à la modération salariale, Pierre Gattaz se serait octroyé, selon Le Canard enchaîné, une augmentation de 29 % (bonus compris) en 2013 en tant que président du groupe Radiall. La polémique bat son plein. "Quand j’ai parlé de 'modération salariale', j’avais précisé qu’elle devait se comprendre en fonction de la situation de l’entreprise.  […] Appliquer la modération salariale revient donc à limiter (relativement) l’augmentation des salaires, mais à privilégier des outils comme la participation, l’intéressement et les bonus", se défend-il alors sur son blog.

 

29 juin 2014 : l'appel

Pierre Gattaz lance, avec sept autres dirigeants d'organisations patronales, un cri d'alarme en direction de François Hollande pour l'accélération de l'entrée en vigueur de mesures en faveur des entreprises et du pacte de responsabilité.

 

2 juillet 2014 : to be continued...

Suite aux menaces de boycott de la conférence sociale par le Medef, le Premier ministre Manuel Valls cède partiellement aux demandes de report de la mise en place du compte pénibilité. Sur son compte Twitter, Pierre Gattaz se félicite.

Elodie Vallerey

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