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L'Usine de l'Energie

Un accord sur le nucléaire "déséquilibré au profit d’un industriel chinois"

Ludovic Dupin

Publié le

Exclusif Selon un document dévoilé jeudi 26 janvier, EDF et le chinois CGNPC ont signé en avril 2010 un protocole d'accord de coopération sur le nucléaire. Une révélation qui interpelle Bernard Cazeneuve, député-maire (PS) de Cherbourg. Il explique à L’Usine Nouvelle pourquoi il a saisi sur cette question le Premier ministre, François Fillon.

Un accord sur le nucléaire déséquilibré au profit d’un industriel chinois © ClicGauche - Wikipedia - C.C.

L'Usine Nouvelle - La Chine et La France ont une collaboration ancienne dans le nucléaire. Pourquoi cet accord vous inquiète-t-il ?
Bernard Cazeneuve
- La collaboration ancienne entre la France et la Chine n’est pas ce qui me pose problème. Ce qui me dérange, c’est la signature d’un accord déséquilibré au profit d’un industriel chinois, le transfert de technologies souveraines et des démarches commerciales conjointes qui risquent d’amener les chinois à être concurrents de nos propres entreprises. Je ne dis pas qu’il ne faut pas collaborer, mais je pose la question des mesures à prendre pour protéger notre industrie fragilisée par une mondialisation sans règle.

Ce document datant d’avant Fukushima, n’est-il pas, de fait, caduc ?
Je ne sais pas car le statut de ce document n’est pas clair. Nous avons saisi, avec Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre afin de savoir si l’Etat-actionnaire d’EDF est au courant de cette démarche, s’il la cautionne et si elle est toujours d’actualité. C’est important car ce document contractuel engage un secteur stratégique de notre industrie. Le patriotisme industriel est un sujet sur lequel nous sommes mobilisés et nous voulons des informations sur la situation et sur les orientations de l’État.

EDF, Areva et le chinois CGNPC doivent, sous l’égide du CEA, concevoir ensemble un réacteur nucléaire de 1000 MW pour le marché chinois. Est-ce que ce programme vous inquiète également ?
J’ai compris qu’Areva n’est pas signataire de l’accord dont nous avons saisi le Premier ministre. Pour celui que vous mentionnez, il s’agit d’un autre projet qui associe EDF et Areva. Toutefois, sur ce projet de réacteur commun, je pense que l’État actionnaire doit aussi donner à la représentation nationale des explications et préciser sa stratégie… Le transfert de technologie est parfois indispensable et des collaborations peuvent être utiles. Mais cela ne peut se faire sans un accord équilibré et des dispositions qui protègent notre technologie, notre capacité d’innovation et la compétitivité de nos entreprises… donc nos emplois. Dans la mondialisation, la coopération sans précaution peut conduire à la désindustrialisation.

Vous semblez vous inquiéter que des entreprises chinoises s’immiscent dans des réacteurs français. Mais la France n’a pas de projet à venir de construction, d’autant moins, si François Hollande est élu. Y a-t-il vraiment un risque ?
François Hollande a pris l’engagement d’achever le chantier de l’EPR de Flamanville de manière à garantir que des réacteurs plus sûrs et plus performants pourront, si nécessaire, se substituer à ceux d’anciennes générations. C’est au terme d’un débat parlementaire, qui se tiendra dans la prochaine législature, que les conditions de la transition énergétique seront précisées. C’est la raison pour laquelle il est souhaitable que le Parlement se saisisse aussi de ces questions de politique énergétique. Il est au moins normal qu’il en soit informé.

Savez-vous pourquoi ce document et votre réaction fuitent maintenant ? Qui cela sert-il ?
Je suis étonné de cela. Nous n’avons pas rendu public le courrier adressé au Premier ministre car ces enjeux industriels sont sensibles. Ils appellent un traitement responsable, déconnecté des considérations électorales du moment. Nous aurions pu nous exprimer après la réponse du Premier ministre mais, pour l’instant, il ne nous a pas répondu. Ces sujets, qui engagent des filières stratégiques d’avenir et qui concernent de nombreux d’emplois, doivent être traités avec le sens de l’intérêt général, dans le refus des polémiques vaines.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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