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L'Usine Agro

Un accord laitier et beaucoup d’interrogations

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Il aura fallu plusieurs heures de discussions pour que les producteurs et les industriels laitiers arrivent à déterminer un prix du lait pour la fin de l’année 2010. L’accord obtenu hier – une revalorisation d’environ 10 % par rapport au prix moyen de l’année 2009 – semble satisfaire tout le monde.

Un accord laitier et beaucoup d’interrogations © © Bernard Martinez

Il donne une certaine visibilité aux producteurs pour cette fin d’année. « Il est légitime que nous puissions bénéficier de la bonne évolution actuelle des marchés, justifie Marie-Thérèse Bonneau, secrétaire générale adjointe de la Fédération des producteurs de lait (Fnpl, la branche laitière de la Fnsea). Mais on ne se remet pas comme ça d’une année comme l’année 2009. De nombreuses exploitations laitières sont encore en difficulté. Si nous avons réglé le problème concernant le marché, il reste encore des éléments fiscaux et sociaux à régler par rapport à nos collègues européens ».

« Au final, les producteurs obtiennent quand même en 2010 le deuxième meilleur prix de la décennie ! Sans compter qu’il s’agit là d’un prix de base qui peut être amélioré en fonction des critères qualitatifs du lait. Et sans oublier non plus que les éleveurs reçoivent également une aide laitière directe de la Commission européenne », fait remarquer Jehan Moreau, directeur de la Fédération nationale des Industries Laitières (Fnil), qui regroupe les industriels « privés » (Lactalis, Danone, Bel…). « On a quand même perdu deux mois, peste Luc Morelon, directeur de la communication de Lactalis, le principal groupe laitier français. +10 %, c’est ce que nous proposions déjà au mois de juin ! ».

Compétitivité européenne

Du côté des industriels, on se félicite surtout d’avoir réussi à obtenir un accrochage des prix français au prix du lait allemand. En 2009, le décalage important (35 euros les mille litres) entre les deux pays a entraîné l’afflux en France de produits laitiers basiques en provenance d’outre-Rhin. A partir de 2011, l’écart ne pourra pas excéder 8 euros les mille litres. Un montant qui a donné lieu à des négociations féroces entre producteurs et industriels : les premiers proposant un décalage de 10 euros, les seconds voulant 4 euros. « Nous avons toujours le temps d’affiner ce mécanisme en 2011, l’essentiel c’est de l’avoir mis en place ! », estime Jehan Moreau.

Côté producteurs, Marie-Thérèse Bonneau souligne que le nouvel accord comporte également une clause sur la prise en compte d’indices de coûts de production « qui varient en fonction des prix des matières premières, qui sont de plus en plus volatiles ».

Mais l’accord signé hier ne règle pas les problèmes de la filière laitière, loin de là. Certaines entreprises laitières sont encore en difficulté : Entremont et son nouveau propriétaire, la coopérative Sodiaal (Yoplait, Candia), mais aussi les coopératives Eurial-Poitouraine et le GLAC qui ont récemment annoncé leur volonté de fusionner. « Certaines entreprises, en fonction de leur mix-produit, plutôt orienté sur les produits industriels (notamment les beurres et poudres, qui permettent de valoriser le lait moins bien que la fabrication des produits de grande consommation comme les yaourts ou les fromages - NDLR), souhaiteraient plus de flexibilité. C’est quelque chose sur lequel nous devons encore travailler entre industriels de la transformation », reconnaît Jehan Moreau.

Par ailleurs, la loi de modernisation agricole (LMA) adoptée début juillet instaure le principe de la contractualisation entre les producteurs agricoles et les industriels de l’agroalimentaire. Ce chantier va démarrer dans les prochaines semaines et pour la filière laitière, il faudra le mener en parallèle de la détermination des prix pour l’année 2011. Ce ne sera pas simple.

Quotas et PAC

Et d’autres nuages pointent déjà à l’horizon. D’une part la disparition des quotas laitiers (certes amorcée depuis quelques années) programmée d’ici 2015, qui libéralise encore un peu plus les marchés laitiers. D’autre part une nouvelle réforme de la Politique agricole commune (PAC), prévue d’ici 2013 : les producteurs laitiers ne savent pas trop à quoi s’attendre.

Autre zone de turbulences : après le feuilleton à multiples rebondissements qui a conduit à la reprise du groupe Entremont par Sodiaal, la filière laitière se prépare à être tenue en haleine par une nouvelle saga : la reprise de Yoplait, détenue à 50 % par Paribas affaires industrielles (PAI) et à 50 % par Sodiaal. Le premier veut vendre et le deuxième souhaiterait garder le contrôle de sa filiale sans avoir forcément les moyens de ses ambitions. Lactalis – et quelques autres - sont en embuscade…

Bref, l’agenda de la filière laitière s’annonce chargé pour les prochains mois. Maintenant que l’accord sur les prix est signé, tout le monde a le regard braqué sur la rue de Varenne. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, doit en effet annoncer dans les prochaines semaines un plan de développement pour le secteur. Producteurs et industriels espèrent que le remaniement ministériel ne viendra pas bouleverser cet agenda.


 

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