Tyco entame un plan social de 263 personnes

La branche anti-incendie de Tyco, T-FIS, entame un plan social portant sur 40% de l’effectif. Les syndicats craignent une fermeture définitive de l’activité en France.

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Tyco entame un plan social de 263 personnes

Tyco s’ajoute à la litanie des plans sociaux. La branche anti-incendie, spécialisée dans l’installation de sprinkler entre autres, prévoit en effet de se séparer de 263 personnes, 100 personnes sur le site de Trappes, et le restant dans le réseau de monteurs répartis en France. Pour justifier de ce plan, Roger Aubenas, le directeur des ressources humaines, rappelle que l’activité est déficitaire depuis 2007, « L’expert mandaté pour auditer les comptes a informé sur la situation dramatique de RIS. Selon ses conclusions, si le groupe ne soutenait pas TFIS on serait en cessation de paiement. La branche « nouveaux contrats » sur les sprinkler est passé de 40 millions à 20 Millions d’euros. Sur ces points, le CE est en accord avec l’employeur. »

Ces pertes, sont selon Didier Morvan, représentant CGT de l’entreprise imputable aux départs des commerciaux de l’entreprise, « Notre entité perd de l’argent, mais Tyco gagne de l’argent. Si nous en sommes là, c’est parce qu’ils se sont séparés de tous nos commerciaux il ya six mois. Pour nous c’est un coup préparé. Les actionnaires considèrent qu’on ne leur rapporte pas assez », explique-t-il. Pour le DRH, aucun rapport de cause à effets, les pertes ont commencé en 2007 avec l’effectif commercial à plein. « Mais le marché a vu le nombre d’installateurs se multiplier, souvent avec des prix plus agressifs, et le nombre d’entreprises clientes n’a pas évolué aussi vite. D’autre part, bon nombre de départs de commerciaux est lié à des mesures disciplinaires. » Reste que l’ambition de dynamiser le service de maintenance, argument de la direction, peut selon les syndicats faire long feu. « S’il n’y a plus de ventes, la source de la maintenance va se tarir et d’ici à deux ans, c’en est fini de l’entreprise en France. »

Des plans à répétition

Pour Didier Morvan, cette restructuration s’inscrit dans un plan plus vaste, comparable à celui mis en œuvre par Molex. «Peu de temps avant d’annoncer ce PSE, la société a déjà liquidé une autre filiale, Tyco Traffic spécialisée dans la sécurité électronique et cherche actuellement à vendre la filiale ADT spécialisée dans les alarmes et surveillance. Stanley est sur les rangs. Un plan de 1000 personnes est prévu dans cette filiale, mais Tyco cherche à le faire réaliser par l’acheteur. Il y a de nombreux plans similaires dans toute l’Europe ou Tyco est présent.» Concernant Traffic, Tyco précise que la société cherche à céder cette filiale et que la procédure est actuellement en cours.

D’ailleurs, l’entreprise ne s’en cache pas, son projet est de transférer l'atelier de pré-fabrication de l’activité anti-incendie en Allemagne, à Cologne,où elle possède un atelier. Pour ce faire, elle s’apprête a faire certifier cet atelier aux normes APSAD, nécessaire pour l’installation de sprinkler en France. Sur la crainte de la fermeture du site de Trappes, Roger Aubenas dément du bout des lèvres, « Si la fermeture survient, elle ne sera pas le fait de la restructuration, mais du fait que le bâtiment n’est plus aux normes. Il n’y a plus de travaux de réadaptation depuis sa mise en service dans les années 70. Le CHSCT est consulté sur ce sujet. Dans le bâtiment, il y a un ascenseur qui ne prend pas plus de trois personnes et un escalier en colimaçon. »

Concernant le plan social, le DRH est soucieux de temporiser, « l’entreprise a prévu un PSE des plus sérieux avec le cabinet d’outplacement très sérieux. Les primes de départ ne sont pas encore en négociation, mais nous ferons les choses pour que les gens partent dignement, mais sans surenchère. Les choses seront faites pour préserver les salariés, mais pas au point de fragiliser la continuité de l’entreprise. » Manière pour l’entreprise de désamorcer toute demande de primes de départ au-delà de la limite légale. « Nous ne nous laisserons pas faire, prévient Didier Morvan. Déjà, le 22 octobre, nous allons affréter un car pour aller à la manifestation sur lasauvegarde de l’emploi de la métallurgie. On y va sans étiquette, mais avec nos banderoles Tyco. » Nouvel épisode avec le CE du 12 novembre.

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