TÜV, le certificateur des prothèses PIP accusé malgré lui ? 

Lors du premier procès de l’affaire PIP qui se tient ce vendredi 1er février, l’organisme qui certifiait les prothèses, l’allemand TÜV Rheinland, est mis en cause. Reconnu mondialement pour son sérieux, a-t-il été victime de sa trop grande diversification ?

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TÜV, le certificateur des prothèses PIP accusé malgré lui ? 

En Allemagne, rares sont les ascenseurs sans un logo TÜV affiché bien en vue, symbole de leur conformité. Les jouets du monde entier ont, eux aussi, de grandes chance d’être passés dans les laboratoires de tests de l’organisme de certification allemand. Numéro six mondial derrière les géants SGS et Bureau Veritas, TÜV Rheinland a fêté l’an dernier ses 140 ans. Atteignant 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Mais cet anniversaire, il n’a pas pu le célébrer comme il se doit dans l’Hexagone. Car TÜV est aussi l’organisme qui était chargé de certifier les prothèses mammaires PIP, retirées du marché en 2010 car elles contenaient un gel de silicone non médical. Un scandale qui a explosé deux ans plus tard.

Accusé à la place du fabricant PIP, absent car insolvable

Le fabricant varois PIP étant en liquidation judiciaire, donc insolvable, c’est TÜV qui se retrouve assigné devant le tribunal de commerce de Toulon ce vendredi 1er février pour une procédure commerciale dans l’affaire PIP. Face à lui, des distributeurs étrangers et quelques porteuses de prothèses, qui lui reprochent de ne pas avoir détecté la fraude lors de ses contrôles.

L’affaire est exceptionnelle pour TÜV. Car, dans les 65 pays où exercent ses 16 000 employés, l’Allemand dispose d’une réputation excellente. Fondé à Cologne pour inspecter les chaudières à vapeur, cet organisme non coté, détenu par de petits actionnaires, a multiplié les fusions et diversifications pour devenir un fournisseur mondial de services, dont la moitié du chiffre d’affaires provient de l’international.

Les dispositifs médicaux, une part infime de son activité

L’Allemand est ainsi devenu une référence mondiale aussi bien dans les tests de panneaux solaires, que le contrôle technique automobile, ou encore l’inspection de centrales thermiques. L’affaire PIP n’aurait d’ailleurs jamais dû arriver. Car les dispositifs médicaux ne représentent qu’une infime petite part de son activité de certification de produits, reconnaît TÜV. Pour autant, cette affaire ne met-elle pas en exergue une trop grande diversification ? Le certificateur assure ne pas avoir commis de faute. Et dispose d’une réputation bien établie dans le domaine de la santé. "Nous exerçons comme "organisme notifié" dans le secteur médical, car l’autorité compétente en Allemagne nous a donné cette autorisation, rappelle Hartmut Müller-Gerbes, son responsable de la communication. TÜV Rheinland a parfaitement rempli ses obligations conformément à la réglementation." Un postulat que ses avocats vont d’ailleurs défendre à Toulon ce vendredi.

Pas poursuivi au procès pénal de Marseille

A Cologne, on se montre donc pondéré. "Après l’Allemagne, nos marchés les plus importants sont la Chine et le Brésil, précise Hartmut Müller-Gerbes. Aujourd’hui, notre croissance du chiffre d’affaires frôle les 10%, en particulier grâce à nos activités dédiées à l’industrie, aux produits et à la mobilité. Nous n’avons ressenti qu’un impact très limité du cas PIP sur notre activité. Nos clients ont bien compris ce que nous expliquons depuis deux ans : que nous avons été victimes et trahis par Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP." Lors du grand procès pénal qui se tiendra au printemps à Marseille, TÜV sera donc présent comme partie civile. Car le procureur de la République a estimé qu’il ne devait pas être poursuivi. Cette fois-ci, quatre anciens cadres de PIP seront sur le banc des accusés. Seuls.

Gaëlle Fleitour

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