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Trumpf avance pas à pas dans l’industrie 4.0

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Le fabricant de machines-outils veut numériser ses usines d’ici à cinq ans. Il s’est fixé un programme ambitieux, mais progressif, pour y parvenir.

Trumpf avance pas à pas dans l’industrie 4.0
Six usines vont servir de pilotes. Les projets de numérisation seront ensuite standardisés et mis en place dans tous les sites de Trumpf.
© D.R.

Penser grand, commencer petit, agir vite », telle pourrait être la devise de Trumpf, spécialiste des machines-outils et de la découpe laser. Leader dans l’Industrie 4.0, l’allemand s’est lancé un objectif ambitieux : digitaliser ses usines de fabrication d’ici à cinq ans et augmenter sa productivité de 30 %. Pas question pour autant de se laisser déborder par la tâche. Le projet a été méthodiquement analysé et des objectifs intermédiaires ont été définis pour ne laisser aucune place au hasard. « Selon nous, il est primordial d’entrer rapidement dans la phase de mise en application, explique Philipp Schüll, le coordinateur du programme Industrie 4.0 de Trumpf. Il ne sert à rien de travailler trois ou six mois sur un projet. Au contraire, il faut savoir rester flexible, car beaucoup d’idées viennent pendant la mise en œuvre. »

Le premier principe de l’entreprise est de se fixer des objectifs réalisables. Concrètement, le groupe a identifié 22 programmes d’action, dont huit ont été désignés comme prioritaires : l’engagement client ; la digitalisation des prises de commandes ; l’identification des goulets d’étranglement dans le process ; la maintenance prédictive ; la planification de la production ; la réalité augmentée pour fournir à l’opérateur les informations dont il a besoin au moment où il en a besoin ; le management de la qualité ; la gestion plus fine de la logistique. Six usines ont ensuite été désignées pour tester ces différentes applications et en tirer une standardisation, afin de les étendre ensuite aux 25 sites du groupe dans le monde. Il s’agit de trois usines en Allemagne (Gerlingen, Ditzingen et Schramberg), de deux en Autriche et en Suisse et de la petite dernière à Chicago. C’est là que le groupe installera, cet été, son centre de démonstration « Industrie 4.0 », pour un investissement de 13 millions d’euros.

« Enfin, nous avons fixé pour chaque projet quatre niveaux, allant de ce qui est aujourd’hui faisable à l’objectif ultime de l’Industrie 4.0 », détaille Philipp Schüll. Le premier niveau concerne la connectivité, à savoir la collecte des données en temps réel ; le deuxième, la mise en réseau de ces données ; le troisième, l’analyse des informations pour permettre une prise de décision décentralisée au niveau des postes de travail ou des machines ; enfin, le quatrième niveau porte sur l’intelligence numérique, pour que les systèmes puissent prendre d’eux-mêmes des décisions. « En 2021, nous comptons être au niveau 3 pour la majorité des programmes et au niveau 4 pour quelques-uns d’entre eux », assure-t-il, sans donner plus de détail.

Délais de livraison raccourcis

Ce séquencement doit permettre d’obtenir des premiers résultats rapidement. Déjà, certains projets semblent porter leurs fruits. C’est le cas des temps de livraison. Désormais, si le client commande une pièce avant 14 heures, il peut être livré dans la journée. Le délai de livraison est passé de quatre jours à quatre heures. Grâce à une plate-forme internet, où le client customise lui-même sa machine en ligne en fonction des spécificités voulues, le nombre de réclamations a aussi été réduit d’un facteur trois. « Comme nous sommes une entreprise de haute technologie, nous ne nous battons pas sur le prix, en particulier avec les pays à bas coût. Nous nous différencions sur le service client, ce qu’offre l’usine du futur », poursuit Philipp Schüll. Obtenir ces résultats rapides et concrets permet également de motiver les employés dans le développement de cette numérisation.

Il faut dire que, pour l’entreprise impliquée depuis dix-huit ans dans le lean manufacturing, cette évolution tombe sous le sens. « L’Industrie 4.0 en est le prolongement, souligne Philipp Schüll. Nos employés ont déjà la culture de la standardisation et de l’amélioration continue, que ce soit pour la production ou les relations avec les fournisseurs ou les clients. » Partir de l’existant semble donc être la clé du succès pour Trumpf. Rendez-vous dans cinq ans pour en voir la concrétisation. 

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