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Truffle 100 : les éditeurs en partie sauvés par la maintenance

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L'heure est aux palmarès dans l'édition logicielle. L'Eurosoftware100 vient de classer les 100 premiers éditeurs français. Le Truffle 100 Europe s'intéresse lui aux 100 premiers éditeurs européens. Les analyses - sur les résultats 2008 - sont assez proches : malgré la crise, les éditeurs ont limité la casse grâce à leurs revenus « récurrents » de maintenance.

Truffle 100 : les éditeurs en partie sauvés par la maintenance © DR

Le fonds d'investissement Truffle Capital souffle le chaud et le froid dans son dernier classement « Truffle 100 Europe » des 100 premiers éditeurs européens, réalisé avec l'aide de CXP et de « Top 100 Research Foundation ». D'un côté, les 100 premiers éditeurs européens - 211 985 collaborateurs - ont continué d'afficher l'an dernier une croissance assez solide de leurs revenus (leur chiffre d'affaires a progressé de 3%, à 25 milliards d'euros, contre une progression de 10,7% en 2007). De l'autre, « un certain nombre de signaux augurent d'un Truffle 100 qui risque d'être beaucoup plus difficile l'an prochain », explique Bernard-Louis Roques, directeur général de Truffle Capital.

Un trio de tête tout puissant

Le trio de tête - qui pèse désormais 46% du chiffre d'affaires du top 100 – reste inchangé et accroit son influence : SAP génère à lui seul 37% des revenus (11,57 milliards d'euros), suivi de Sage (1,36 milliard d'euros) et de Dassault Systèmes (1,33 milliard d'euros). Derrière eux, le classement a été chamboulé cette année par plusieurs disparitions liées « au shopping des grands éditeurs américains », confie Bernard-Louis Roques, rappelant que le suédois Telelogic et le français Ilog - en 23ème et en 30ème position en 2007 - sont passés sous pavillon IBM en 2008. Microsoft s'est dans le même temps emparé du norvégien Fast Search & Transfer (29ème en 2007), tandis que le français GL Trade (19ème) et l'irlandais Iona Technologies sont respectivement tombés dans l'escarcelle des américains Sunguard et Progress Software.

De leur côté, les éditeurs du Vieux continent n'ont guère participé à ce mouvement de consolidation, qui « aurait pu être encore pire si l'euro avait été plus faible » selon Bernard-Louis Roques. Pire, les éditeurs européens, qui se sont le plus souvent développés à l'international grâce à des progiciels métiers ou techniques, risquent de devenir des proies plus intéressantes pour leurs concurrents nord-américains, soucieux de s'implanter sur un « marché européen qui tend à s'homogénéiser et à devenir plus intéressant ».

La maintenance fait de la résistance...

Mais dans l'immédiat, le vrai danger est ailleurs, notamment dans la faiblesse des ventes de nouvelles licences. « Il est normal que les éditeurs résistent un peu mieux à la crise que d'autres acteurs de l'informatique pour l'instant », explique Bernard-Louis Roques, en précisant qu'une « part significative de leurs revenus est récurrente et provient de la maintenance et des services ». Le hic : si les ventes de licences faiblissent, comme c'est le cas actuellement pour SAP ou Dassault Systèmes, « ce sont les revenus de maintenance de demain qui seront impactés », poursuit-il, ajoutant qu'il est donc crucial pour les éditeurs d'accroître les revenus locatifs - liés à la location des applications en mode SaaS - eux aussi récurrents. Or cette « évolution vers un modèle orienté vers la souscription nécessite des investissements massifs que la plupart des éditeurs européens ne peuvent assurer ».

Même son de cloche du côté de Pierre Marty, associé de PricewaterhouseCoopers, qui a coordonné le classement Eurosoftware100. D'après lui, « le marché français n'a pas véritablement été impacté par la crise pendant les trois premiers trimestres 2008. Mais c'est au quatrième trimestre que les choses se sont réellement détériorées ». Pour 2009 on peut s'attendre à ce que « la baisse des revenus liés aux nouvelles licences soit suivie d'une baisse des revenus de maintenance ». Une situation qui sera d'autant plus difficile à gérer pour les éditeurs hexagonaux qu'ils ont pour la plupart déjà « réduit leurs coûts pour préserver leur marge d'exploitation ». Enfin, si la reprise se confirme, conclut-il, « elle bénéficiera en premier lieu aux vendeurs de logiciels d'infrastructure avant de profiter aux éditeurs d'applicatifs, beaucoup plus nombreux en France ». Le pire est peut être à venir...

Christophe Dutheil

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