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L'Usine de l'Energie

[Trophées des usines] Viessmann remporte le prix de l'initiative R&D

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Le site mosellan de Viessmann, spécialiste des systèmes de chauffage a développé une couche limitant la hausse de température des capteurs solaires. Il remporte le prix de l'initiative R&D. 

[Trophées des usines] Viessmann remporte le prix de l'initiative R&D
La couche protectrice des capteurs régule la température du fluide caloporteur.
© DR

Deux machines flambant neuves trônent dans le nouvel atelier de l’usine Viessmann à Faulquemont (Moselle). Depuis mars, elles déposent des revêtements en oxyde d’aluminium et de vanadium sur des capteurs solaires. Ces couches brevetées, baptisées ThermProtect, empêchent la surchauffe des capteurs et augmentent leur rendement. « C’est une innovation mondiale, nous en sommes fiers ! », explique Marc Vigneron, le président de Viessmann Faulquemont. Le site français du groupe familial allemand est installé dans la commune mosellane depuis 1974, quelques années après la fermeture de la mine. Étendu sur plus de 60 000 mètres carrés, il produit des ballons d’eau chaude, principalement pour le marché allemand, et des capteurs solaires depuis 2005. Cette activité représente 40 % de son chiffre d’affaires, mais subit depuis 2008 la crise du marché solaire.

Faulquemont a réduit de moitié sa production de capteurs. « Nous espérons gagner de nouvelles parts de marché grâce à cette couche ThermProtect », rassure Marc Vigneron. Pour comprendre pourquoi elle est innovante, il faut s’intéresser au fonctionnement d’un capteur solaire classique. « Il absorbe 95 % de l’énergie solaire. Il y a très peu de perte thermique, explique David Mercs, le responsable production et R & D de l’activité couches solaires. Pendant une journée d’été, un ballon de trois litres chauffe en une matinée seulement. Le problème c’est que le surplus de chaleur n’est pas évacué. La température du fluide caloporteur peut atteindre 220 degrés. Or, au-dessus de 170 degrés, celui-ci devient de plus en plus acide et se dégrade. Le système s’use alors rapidement. »

Six ans de développement

L’utilisateur doit donc changer régulièrement le fluide. Une opération qui coûte environ 800 euros. « Nous avons décidé de nous attaquer à ce problème en concevant une couche protectrice intelligente, précise David Mercs. Ses propriétés optiques varient en fonction de la température. Au-delà de 90 degrés, sa structure cristalline se modifie et son émissivité augmente. Le capteur ne surchauffe pas, il reste à une température inférieure à 170 degrés, empêchant alors la dégradation du fluide caloporteur et des canalisations. » Jusqu’en 2009, les revêtements pour capteurs solaires de Viessmann étaient fabriqués par deux fournisseurs allemands. L’acquisition d’un nouveau savoir-faire a encouragé Viessmann à modifier la couche pour la rendre plus performante. Cette volonté de maîtriser l’ensemble de la chaîne de production est visible partout au sein du site, qui produit aussi bien le polyuréthane que l’émail de ses ballons d’eau chaude.

« Nous savions dès 2010 quel type de couche nous voulions », raconte David Mercs. Il a fallu six ans et l’aide de l’institut de recherche Jean-Lamour de Nancy, de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et de l’Institut de recherche allemand pour l’énergie solaire (ISFH) pour la développer. « Le plus dur a été de l’industrialiser. Nous avons acheté deux machines que nous avons adaptées à la fabrication de ces couches. » Pour le moment, elles ont une capacité de production de 300 000 mètres carrés par an. Cinq salariés ont été recrutés pour assister la fabrication. Au total, 3 millions d’euros ont été investis. Dans le nouvel atelier, nul diagramme d’Ishikawa ni trace de méthode Kaizen, comme on peut en voir partout ailleurs dans l’usine. « Nous venons de commencer la production, mais bientôt, nous engagerons un chantier Kaizen pour la fabrication des couches afin d’augmenter la productivité », promet David Mercs. 

Chiffre d’affaires104 millions d’euros

Effectif 523 personnes

Production 193 000 réservoirs, 80 000 capteurs

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