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[Trophées des usines] Pouyet 3M remporte le prix de la productivité

Manuel Moragues ,

Publié le , mis à jour le 31/05/2017 À 17H41

L’usine de Pontchâteau de Pouyet 3M est peu technologique. Sa seule issue : une course effrénée à la compétitivité.

[Trophées des usines] Pouyet 3M remporte le prix de la productivité
Cette démarche d’amélioration est présente dans l’atelier de thermo-plastique, avec l’introduction de robots.
© 3M

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Un combat permanent pour améliorer la productivité. L’usine de Pontchâteau (Loire-Atlantique), rachetée par 3M en 2000, ne connaît pas le repos. Certes ses boîtiers, connecteurs et répartiteurs pour les réseaux de télécommunications se placent sur un marché en forte croissance, tiré par la fibre optique. Mais la concurrence y est féroce. Pouyet 3M est pris en étau entre le leader suisso-américain Tyco et le chinois Huawei. S’y ajoute la concurrence de sites indiens ou polonais de 3M. Difficulté supplémentaire, l’activité n’est guère protégée. « Nos produits ne sont pas des objets très complexes. Il y a peu de brevets, pas de process secrets », pointe Hervé Delannoy, le directeur de l’usine.

Avec ses 140 salariés – dont 128 en production – et 83 intérimaires, Pontchâteau incarne la problématique des PME françaises, souvent peu technologiques, confrontées à la mondialisation. « Notre proposition de valeur ? La qualité de nos produits à coût compétitif », répond le directeur. Pas d’alternative : l’usine est engagée dans une course effrénée à la productivité. La course se joue d’abord dans l’atelier. Ophélie, animatrice de cellule – la ligne d’assemblage d’un produit qui réunit une dizaine de personnes –, en témoigne. À mi-temps opératrice, mi-temps animatrice, c’est elle qui mène la réunion de la cellule matinale (Tier 1) de suivi des objectifs, avant d’aller avec ses homologues et le chef de l’atelier discuter des problèmes en réunion de Tier 2. Le management prend la relève en réunions de Tier 3 et 4. À Pontchâteau, le lean manufacturing est une pratique vivante. Chaque mois, une ligne est à l’arrêt pendant deux ou trois jours pour un atelier kaizen où les salariés réfléchissent à améliorer l’efficacité de leurs postes. Et leur ergonomie. « Vous ne pouvez pas parler que de productivité aux gens, il faut aussi discuter de ce satané caillou dans la chaussure qui les gêne tous les jours. Ca fait partie du gagnant-gagnant qu’il faut instaurer avec les équipes pour avancer », prône le directeur. Pour Agnès, animatrice, « zipper un sachet plastique renfermant des vis était le plus embêtant », douleurs aux mains à la clé. À l’issue d’un kaizen, une machine de filmage a été achetée : fini le zip. Le banc de test circulaire qui permet de tester sept boîtiers en parallèle ? Un touret de bois fait maison. Depuis 2015, la ligne d’assemblage a été modifiée cinq fois. Le temps de cycle est passé de 2,5 à 1 minute.

Moins de hiérarchie et plus d’autonomie pour les salariés

Cette démarche d’amélioration continue est aussi vivante dans l’atelier de thermoplastique – 36 presses d’injection, 1 500 tonnes/an de matière transformée – avec l’introduction ciblée de robots et la réduction drastique du temps de changement de moule (projet Smed) qui a permis de quasi doubler les changements de série pour améliorer les flux, tout en gagnant en productivité. Pour jouer sur tous les leviers, l’usine est remontée dans la chaîne de compétences en fabriquant ses propres moules, en recrutant des experts en métrologie et rhéologie et en investissant dans des machines d’occasion. Un gros client avait prévenu : pas la peine de participer au prochain appel d’offres pour un boîtier d’épissure sans baisser le prix de 30 %. Pontchâteau a su repenser ce produit phare (40 % des ventes) ainsi que sa fabrication. Mission accomplie grâce à la mobilisation de tous, souligne Hervé Delannoy, qui, séduit par certaines idées de l’entreprise libérée, a aplati la hiérarchie et mise sur l’autonomie des salariés.

L’usine revendique une amélioration de 60 % de sa productivité globale en cinq ans. Déficitaire il y a quelques années, l’usine est revenue dans le vert. Et va continuer à se battre pour le rester.

 

Chiffre d’affaires 68 millions d’euros en 2015

Effectif 140 personnes

Production NC

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