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L'Usine Agro

[Trophées des femmes de l'industrie] Ekaterina Shilova (Ajelis), prix de la Femme d'innovation

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Publié le , mis à jour le 25/09/2018 À 23H25

Le 25 septembre, L'Usine Nouvelle a remis les Trophées des femmes de l'industrie. Ekaterina Shilova, d'Ajelis, a reçu le Trophée de la Femme d'innovation. Retrouvez les portraits des femmes talentueuses nommées dans sa catégorie. Imaginer de nouvelles solutions ou répondre à des besoins que les clients n’ont même pas encore formulés, c’est leur mission. Que ce soit dans l'aéronautique, la chimie ou l'agroalimentaire, nos trois femmes en lice ont su faire bouger les lignes de leur organisation, car l’innovation est désormais collaborative.

[Trophées des femmes de l'industrie] Ekaterina Shilova (Ajelis), prix de la Femme d'innovation
La lauréate Ekaterina Shilova, Fondatrice et PDG d'Ajelis
© Vincent Capman

Docteur tous terrains

Ekaterina Shilova, 39 ans
PDG d’Ajelis

Son rêve est de sauver le monde d’un désastre. Ekaterina Shilova, élevée en pleine perestroïka par une mère ingénieur "dotée d’une grande capacité de survie", qui alliait emplois industriels et couture pour rendre le quotidien moins difficile, est pourtant tout sauf une utopiste. Ancrée dans la réalité, cette chimiste volubile et passionnée monte sa première entreprise, en Russie, avec d’autres doctorants, pour financer leurs thèses. Les molécules à haute valeur ajoutée qu’ils développent pour le secteur pharmaceutique se vendent bien, à tel point que l’activité a permis à une vingtaine de chimistes organiciennes d’échapper aux emplois dans les discothèques et aux postes de nuit, les seuls à leur portée après une journée passée devant la paillasse.

Diplômée en 2006 sous la cotutelle des universités Mendeleïev à Moscou et de la Méditerranée à Marseille, elle rejoint le CNRS, puis le CEA, où elle travaille sur le traitement des déchets liquides nucléaires. Enfant de la génération Tchernobyl, elle concrétise son rêve en inventant des fibres et des textiles capables de capturer le césium radioactif, mais aussi les métaux industriels, précieux ou critiques, y compris les terres rares des effluents industriels. La start-up Ajelis est née, et sa technologie d’extraction et de dépollution a remporté en 2014 le premier prix du Concours mondial de l’innovation.
Myrtille Delamarche

A propos de #Metoo
«En France, j’ai plutôt ressenti du respect pour mon parcours. Mais il y a bien eu quelques cas de harcèlement dans la recherche. J’ai probablement eu de la chance.»

 

Les autres Femmes nommées dans cette catégorie:

Connecting people

Alice de Casanove, 37 ans
Chargée de la culture de l’innovation chez Airbus Defence and Space

D’un côté, une équipe d’Airbus développe une technologie d’internet des objets par satellites à bas coût; de l’autre la start-up Label Abeille cherche un moyen peu coûteux de récupérer les données de ses ruches connectées pour comprendre l’inquiétante disparition des abeilles. Faire se rencontrer les deux pour qu’émerge le projet Bee IoT, voilà tout le talent d’Alice de Casanove, chargée de la culture de l’innovation chez Airbus Defence and Space. Fondation, départements RSE de grands groupes, start-up et investisseurs, cette ingénieur sait rassembler ces acteurs et les faire travailler ensemble.

Sa force? "Trouver les connexions entre ces mondes qui habituellement ne collaborent pas, ce qui demande une vraie ouverture d’esprit, confie-t-elle. Au quotidien, j’impulse aux collaborateurs d’Airbus l’énergie de vivre une aventure entrepreneuriale dans un grand groupe." Cela passe par la création de lieux dédiés, comme le PlayLab, l’animation de formations et l’organisation de challenges. Depuis 2013, époque où elle insufflait déjà l’innovation chez Astrium, Alice de Casanove préside le comité sur le management de l’innovation au sein de l’Organisation internationale de normalisation (ISO). De quoi l’inspirer au quotidien comme pour la thèse qu’elle doit soutenir en 2019 sur l’innovation ouverte dans les relations entre start-up et grands groupes.?

Marion Garreau

À propos de #Metoo
«Je suis enchantée de ce mouvement qui a permis de libérer la parole des femmes. Cela crée de la solidarité entre elles et surtout entre les générations de femmes.»

 

Scientifique du XXIe siècle

Rachel Rama, 46 ans
Directrice du centre de recherche en maladies des plantes de Bayer

Perchée sur ses talons aiguilles jaunes, Rachel Rama salue chacun des salariés qu’elle croise dans le centre de R&D de Bayer qu’elle dirige à Lyon. "Le plus important pour moi est de prendre plaisir dans mon travail, cela passe notamment par le contact avec les équipes", explique cette titulaire d’un doctorat en microbiologie de l’Inra. Rachel Rama aime à se définir comme la scientifique du XXIe siècle: "Je suis mère de famille, passionnée de mode et experte des sciences", sourit-elle. Une description qui, dans cet univers empreint de rigueur et de discrétion, détonne.

À la tête du centre de R&D depuis 2016, Rachel Rama assume également le poste de directrice de la recherche en maladies des plantes, "une première pour une femme", s’enorgueillit-elle. Sous sa direction, les équipes recherchent, analysent et testent les molécules qui serviront de base aux futurs produits phytosanitaires. En dix ans, le centre a reçu près de 49,5 millions d’euros d’investissements et a déposé 30 brevets. Le prochain: un fongicide, actif à très faible dose, commercialisé en 2022. "C’est un fait très rare dans une carrière. Une telle découverte nécessite douze ans de R&D avant d’arriver sur le marché", précise-t-elle. Une réussite que Rachel Rama attribue au travail de ses équipes: "Je ne suis peut-être pas la meilleure scientifique, mais je suis une bonne chef d’équipe." Un sens de la coopération décisif pour gérer l’intégration de ses équipes avec celles de Monsanto que Bayer vient de racheter.

Adeline Haverland

À propos de #Metoo  
«C’est un mouvement que je soutiens. Il aide à redéfinir les limites de ce qui est ou non acceptable dans les relations entre les hommes et les femmes.»

 

L’agro-exploratrice

Caroline Sorlin  47 ans
Directrice de Bel Explorer

Que ce soit quand elle évoque son expérience à l’international, le monde de la food tech ou sa passion de la plongée, Caroline Sorlin est intarissable. Mais c’est quand on lui parle du projet Sharing cities, conçu par Bel Explorer –l’incubateur du groupe qu’elle dirige depuis 2013–, que cette diplômée de Sciences Po se montre le plus enthousiaste. "C’est le programme dont je suis le plus fière", reconnaît Caroline Sorlin, à propos du projet qui consiste à proposer aux vendeurs de rue d’ajouter les produits Bel à leur offre et de bénéficier d’un accompagnement dans la gestion de leur activité.

Cette sensibilité aux questions de développement, Caroline Sorlin l’a notamment acquise lors de ces années d’expatriation en Afrique. "Cela m’a donné une meilleure compréhension des enjeux de nutrition à l’échelle mondiale et m’a appris à travailler dans la bienveillance", confie la quadra. Des compétences qu’elle met désormais au service des innovations du groupe agroalimentaire français avec pour objectif de préparer Bel à l’avenir. Et pour cette experte des questions de nutrition, pas de doute, le futur passe par une meilleure intégration des différents acteurs. "Plutôt que l’économie sociale, je préfère l’économie inclusive, explique Caroline Sorlin, c’est-à-dire un modèle qui intègre l’ensemble des acteurs, y compris les plus démunis, sans mettre de côté la profitabilité."

Adeline Haverland

À propos de #Metoo  
«Son mérite a été de libérer la parole. Souhaitons que cela permette à la société d’être plus égalitaire. C’est de notre responsabilité d’en faire un acquis et non plus un combat.»

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